Panza Kick Boxing
Jeu Super Obsédant #10

Type de jeu
Galerie de visages hilarants, et simulation de super belle lumière en pixel-art. Nan, c’est pas ça ?
Date de sortie sur nos machines
Décembre 1990, si j’en crois une source que j’estime sûre, à savoir “random internet site n°5”
Développeur
Futura, et ses même pas dix jeux créés en moins de dix ans avant disparition. Ben alors ?
éDITEUR
Loriciels, et ses plus de cent trente jeux publiés en même pas dix ans avant implosion. Oulà.
Disponible sur : absolument rien de plus récent que 1994. Restez bien cantonnés dans les nineties, les ami.es. Je ne le répèterai jamais assez.
Cette petite disquette d’Atari ST faisait partie des heureuses élues qu'on relançait régulièrement, Randall Geyser et moi, lors de nos journées passées chez lui. Pas autant que Bubble Bobble ou International Karate +, mais plus que Black Lamp ou Space Harrier. Dommage pour ces deux derniers d'ailleurs, ils auraient mérité mieux. À part Rocky sur Master System parce que je n'avais pas trop le choix, je n'ai jamais nourri le moindre intérêt pour les jeux de boxe. D'accord, le kickboxing, c'est pas tout à fait de la boxe anglaise. Mais les mecs se trimballent en pantalon rouge ou bleu, et se tapent avec des gants, alors… et puis il y a la meuf stylée qui passe avec le panneau pour annoncer les rounds. Et le ring avec des cordes, et le public. C'est pareil, voilà. Panza Kick Boxing n'a pas trop fait exception. Pourquoi Panza d'ailleurs ? Du nom du nonuple champion du monde de la discipline à l’époque, André Panza évidemment ! Je ne connaissais pas à six ans, et je ne connais pas plus aujourd'hui. C'est un français pourtant, et un qui a éclaté la concurrence comme personne. Ça n'arrive pas si souvent, alors euh, désolé pour lui de ne pas l’avoir capté durant sa carrière remarquable. Quand Randall voulait lancer le jeu, je soupirais toujours un peu en lorgnant du côté de Rick Dangerous 2 ou Rampage avant d'accepter. Son ordi, ses désirs après tout.
PTDRRRR T KI…CKBoxing ?

Est-ce qu'il ne décidait pas aussi de ce qu'on faisait quand il venait chez moi ? Eh, possible, appelez-moi grosse victime, je ne pourrai pas vraiment protester. Fort de mon intérêt limité pour cette simulation approximative de tabasse, je n'allais jamais bien loin. Je préférais regarder Randall jouer, en fait. Et au bout de deux minutes, je ne ronchonnais plus du tout, car Panza truc avait bien plus à proposer à mon esprit entortillé que je ne le croyais.
La lumière au bout du ring

Dans mes souvenirs, on pouvait se créer un combattant, dont on ne choisissait réellement que le nom. À cet âge-là, je suis à peu près certain qu’on l'appelait bitecul, ou alors Bilbo parce qu’on venait de lire le bouquin, ou Vegetalemeilleur, parce qu’on… oui bah Dragon Ball. Ou Vegetabitecul, tiens. Et puis, on rigolait, quoi. À la manière d'un jeu de baston classique, on enchaînait les combats contre des adversaires de plus en plus difficiles à déboîter. Je me rappelle d'un certain Bulldo Man, l'avant-dernier ou avant-avant dernier. Si on le battait lui, on considérait qu'on avait rempli notre part du contrat ; tout le reste, on le prenait comme du bonus. Je me rappelle à peine de sessions d'entraînement, qui permettaient de commencer les combats avec de meilleures stats ; sans doute qu’on les zappait, ou qu’on les foirait lamentablement. Je me souviens de graphismes hyper beaux, par contre, avec des mouvements super fluides. Ça bougeait un peu comme dans Prince of Persia, mais en plus fin et détaillé.


Mais un autre truc me fascinait plus que tout. Les lampes. Oui, les lampes. L'éclairage situé au-dessus du ring, une rangée de quatre spots au-dessus de chaque joueur. Ils représentaient leur barre de vie en s'éteignant un peu plus, après un coup encaissé. Ça tient à quelque chose dans le choix des couleurs, le dégradé de la lumière… je sais pas. Je n’ai juste jamais vu plus belles lampes en pixel art de ma vie. La D.A. en général m'a toujours parue hyper inspirée. Et oui, je parle bien d'un jeu de kickboxing. Ça représentait la patte que j'adorais tant sur l’Atari ST, même si je ne l'ai comprise que vingt-cinq ans plus tard. Ça me fait comme avec la Master System et Alex Kidd in Shinobi World ou Astérix, mais adapté aux vieux ordis. Des pixels en apparence insignifiants, mais qui transportent une énergie nostalgique de fou malade.
Même le gars avec sa casquette qui a l'air de s'emmerder pendant le match, je pourrais le serrer dans mes bras, tellement il me rappelle la bonne époque. Ce jeu dispose d’une bonne cinquantaine de manières de frapper son prochain, avec la possibilité d’assigner huit moves avant chaque partie. Une personnalisation tirée vers le bas, mais une personnalisation malgré tout. On ne passait pas énormément de temps là-dessus non plus, et sans surprise, on n’a jamais réussi à battre le champion ultime. À force de zapper des étapes, forcément… mais même en s’y mettant à 100%, je doute qu’on aurait réussi à ne serait-ce que faire une bosse à André Panza. Le mec était juste hyper dur à battre. Il n’a pas donné son nom au jeu pour rien. Et puis, ça restait cohérent avec la réalité, où il défonçait tout le monde aussi. Purée, mais pourquoi personne ne parlait de lui à la télé ? Ça aurait changé des défaites d’Henri Leconte ou Jean Alesi, sans vouloir leur manquer de respect.

Intro Kick Boxing
En termes de musique ? Pas autre chose à se mettre sous la dent qu’une petite intro, dommage, même si on a l’habitude sur Atari ST. Ça m'embête beaucoup, j'aurais vraiment voulu un son qui accompagne mes luminaires chéris. Après, elle sonne plutôt pas trop mal cette compo. Elle me fait penser à Top Gun ou à un jeu de Nascar, un truc américain quoi, et potentiellement avec Tom Cruise dedans. Rien à voir avec du kickboxing, a priori, ni avec la France, pays d'origine des développeurs du jeu, et d’André Panza bien sûr. Une certaine énergie se dégage quand même de ce titre, et qui pourrait coller avec le spectacle d'un match de baston thaïlandaise. Je n'ai pas gardé de souvenirs de cette douce mélodie, on devait vite passer l’intro avec Randall, pressés qu'on était de se prendre une rouste. Je l'aurais bien aimée pourtant, sûr et certain. -1 point de vie pour ma nostalgie. J'imagine que je peux remercier Michel Winogradoff malgré tout, compositeur très actif dans les années 80 et début 90. Je citerai Lode Runner parmi ses travaux, mais Slider aussi ! Enfin Skweek, mais Slider sur Game Gear ! Le monde ne parle pas assez de Slider, et je ne ferai pas mieux aujourd'hui. Restent alors les bruitages, toujours surprenants, jamais décevants. Les coups font penser à un bâton sur un mur de plastique quand ils font mouche, et bizarrement, ça passe super bien. Mais celui qui s’en sort le mieux, c’est encore l’arbitre, qui lâche de petits “weuuh” aussi ridicules que trop mignons. Incroyable, cet arbitre. C’est lui la vraie star du jeu, wesh. Pourquoi j’ai autant envie de le cajoler ?
Bien plus que de simples lampes
En fait, Panza machin propose plein de choses, pour une petite simulation de sport. On ne choisissait pas seulement le nom de notre athlète, mais aussi sa tronche parmi plusieurs tronches disponibles. Et j'insiste sur le mot tronche, impossible d'employer un autre mot. Et le plus important, on choisit quel coup assigner à quel bouton ou combinaison de boutons du joystick ou clavier ! De quoi se créer plusieurs types de combattants selon notre humeur. Il fallait un ordi doté de 1 Mo de RAM pour avoir droit à cette option bien stylée. Il me semble que l’Atari STE de Randall cochait bien cette case, ou pas. Je ne crois pas qu’on ait déjà personnalisé notre avatar à ce point-là. À mon avis, on appuyait sur jouer sans se prendre la tête, et c'est peut-être pour cette raison qu'on se faisait éclater. Ou alors, on n'utilisait pas assez bien les phases d'entraînement, dont j'ai bien eu la confirmation qu'elles amélioraient nos statistiques de manière permanente pour toute la partie !

Bah voilà d'où vient mon obsession pour ce jeu, y a pas à chercher plus loin. Encore fallait-il bien se débrouiller en corde à sauter, au développé-couché et au sac de frappe. Les exercices étaient sans pitié, sans moyen de les recommencer si on se ratait. Et voilà qu’il faut se mesurer à André Panza lui-même, en tant que boss final du jeu, avec trois fois moins de stats que lui ! Alors on se faisait quelques rounds en multi avec Randall, l'un contre l'autre. Il m’explosait, puis on allait dehors, et il m’explosait en vrai cette fois, en me montrant avec un peu trop d'entrain les nouvelles prises de judo qui avait apprises durant son dernier cours. Et je rentrais chez moi avec trois côtes et une omoplate dans les mains. Et j’y retournais la semaine suivante, pourtant. La faute aux luminaires que j’adorais tant, je ne vois pas d’autre raison possible.
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