top of page

Populous II : Two Tribes

Suite Oubliée à tort #8

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

Type de jeu

Nouveau Testament pour nouvelles croisades et adorateurs encore plus tarés

Date de sortie sur nos machines

1993, seuls les dieux connaissent le mois exact.

Développeur

Bullfrog Productions, Ltd. Les meilleurs des meilleurs, avec mention !

éDITEUR

Virgin Games, Ltd. Pas loin d’être les meilleurs aussi, jusqu’en 2004 et leur disparition. Adieu.

Populous II : disponible sur GOG, Steam et l’Epic Games Store. La version ordi, évidemment. Mais ça reste quand même inespéré, ce truc.

Avant de commencer, peut-on se demander : cette jaquette, quel est le projet ? Qui a validé cette horreur ? Pourquoi ne pas avoir gardé la même couv que les versions d’ordi, et le nom Trial of the Olympian Gods par la même occasion ? Plus personne n'y comprend rien, après ! Encore un coup de ragix hater de Sega, ça ! Bon, on prend une grande inspiration et on y va. Le premier Populous doit faire partie de mon top 3 des jeux Mega Drive adoré préféré chéri de tous les temps. Je l’ai vénéré de mes six à quinze ans, et j’y ai même régulièrement rejoué sur émulateur durant toute ma vie, juste pour le plaisir de revoir ces sprites aussi moches qu’attachantes. En 1993, lorsque sort le second opus, la console tourne toujours à plein régime à la maison, et donc la cartouche de Populous 1 aussi. Et pour le coup, j’aurais appris son existence, j’aurais remué ciel et terre pour l’obtenir. Haha, comme un dieu, hahaha, euh… Alors ! Je n’aurais pas laissé couler jusqu’à ce qu’il soit trop tard, comme je l’ai fait pour tellement de suites. Pas avec lui ! Surtout si j’avais lu n’importe quelle critique encenceuse, et si j’avais pris connaissance de ses nombreuses améliorations par rapport à son aïeul. Impossible de passer à côté d’un hit pareil. Mais un malencontreux enchaînement d’événements ne me l’a fait découvrir que durant les années 2010.

Petite brebis aveugle

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

Pas de Nelson et Mortimer Paprika pour posséder la cartouche, pas de John-Blazer Escalope ou de Patrick Crèmerie pour sortir le jeu de nulle part, entre deux sessions de Sonic Spinball et Streets of Rage. Pas de Randall Geyser pour me le montrer sur Atari ST, pas de Walter Valise pour m’en faire une masterclass sur Super NES ou sur ordi, pas de Terrence Dobermann pour m’emmener dans l’alcôve secrète contenant son Amiga. Oui d’accord, je n’avais juste jamais cherché moi-même non plus, comme un idiot. Je préfère juste accuser les autres pour masquer mes propres manquements.

Réformes et conservatisme

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

Voyons voir les features conservées du premier jeu. On incarne un dieu, ou quelque chose de similaire, là ça ne change pas. Il existe d’ailleurs un certain consensus comme quoi Populous a inventé le genre du god game, mais je me garderai bien de me prendre pour un historien sur le sujet. Restez humble aussi, voulez-vous ? Ce dieu cherche à faire prospérer ses fanatiqu… euh, fidèles, pour éradiquer le camp d'en face sans la moindre pitié. OK ! Toujours dans le délire du premier. Le chef de tribu, accompagné de quelques paroissiens, se balade sur une carte en vue isométrique, et installe sa maison sur la première case plane disponible. Les logements permettent la prolifération de nouveaux habitants, qui vont eux aussi bâtir leur baraque, et ainsi de suite. Plus on possède de maisons, plus la jauge de mana se remplit, et plus on peut lancer de sorts (appelés interventions divines). Plus on aplanit les alentours d’une habitation, plus elle s’agrandit, plus elle produit de mana, et plus elle enfante des gens costauds, mais mettra plus longtemps à le faire.

Ceux-ci taperont ainsi plus fort quand viendra l’inévitable confrontation avec les infidèles. On n’exerce aucun contrôle direct sur cette plèbe grouillante, mais seulement sur le terrain. Indirectement, on possède divers moyens de l'influencer, notamment en leur indiquant comment se comporter : soit croître tranquillement, étendre son empire agressivement, ou fusionner avec le chef pour le rendre plus fort. Certaines interventions divines altèrent également le quotidien en apparence placide de tous ces individus. Chaque “monde”, ou niveau de jeu, possède ses propres règles, avec sorts bannis ou non, le temps que mettent les gens à crever lorsqu’ils tombent dans l’eau, la profondeur des marécages les font-ils disparaître après avoir englouti une ou plusieurs personnes ? Entre autres. Ouah, rien que de repenser à tout ça, j’ai envie de fonder ma sect… euh, religion.

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts
Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

Populous II Two Tribes of the Trial of the Olympian Gods and the ugliest cover of the universe, reprend le concept à la lettre, en améliorant presque tout ! Tout d’abord, on enrobe le scénario dans la mythologie grecque, sans doute pour essayer d’embrigader un max de nouvelles personnes qui auraient pu trouver le premier Populous un peu austère. J’en sais rien, le premier n'a pas déjà quelque chose à voir avec la Grèce antique et tout ? Oulà bonne question. Mais non, je ne crois pas. Peu importe, on se glisse dans la peau d’un fils de Zeus un poil mégalomane, puisqu’il décide de prendre la meilleure place au sommet de l’Olympe. Condition de victoire : fracasser la tête des trente-deux adversaires. Adversaires qui ne sont autres que vos frères et sœurs, ainsi que Zeus lui-même. Toujours aussi pervers narcissique, celui-là. Enfin là, on a l'air encore pire que lui, remarque.

On se crée un avatar en choisissant la taille du menton, l’angle du strabisme et l’intensité de la calvitie. Trop bien ! Everquest n’a rien inventé, en fait ! Ensuite, je vois écrit “points d’expérience”. Paaaaardon ? Ouais, les gars de Bullfrog ont introduit une réelle progression dans le jeu. Bravo, vous m’avez converti à votre doctrine, comme s'il y avait encore besoin de me convaincre de quoi que ce soit. Ces points servent à améliorer notre maîtrise des six catégories de sorts (nature, eau, feu, air, terre et… euh, humain, d’accord), débloquant ainsi des interventions divines associées. Cela permet de choisir notre style, soit en se diversifiant dans tous les éléments avec des aptitudes pas ultra fortes, soit en se focalisant sur une catégorie en particulier, et ainsi accéder à ses options les plus dévastatrices. Au total, on dispose d’une petite trentaine de sorts, contre huit auparavant. J’apprends que la performance du joueur détermine le nombre de points d’expérience gagnés à la fin de chaque stage.

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts
Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

Elle détermine aussi combien de stages on saute (passant du numéro huit au numéro treize si on a explosé l’adversaire, par exemple, au lieu du numéro dix pour une victoire pas très glorieuse). Les ennemis qu’on affronte, nos frères et sœurs là (ou plutôt demi-frères et demi-sœurs, vu la propension de Zeus à fricoter à tous les rateliers), ont leurs spécificités aussi, comme la vitesse de réaction pour modeler le terrain, le temps mis par les habitants pour se reproduire… etc. Tous ces paramètres annoncent la difficulté d’un niveau. Tout comme dans le 1, mais en mieux. Il paraît qu’il existe environ mille stages. Aurait-on droit à un peu plus de diversité paysagière que dans le premier, histoire de briser la monotonie des inlassables enchaînements de niveaux ? Non, pas vraiment. Le terrain enneigé, herbeux et désertique font toujours partie du décor, mais le terrain volcanique s’est vu remplacé par… euh, de l’herbe jaunie ? On va dire ça.

Choix très discutable. J’aimais beaucoup l’atmosphère infernale se dégageant des paysages recouverts de cendres, et entourés d’un océan de lave. Voilà qui correspondait mieux aux incendies chroniques qui ont désormais lieu chaque été dans nos contrées. Mais sinon, question de la plus haute importance : existe-t-il toujours les créatures géantes qui apparaissent parfois en pleine partie, et traversent la map en massacrant tout sur leur passage ? Comme le sorcier qui créait des arbres, l’espèce de boglin gris qui crachait des montagnes, et le batracien gluant qui… excrétait des marécages. J’adorais ces trucs ! Surtout parce qu’ils me faisaient un peu flipper, et qu’ils rompaient la routine parfois soporifique d’une session de jeu. Ils tuaient des dizaines de gens, d’accord, mais au moins il se passait un truc. Et ils n'en avaient rien à carrer de nos querelles de bigots. Bon, j’ai vu une sorte de dinosaure abruti sortir d’un volcan, je crois, mais il n’a rien fait à part courir tout droit en lâchant une colonne de feu ou deux (ce qui pouvait venir du volcan en lui-même).

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts
Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

En fait si, en cherchant plus longtemps, j’en ai trouvé d’autres, comme la gargouille qui crache des tornades, ou un truc du genre. Mais personne dans le monde à part moi ne semble s’être soucié de ces bestioles. Ça relève pourtant des sujets les plus primordiaux de l’univers ! Malgré une nette amélioration générale des graphismes, je reste moins fan de la D.A. par rapport au premier. Les bâtiments me paraissent moins faciles à identifier, au niveau de la hiérarchie de puissance des maisons, notamment. Pourquoi cette baraque a-t-elle l'air plus grande que cette villa, alors qu'elle se situe un cran plus bas dans la chaîne d'évolution ? Les personnages ont l’air encore plus ultra débiles (ce qu’ils sont en vrai, mais bon). Je préférais le style moins cartoon d’avant, même si moins détaillé. Je prends tous les jours la coupe au bol et la silhouette écrasée des fidèles de 1990, par rapport aux nigauds dégingandés de 1993.

Qui a décidé que les étirer à la verticale était une bonne idée ? De même, j’ai mis assez longtemps à trouver la “fiche” de personnage. Dans Populous 1, cette petite interface en haut à droite de l’écran affichait la force et l’arme de prédilection de l’individu sélectionné, l’arme étant déterminée par le type de maison d’où le gars sortait. En fait si, toujours en cherchant plus longtemps, j’ai trouvé. C’est juste beaucoup moins bien foutu et pas clair du tout. Bon et puis, le style médiéval du 1, je préférais ça à n’importe quoi d’autre quand j’avais huit ou neuf ans. Désolé pour les fans de temples, de gorgones et de consanguinité divine ! Je comprends vos affinités avec le style antique, mais non, déso. Ah, je n’ai plus huit ou neuf ans, pardon. Allez, je vous suis. N’empêche que la tronche des chevaliers du premier jeu quand ils remportent un combat et crament une maison qu’ils viennent de nettoyer de ses habitants, aaaahahahaha ! Inoubliable. Leur petit pas de danse avant que le feu n'embrase les alentours… Rien que pour lui, je garde la D.A. du moyen-âge.

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

L’enfer du silence

Oh ! Enfer et damnation ! Palsambleu et misère sa mère ! Le bruit incessant du battement de cœur n’existe plus ! Nooon ! Peut-être agaçait-il un peu trop de monde. Moi j’aimais bien. Enfin je m’en étais accommodé, et ça me stressait dans le bon sens du terme quand il s’accélérait. Il me faisait aussi paniquer, mais il faut croire que ça me convenait. Alors, en contrepartie, on a quoi ? Ah, bah rien. Pas d’autre son d’ambiance, et toujours pas de musique ! Il faut se contenter de quelques effets sonores, lors des batailles, utilisations des sorts, et nouveauté quand les gens meurent ; un FX unique et bien relou qui se joue environ mille fois par partie, donc. Pire encore, il n’y a même plus d’écran d’intro après le logo SEGA, seul moment où on avait droit d’écouter un truc dans le premier jeu. Je navigue entre les autres versions de Populous II et… qu’apprends-je ? La version Amiga (l’originale, sortie en 1991) a bien droit à son battement de cœur ! Le portage Super NES se voit gratifié d’une intro sympa, avec texte, images, ET MUSIQUE ! Sous DOS pareil, deux intros, même ! Dont une super cringe qui explique tant bien que mal le synopsis et quelques features de gameplay. Pas étonnant que le jeu possède un nom pour chaque déclinaison sur chaque machine. Je vous partage ce grand moment en audio, encore plus bizarre sans les images.

Populous II (DOS) - Intro
00:00 / 02:19

Vocation ratée

Même si je fais mon réac à deux balles, fan inconditionnel du premier Populous, rien que pour l'approfondissement du concept de base, j’aurais mis de côté mon aversion pour les nouveaux graphismes, et j’aurais kiffé Populous II comme jamais ! Peut-on se considérer comme non réac si on encense un jeu vidéo de 1993, plutôt que son aïeul de 1990 ? Ça m’étonnerait. Et puis au moins, cet opus restait en vue isométrique, contrairement à sa suite qui a embarqué ses sujets dans le monde controversé de la 3D totale, ruinant tout son charme au passage. De toute façon, ma propension à presque tout aimer durant l’enfance m’aurait sans doute fait adorer les graphismes aussi. Et puis, comme pour le premier, j’aurais pu imaginer de nouveaux sorts, nouveaux types de maisons et de terrain, et les lister sur des feuilles de papier pendant mes vacances d’été. Je passais beaucoup de temps à griffonner des trucs sur papier au lieu d’aller me baigner, ou jouer avec les copaines. 

Populous II, Two Tribes, Mega Drive, Bullfrog, Electronic Arts

Sérieux, déjà que je passe mon temps à regretter les grandes années de Bullfrog, Theme Park en tête, voilà qui n’aurait pas arrangé mon cas. Cela aurait-il influencé toute ma ludothèque ? Il ne fallait pas grand-chose pour me faire basculer. J’aurais passé plus de trois heures sur Magic Carpet, déjà. Puis j’aurais plongé à corps perdu dans le troisième Populous, mais aussi Black & White, tous les Fable… et bien sûr j’aurais perdu mon argent dans le kickstarter de Godus, me faisant arnaquer par Peter Molyneux et ses nombreuses promesses non tenues. Je me souviens encore de la hype que j’avais ressentie en allant le voir faire sa masterclass à la Cité des Sciences de la Villette. Il avait annoncé son nouveau projet, sans oublier de nous demander notre participation financière. J’y avais cru, purée. Heureusement que ressortir Dungeon Keeper du placard a suffi à calmer mes ardeurs. Toi, je t’aime toujours à la folie, ne l’oublie jamais !

Retrouvez les publications de Populous II sur les réseaux !

Bluesky
Bluesky
Bluesky
bottom of page