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Robocop vs. the Terminator

Jeu ultra Cool #7

Robocop vs the Terminator, Sega, Mega Drive, Virgin, cover

Type de jeu

Manuel officiel de formation destiné aux CRS, pour leur apprendre à calmer les manifestants à base de sulfateuse et grenades à fragmentation.

Date de sortie sur nos machines

Bon là j’en sais rien, j’ai lu tellement de trucs contradictoires. J'ai lu décembre 1993 pour Ie UK et l'Allemagne, mais 1994 pour l'Europe, et 199X pour la France ! On se fout de nous !

Développeur

Virgin Games, Inc., un gage de qualité… jusqu’en 1998 et sa disparition.

éDITEUR

Virgin Interactive Entertainment (Europe) Ltd. tout pareil, vu qu’on parle du même studio.

Robocop vs the Terminator : disponible sur aucune plateforme connue pour l’instant. J’enverrais bien quelqu’un dans le passé pour remédier à tout ça.

Franchement, merci à Nelson et Mortimer Paprika, mes voisins ultra cool, de m'avoir prêté cette merveille. Une merveille prônant violence et noirceur dystopique, mais la bonne violence et la bonne noirceur, évidemment. Je ne sais pas comment ils faisaient pour dénicher toutes ces dingueries, comme Thunder Force II ou Toejam & Earl. Ils squattaient les boutiques, sûrement. Je n'avais pas l'âge pour y aller seul, moi ! Ni avec eux, remarque. En tout cas, je n’avais pas l’âge pour jouer à ça non plus ! Ça saigne beaucoup trop là-dedans. Je me rappelle ma mère qui m'interdisait formellement de regarder tous ces “horribles dessins animés japonais, surtout Dragon Boule, San Ku Kai et tout le bazar !” D'accord, Krilin se faisait embrocher par Freezer quand elle passait malencontreusement devant la télé ce jour-là. D'accord. Et elle ne m’aurait jamais acheté de cartouche Mega Drive avec les silhouettes bien tankées de Robocop et du Terminator dessus. Pourtant, elle m’a laissé y jouer. Pourquoi donc, alors que ça giclait beaucoup plus, beaucoup plus souvent que dans Dragon Ball ? Parce que pour elle, les jeux vidéo ne représentaient qu'un lointain concept auquel elle ne daignait pas accorder la moindre attention. Elle savait que ça obsédait son gamin, mais elle n'allait pas surveiller le contenu qu'il ingurgitait via ce médium pour autant.

Du sang dans les yeux

Robocop vs the Terminator, Sega, Mega Drive, Virgin, menu

Elle connaissait vaguement l'existence d'un jeu avec Mickey, un avec Donald, un avec une bestiole bleue, et un autre avec des aventuriers paumés qui tapaient des dragons à coups de lance-pierres. À partir de là, elle n’a plus jamais regardé ce qu’on fichait sur la console, avec ma sœur Elena. Hahah ! On t'a bien eue sur ce coup-là ! Enfin même pas, vu qu'on jouait parfois en plein milieu du salon, sans se cacher. Voilà où ma mère se situait sur l’échelle du déni. 

Run and Gun and bleed and explode

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J’ai toujours considéré ce jeu comme un plateformer, peut-être parce que je ne connaissais que ça et les jeux de baston, à l'époque. En effet, on saute, on s'accroche à des barres suspendues dans le vide, on escalade des échelles à une vitesse surprenante, réalisant des actions totalement impossibles pour notre flic robotisé tel qu'on le connaissait déjà dans les films. Mais bon, 85% du temps, on tire en avançant inexorablement, le plus souvent vers la droite. Je découvrais une version hardcore de Ghouls’n Ghosts, l'armure d'Arthur laissant place à la carapace cybernétique d'Alex Murphy, et où les énormes flingues remplaceraient les petits couteaux et radis enflammés. J’ai tout de suite accroché au parti pris d’exploser et démembrer tout ce qui bouge, dans un festival sanguinolent au possible. Ma mère me laissait bien voir des films un peu limite pour mon âge, ; elle n'a d'ailleurs pas compris comment une scène de mise à mort entre deux humains qui se lacèrent le bide (dans le film 1492 de Ridley Scott) pouvait plus me choquer qu'un combattant fictif de dessin animé transpercé par la corne d'un démon.

“Bah alors ! On a peur de ça, mais pas de Dragon Boule ?” M'avait-elle sèchement balancé. Ça part un peu en auto-psychanalyse, nan ? Allez, revenons à notre déluge de meurtres sur Detroit. Eh, sans rancune, maman ! Ou peut-être que si. Donc, pas un plateformer, mais un Run and Gun. Terme que j'ai dû apprendre à vingt ans, soit onze ou douze ans plus tard. On ne court jamais vraiment, mais on ne s'arrête jamais tout à fait de tirer non plus, peu importe le stage que l'on traverse. Les décors viennent directement d'une série de comics qui nous racontent ce crossover bizarre pour de vrai. Robocop avait beau faire partie des forces de police, quand il a appris que Skynet et la destruction de l'humanité avaient eu lieu par sa faute, il a vite pris la décision de tout remettre en ordre lui-même. Via quels procédés ? L’assassinat de dizaines de personnes par minute, le voyage dans le futur, et le pilonnage d'un immense crâne de métal jusqu'à ce que mille explosions s'en suivent.

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Robocop vs the Terminator, Sega, Mega Drive, Virgin, toxic waste

C'est Skynet le crâne, hein. Et oui, je sais la police tout à fait capable d'agir de la même manière dans la vie. Cette avalanche de destruction ne m’a pas rendu psychopathe pour autant ; comme quoi, les jeux vidéo ne créent pas toujours de futurs tueurs de masse, bien qu’on essaie toujours de nous le faire croire une fois de temps en temps. Peut-être ai-je failli perdre la raison quand même, allez savoir. En tout cas, expert en armes à feu diverses, variées et pas encore inventées, j’aurais pu le devenir, vu l’arsenal qu’on nous met à disposition. Du petit flingue de base au fusil à pompe qui tire des petites roquettes, en passant par le canon plasma capable de vaporiser un T-800 en un coup, ou encore un lance-grenades aux projectiles dirigeables en même temps qu’on se déplace. On ne joue effectivement pas à un plateformer du tout.

J’ai toujours regretté de ne pas pouvoir incarner le Terminator dans ce bain de sang urbain et post-apocalyptique. Judgement Day avait déjà conquis mon cœur en devenant mon film préféré (la faute à mon père cette fois), alors que les aventures de Robocop au cinéma, j’aimais un peu moins. Mais une fois la partie lancée, j’oubliais mes affinités, tant le rythme jouissif m’empêchait d’intellectualiser quoi que ce soit. Les mécaniques de jeu semblaient peut-être simplistes et parfois un peu bourrines, mais il flottait dans ce jeu un parfum de pessimisme extatique qui rattrapait tout le reste. La silhouette fantomatique de Motor City au second plan des premiers stages, l’usine de déchets toxiques qui m'a joyeusement rappelé la mort par liquéfaction du méchant de Robocop 1, la caverne située à un mètre au-dessus du niveau du magma terrestre servant de repaire aux Terminators, l’antre de Skynet lui-même, saturée de drones, de mines et… bah de T-800 bien sûr.

Robocop vs the Terminator, Sega, Mega Drive, Virgin, ED-209
Robocop vs the Terminator, Sega, Mega Drive, Virgin, Skynet

De quoi ravir les rabats-joie du monde entier pour plusieurs siècles. La face sombre des années 90 dans toute leur splendeur : cristallisant les émotions fortes liées à l’approche de l’an 2000, le futur ! Bordel ! Un futur pas super radieux, par contre. Il valait mieux vivre au jour le jour que d’espérer quoi que ce soit du troisième millénaire. Certaines critiques insistent sur la redondance des “paysages”, notamment parce qu'on ne voit la lumière du jour que l'espace d'un niveau. Je leur répondrai qu'ils n'ont qu'à garder leur bonne humeur pour eux, et laisser les blasés nostalgiques comme moi parler des vrais bails.

Synthé-800

La musique flirte souvent avec les limites de l’improbable, en mettant à mal les capacités sonores de la console. D’un autre côté, ce son particulier, métallique et industriel, correspondait tout à fait au climat violentissime du jeu. Un DJ tourmenté de Detroit aurait signé cette B.O. que ça ne m’étonnerait pas. Mais non, Mark Miller n’a pas l’air d’avoir écumé les clubs de Motor City en même temps que Jeff Mills, Carl Craig ou Kevin Saunderson, il a surtout bossé sur d’autres machins, du type Kid Chameleon ou Earthworm Jim. Pourtant, certains morceaux dégagent une telle énergie qu’ils pourraient encore passer en boîte aujourd’hui (en prévenant bien les gens à l’avance, cela dit). D’autres font un peu plus mal aux oreilles et obligent à serrer les dents ; mais ça nous donne d’autant plus envie de tout dégommer, pour qu’enfin s’arrête cette torture auditive. Et puis, ça colle avec la rigidité quasi-zombiesque de Robocop. Celui des premiers films en tout cas. Personnellement, j'adorais toutes ces compos à 200%. Je peux même conjuguer la phrase au présent. Elles dégagent bien plus que de simples martelages de beats lourds et graisseux. La plupart envoient une vibe assez délurée, pas hyper évidente au début, mais bien présente au bout de quelques écoutes. Il faut entendre la petite mélodie guillerette des bureaux de l'OCP tandis que les agents de sécurité répandent des litres d'hémoglobine sur le sol. J'ai déjà mis le mot jouissif dans cet article ? Oui bah je le remets, tu vas faire quoi ?

Robocop vs the Terminator (Mega Drive) - Flight Term
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Futur sombre mais tranquille

Ma grande sœur Elena a tout autant adhéré que moi au concept de mitraillage continuel de méchants super méchants. On jouait souvent ensemble, à s’échanger la manette dès que l’un d’entre nous perdait une vie. Pendant ce temps-là, l’autre faisait l’idiot en dansant sur la musique. Le morceau qui accompagne le premier niveau est devenu légendaire pour nous, avec ce sample de voix complètement barré qu’on adorait imiter. Comme pour Altered Beast, on se regardait, on faisait parler notre plus beau yaourt, et on s’embarquait dans une session de fous rires sans fin. “Co-manèèère”, qu’on disait (on n’avait pas beaucoup progressé en anglais, depuis nos premiers pas sur la Mega Drive). Je n’ai jamais su quels mots prononçait réellement le “chanteur”. Tout compte fait, je préfère ne jamais l’apprendre. Malgré son ambiance ultra sombre, je l'ai trouvé plutôt facile, ce Robocop vs. Terminator.

Robocop vs the Terminator, Sega, Mega Drive, Virgin, gif

Quand je parlais de version hardcore de Ghouls’N Ghosts, ça concernait juste la violence, certainement pas la difficulté. Je perdais bien quelques vies contre certains sacs à points de vie faisant office de boss, mais j'arrivais souvent avec un bon stock contre Skynet. Alors je me plantais devant lui, je l'arrosais sans discontinuer, sans bouger ; je faisais gaffe à bien switcher d'arme juste avant de mourir parce qu'on perd celle qu'on tient en main en crevant, qui se change en flingue de base tout éclaté. Puis je reprenais le gun super fort, souvent la mitrailleuse de taré chopée sur l’ED-209 (ou récupérée encore avant dans un passage secret, les vrais savent), et je répétais l'opération jusqu'à décrocher la victoire. Skynet balancé aux encombrants, monde sauvé, et tout et tout. Bon, faudra nettoyer toutes les saletés laissées en chemin, genre flaques de sang, membres déchiquetéset carcasses de robots fondues. Heureusement, personne ne nous demande de le faire.

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