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Tekken 3

Jeu ultra CooL #6

Tekken 3, PlayStation, Namco, cover

Type de jeu

Meilleur outil d’intégration sociale depuis l’invention de la binouse et des happy hours.

Date de sortie sur nos machines

Septembre 1998, comme par hasard le moment où les jeux de baston sont devenus ultra cool. Ou alors il y aurait un lien direct entre… oh bordel !

Développeur

Namco Limited, Production I.G, Inc., ma nouvelle boîte préférée pendant quelques mois.

éDITEUR

Sony Computer Entertainment Europe Ltd. Les gars qui ont fait la PlayStation, là.

Tekken 3 : disponible sur le PS Store, et rien de plus ! Y a des claques qui se perdent.

FPS, jeux de baston, jeux de course, même combat ! J’ai rarement adhéré au truc. Une petite partie de Street Fighter ou de Mortal Kombat de temps en temps, voire de Soul Blade, mais jamais plus de dix minutes, sous peine de m’ennuyer à mourir. Tout a changé avec Tekken 3. Peu importe chez quel pote je passais la journée, TOUT LE MONDE L'AVAIT ET CHARBONNAIT DES HEURES DESSUS ! Comme Street Fighter II, mais en plus nouveau, actuel, futuriste, novateur, révolutionnaire et… euh, plantigrade, tiens. Rapport à l’ours, là ! Vous l’avez ? HAHA ! Euh… bon. Il a bien fallu s’y mettre aussi, à Tekken 3. Question de survie au sein de ce microcosme parfois très cruel appelé collège. Des amis à moi y jouaient, d'autres amis aussi. Pourtant, si ces deux groupes d’amis se retrouvaient dans la même pièce, ils se massacraient dans la seconde. Même mon correspondant allemand y jouait ! Pourquoi je trouve ça exotique ? Aucune idée. Reste que ne pas aduler Tekken à cette époque menait à la destruction pure et simple du personnage qu’on se créait tous. Comme se pointer au collège sans sac à dos Eastpak, ou avec des baskets Auchan aux pieds au lieu des dernières Etnies ou Adidas, selon le groupe socialo-vestimentaire auquel on appartenait.

Intégration par la baston

Tekken 3, PlayStation, Namco, menu

Et de la même manière que j’ai troqué mes vieux joggings bariolés de primaire contre des gros baggies de skateur avec un certain enthousiasme quand je suis entré dans la pré-adolescence, j'ai succombé au raz-de-marée Tekken en hochant la tête avec un grand sourire, tandis que je me faisais emporter. Mes principes consistant à me rebeller contre tout ce qui suivait la mode n’ont jamais duré bien longtemps. Constat encore moins valable concernant les jeux vidéo.

Mille milliards de mille bagarres

Tekken 3, PlayStation, Namco, start

Je ne prends pas trop de risques en affirmant que Tekken 3 s’est imposé comme la référence ultime des jeux de versus fighting pendant un bon moment, et pas par hasard. Je n'ai pas les chiffres de vente, ni les critiques sous les yeux, mais notre intuition de gamin ultra accro vaut bien plus que tous ces faits indiscutables. Le grand nombre de personnages disponibles, aussi bien drôles, attachants, que méga stylés, a pesé pour beaucoup dans la balance du karma cosmique de ce jeu de l’espace. Même chose pour les graphismes en 3D toute carrée si typiques de la PlayStation, dont on s’abreuvait par hectolitres à l’époque. Mais enfin et surtout : un arsenal impressionnant de coups à caser ! Ouais, interminable, la movelist des combattant.es. La plupart de ses concurrents ne proposaient pas le tiers de techniques, et ne réclamaient pas qu’on passe six mois à maîtriser les subtilités de nos participant.es préféré.es à l’Ironfist Tournament. Et par subtilités, je veux parler de grosses mandales impossibles à esquiver, qui retirent les trois quarts de la barre de vie adverse, tout le monde aura compris.

Bref, on pouvait certes s’amuser à Tekken en martelant tous les boutons de la manette, mais le vrai but final revenait à massacrer l’opposant avec le plus de classe possible, notamment grâce à un enchaînement d’attaques dont il n’avait même pas connaissance. “Si tu gérais pas parfaitement cinq persos à quatorze ans et demi, tu pouvais pas devenir notre pote, désolé.” - citation de moi-même, près du gymnase du collège, circa 1999. Chaque jour, on arrivait à impressionner l'adversaire en lui sortant un move de gros taré, soit parce qu'on l'avait appris par cœur dans le mode practice, soit parce qu'on l'effectuait par hasard, parfois en faisant croire qu'on avait volontairement calé le truc. Et plus le temps avançait, plus la chance laissait place à la maîtrise, dans un gameplay épuré au maximum. Pas de barre de combo, pas de jauge de break, ni charges de super onslaught. Juste du timing et de l'apprentissage pour vider la barre de vie de l’ennemi. 

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Tekken 3, PlayStation, Namco, high kick

Comme dans beaucoup de titres du même genre, Tekken 3 présente chacun de ses protagonistes avec un background plus ou moins travaillé. Bon en vrai, il se débrouille mieux que les autres jeux que je connaissais sur le moment. Pas besoin d'en apprendre trop de toute façon ; pourquoi aller s'attacher à quelqu'un qui va finir dans le coma dans une minute ? On nous bricole un scénario pour justifier la présence d’autant de monde au même endroit, dont l’envie de se foutre sur la tronche vire au besoin viscéral, avec une pointe de sauvetage du monde en filigrane, pour faire croire à un semblant d’enjeu. Et on y croit volontiers. Ça reste toujours mieux ficelé qu'Armageddon, et beaucoup moins cringe.  Chacun.e des participant.es possède son ring attitré et son design bien précis, la base dans un versus fighting. Même si au final, ça ne s'articule pas autour d'une identité visuelle bien définie, bah euh, pas grave.

À choisir entre ça et un truc plus cohérent mais chiant au bout de cinq minutes -Mortal KombTOUSSE TOUSSE ! Hein ? Rien du tout. Je serais bien incapable de mettre le doigt sur ce qui nous rendait autant accro dans l’atmosphère de ce titre, mais il s'en dégageait bien quelque chose d’ultra cool. Peut-être que toute la magie vient de là, finalement : ça rassemblait des gens de tous horizons et de tous milieux, sans que personne ne comprenne trop pourquoi. Une sorte d’utopie faisant l’apologie de la violence, mais en conservant une forme de bonheur inaltérable. Je sais pas, j’improvise un peu trop, là. Et quand je parle de gens de tous horizons, ça vaut autant dans le jeu que dans la vraie vie. Si certains de mes copains de l’époque avaient su que je jouais aussi avec d’autres amis, et que par conséquent, ils auraient pu aussi jouer ensemble, ça en aurait fait tomber plus d’un dans les pommes !

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Tekken 3, PlayStation, Namco, punch

Je ne compte plus le nombre de journées où soirées où Tekken a fait passer l'ambiance de “pas ouf du tout” à “truc de dingue, moment le plus cool de ma vie”. Il y a notamment cette fois, durant le printemps 1999, ma première rencontre avec le jeu. Mon correspondant allemand avait débarqué depuis quatre ou cinq jours et franchement… ouais. On se faisait grave chier. Il n'y était pour rien, il a subi l'ambiance morbide de l'appartement familial comme tout le monde avant lui. Vers 19h arrive Lionel Mortadelle avec le CD-ROM de Tekken 3 dans une main et ses parents derrière lui. Les vieux partent prendre l’apéro pendant que je me reçois une énorme claque vidéoludique devant la télé. Après ça, on ne s'est plus jamais ennuyés, mon correspondant et moi. J'ai à mon tour émigré chez lui deux mois plus tard le temps d’une semaine. Premier truc qu'il m'a montré : son exemplaire de Tekken 3. HAHAHAHAH ! Quel séjour de barge on a passé.

Tekken 3 a beau créer un nouveau standard en termes de technicité, coordination cerveau / manette, et deux ou trois autres mots compliqués, il propose également plusieurs options pour simplement s'amuser sans la moindre prise de tête. J'ai donc nommé les deux modes  les plus géniaux jamais inventés,  le Tekken Ball et le Tekken Force ! Le premier nous met dans la peau de joueurs de beach volley dans lequel on a remplacé le ballon par un gros jouet de plage gonflable. Le second transforme tout simplement le versus fighting en beat'em all pas si mauvais que ça du tout ! Et bien sûr, tous les moves incroyables de nos bourrins préférés restent disponibles ! Oubliez le niveau bonus de Street Fighter II où on éclate une voiture, oubliez Streets of Rage, on a tout ce qu'on veut sur un plateau dans Tekken 3 !! Mais non, n'oubliez pas Streets of Rage, ni le stage bonus de SF2. N'importe quoi.

Tekken 3, PlayStation, Namco, ball

Electrop Rockool

Gameplay de dingue, atmosphère stylée. Aurait-on droit au triplé miracle grâce à la musique ? Mais encore mieux que ça, en fait ! La bande-son illumine le beau visage de Hwarang, elle rend acceptable la beauferie de Paul Phoenix et de King, elle sublime l'amour secret que je portais à Xiaoyu et Julia ! Et on s'enflamme encore plus lorsqu'on cale une attaque spéciale en plein climax de son électro bien vénère. Tekken 3 ne propose d'ailleurs que ce genre de techno-rock qui se la raconte, big beat mâtiné d'influences diverses, sous-genre qu'on entendait à la fin des années 90 dans les films (Blade), les séries (Alias), les pubs, et bien sûr les jeux vidéo (les deux premiers Gran Turismo). Ce style a vite sombré dans l’oubli au début des années 2000, non ? Je ne sais pas si quelqu’un sur Terre regrette ce son typique ; moi pas trop, excepté quelques albums mythiques qui ont survécu au passage du temps. Excepté aussi les B.O. des jeux vidéo et la nostalgie qu'ils trimballent, justement. Le schéma grosse ligne de basse accompagnée de percussions incisives, le tout emporté par une mélodie saturée de sons grésillants, ça donnait une de ces pêches ! Nous, on écoutait ça, on s’autoproclamait direct ados les plus géniaux de la planète. Sentiment d'invincibilité qui s'évaporait sitôt la PlayStation éteinte, qu’on croisait le regard d’un mec de quatre ans plus âgé que nous, et qu'il nous piquait tout notre argent de poche. Dommage. À moins de connaître les morceaux par cœur, deviner à quel personnage ils font référence relève de l'énorme coup de chance, tant les sonorités et les rythmiques se ressemblent ; à quelques exceptions près, allez. Mais à force d'écouter, on commence à repérer certains arrangements qui collent parfaitement au lieu et au combattant public la combattante associé.e. Et ça en devient encore plus jouissif. D'ailleurs, personne ne le sait, mais aujourd'hui encore, il m'arrive de lancer l'O.S.T. complète quand j'ai un petit coup de mou. Après ça, il ne peut plus rien m'arriver avant une bonne semaine, ça me file toujours une pêche de taré malade ! C’est juste que ça devient de plus en plus difficile à assumer et à montrer en public. Rapport à mon âge avancé, tout ça…

Tekken 3 (PlayStation) - Julia Chang
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Moment Nostalgifle

Vacances scolaires. Je pars quelques jours en Bretagne chez mon père, le CD-ROM de Tekken bien au chaud dans mon sac. Désolé papa, mais cette fois-ci pas d'aventure écolo-cramée de la tête dans Abe’s Exoddus, ou d’explosage de mechas organiques dans R-Type Delta ! C’est décidé, je vais dédier tout mon temps libre à progresser de ouf ! Je vais faire fumer le mode entraînement, noter les combinaisons de touches les plus dévastatrices sur un papier et les relire cinquante fois avant de dormir pendant une semaine ! Ling Xiaoyu, Julia Chang, King, Lei Wulong, Gon ! Vous n’allez jamais casser autant de bouches qu’entre mes mains fébriles et bientôt imbattables ! Randall Geyser et Leyland Lampion, les potes avec qui j’ai le plus squatté ce jeu, vous qui ne faites que me marave dès que je squatte chez vous, dans une semaine c'est fini ! Vous ne ferez plus les malins !

Tekken 3, PlayStation, Namco, gif

Jacky Palmeraie, qui me fera plus tard découvrir Bloody Roar 2 et qui habitait à côté, s’est joint à mes sessions, mais plutôt en sparring partner. Pas de malaise, mecton tu t'es rattrapé en me mettant 6-3 6-3 au tennis. De retour en Normandie et tout fier de mes nouvelles aptitudes, on se retrouve tous les trois, dans la chambre de Leyland, et on allume la console. Je choisis Julia, prêt à placer un Tequila Sunrise Low Kick Slash Uppercut des familles. Randall prend Yoshimitsu. Résultat sans appel : j'ai mordu encore plus la poussière qu’avant. Les petits saligauds ont charbonné dix fois plus et ont intégré cent fois plus de coups que moi ! Personne n’avait rien dit, chacun avait manigancé dans son coin. Tout ce tryharding couplé à un abandon de mon voyage à travers Breath of Fire III pour rien ! Il a bien fallu me venger, alors j'ai pris Dr. Bosconovitch et j'ai passé tout le fight allongé par terre, à roter sur ce débile de Gun Jack.

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