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R-Type Delta

Jeu méga Cruel #7

R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM

Type de jeu

Outil expérimental mesurant les réflexes surhumains et la résistance aux traumas psychiques en tous genres.

Date de sortie sur nos machines

Mai 1999, quelques mois avant la terrible tempête 99 qui aura fait tant de dégâts, mais aussi créé l’ambiance parfaite pour jouer à des trucs dark.

Développeur

Irem Software Engineering, Inc. des pionniers de dingue dans le monde du jeu vidéo, avant de se reconvertir dans la fabrication de machines à sous.

éDITEUR

Sony Computer Entertainment Europe Ltd., aux petits oignons pour sa console chérie, quelle surprise !

R-Type Delta : dispo sur Steam, sur le PS Store, sur Switch et Xbox Series. Pas l’original, hein, le remaster. Mais quand même, ça claque.

Je connaissais déjà la célèbre franchise R-Type à mes cinq ou six ans. Le peu de fois où j’ai mis les pieds dans une salle d’arcade, impossible de passer à côté d’une borne Street Fighter II ou After Burner, mais R-Type et ses vaisseaux suréquipés ne traînaient jamais bien loin. Mon cousin Walter possédait également l'une des cartouches Super NES, sobrement appelée Super R-Type, mais je n’avais jamais acheté mon opus à moi tout seul auparavant. Quand mon papa m’a laissé choisir un jeu à la Fnac de Brest, un jour de fin 1999, je tenais enfin l'occasion de réparer cette erreur. Alors j’ai allumé la console, et Ô surprise ! Les affreux polygones de la PS1 avaient remplacé les jolies sprites de ses prédécesseurs. Je mets enfin un pas dans la licence, et je me tape le titre qui essuie les plâtres de la 3D toute crasseuse des nineties ! Heureusement qu’à l’époque, on trouvait ça magnifique. Ai-je bien fait de laisser de côté les Resident Evil 2, Crash Bandicoot, Breath of Fire 3 ou Bloody Roar 2 ? Bien des années après, je lève le poing et je scande : bah évidemment ! Qu’est-ce que ça ficherait sur ce site, sinon ?

Tout près de toi, depuis toujours

R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM

Voilà le genre de choix que je peux assumer, contrairement à nombre d'autres impliquant la vie réelle. Ça ne m’a pas empêché de me prendre des roustes monumentales, mais toujours moins violentes que celles dans notre monde bien concret. 

R-Type Delta, c'est plus fort que toi

R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM

Je disais que j’avais bien fait de jeter mon dévolu sur ce titre ? Bon… oui, mais aussi non. Comme chacun sait, les jeux de tir de ce style sont juste ultra chauds, dans le genre super méga difficiles, quasiment impossibles à terminer, quoi. Si vous avez besoin d'une séance de sport, vingt minutes de R-Type Delta vous brûlera 1500 calories ! Et à terme, vous saurez porter des sacs de sable rien qu'avec vos pouces. J’ai beau avoir persévéré pendant des jours et des jours dès que je passais des vacances chez papa, je n’ai jamais vu plus loin que le quatrième niveau. Quand par miracle j’arrivais face au boss, je me faisais atomiser par ses trois-quarts de cercle à positrons négatifs, là. Et il y en avait encore trois derrière ? Misère intersidérale ! Cela ne m’a pas empêché d’apprécier le gameplay nerveux et la bonne rejouabilité via les différents types d’armes et de vaisseaux. Ça ne vaut pas U.N. Squadron en termes de progression et customisation, mais on a quand même des de bonnes petites friandises à se mettre sous la dent, en ramassant les sempiternelles “capsules” qui améliorent notre bestiau. Enfin, qui améliorent la “Force”, plutôt : cette sphère d’énergie qui se fixe à l’avant ou à l’arrière de notre carlingue, agissant à la fois en protecteur et en pulvérisateur d’ennemis.

On peut aussi la balancer sur nos cibles pour les cramer encore plus vite. La Force se balade ensuite au gré de ses envies, avant de se rattacher au vaisseau. Et si elle accumule assez de puissance, 100% en fait, une attaque ultra vénère devient disponible, appelée Delta Weapon, sans trop de surprise. Une grosse bombe qui vaporise tout l’écran, excepté les gros boss, même s’ils prennent bien cher quand même. Et après quelques secondes d’invincibilité, voilà le chargement de la Force retombé à zéro. Perso, je n’utilisais presque jamais ce truc. D’une, parce que je préférais conserver la Force à 100%, ce qui la rendait plus grosse et plus puissante. En gros, elle protège mieux et… bah elle déboîte plus de monde sur le long terme. De deux parce que le temps que je me rappelle que ça existait, j’avais explosé depuis longtemps. Les “Bit Devices” ensuite, prennent la forme de petites boules protectrices situées au-dessus et en-dessous de notre bébé volant.

R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM
R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM

Elles arrêtent la plupart des projectiles, exceptés les trucs totalement sur-abusés, comme les lasers plus larges que les cuisses de ta… oulà pardon, une vanne sortie de 1999 a failli se glisser dans ce texte. Bref, les missiles automatiques reprennent du service aussi, une source de dégâts quasi négligeable, mais c’est gratuit alors ça va, on garde. Pour la première fois dans la saga, on nous permet de choisir entre trois types de bécanes différentes, pouvant elles-mêmes s’équiper de trois types de bastos différentes (les pilules de couleur rouge, jaune ou bleue à choper dans les capsules bonus), pour des variantes parfois infimes de gameplay, mais qui suffisent amplement à tarir notre soif de destruction. J’adorais le rayon énergétique à arcs électriques à tête chercheuse (répétez cette phrase dix fois de suite pour voir) du vaisseau noir, le dénommé Cerberus, ou R-13A, ou les deux.

Je n’ai jamais débloqué le quatrième vaisseau secret, le truc tout bidon qui renferme les capsules bonus. Normal, il faut terminer le jeu au moins une fois, ou le lancer cent fois, au choix. Accompli aucun des deux, pour ma part. Si j’avais connu le code pour me rendre invincible, j’aurais peut-être pu parler de ce vaisseau caché en connaissance de cause. Mais non, je dois me contenter d’aller voir ce que ça donne sur YouTube. Ah mais il déboîte, le machin ! Fidèle à la réputation des titres précédents, R-Type Delta s’amuse tout autant à nous embarquer dans des villes en ruines, des cavernes infestées de parasites démoniaques ou des cimetières de machines maléfiques. Que du bonheur, tant qu’on appartient à la catégorie des maniaco-dépressifs, option auto-mutilation chronique. Les nombreux ennemis, aux origines mécaniques ou organiques, parfois les deux fusionnés à des degrés divers, prennent un malin plaisir à tournoyer autour de notre petit vaisseau en lui tirant dessus au pire moment.

R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM
R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM

Certains nous arrachent un cri d'effroi tant ils font flipper, tandis que d’autres dépassent de trois fois l’écran de la télé (l'un n'empêchant pas l'autre d’ailleurs). Nous parcourons donc un monde où il semble faire très bon vivre. Heureusement que les effets lumineux apportent un peu de gaieté dans tout ça, même si c’est souvent dû à une bombe nucléaire ou à un laser large de cinquante mètres. Mention spéciale aux boss de fin de stages, qui vont crescendo dans le glauque et l’horreur. Oui, j'ai dû aller voir des vidéos pour connaître l'apparence des derniers, je ne vais pas répéter à chaque paragraphe que ce jeu m'a boloss comme jamais, oh ! Je reste malgré tout super fan de l'énorme quadrupède mécanique du stage 3, un mastodonte plus gros que le Texas, et à la puissance de feu plus destructrice qu'un meeting de la NRA.

Du feu de dieu

Montez dans un avion de chasse, prenez un peu d’altitude et passez la musique du jeu ; au bout de vingt secondes, vous vous croirez attaqué par des hydres volantes en armure qui vous crachent des sphères d’énergie négative au visage. Et sans en avoir conscience, vous aurez lâché tous vos missiles sur une maternité. Oupsse, désolé les mioches ! Enfin, si vous ne bossez pas dans l’armée, ça devrait aller. Remarque, on y croit aussi depuis un canapé, tant la B.O. fait bien le job. Certains morceaux n'ont pas vocation à s'écouter trop souvent. Disons, pas plus d’une fois tous les trois ans, sous peine de ressortir votre vieille PlayStation, de mettre le CD de R-Type dedans et d’aller jeter le tout depuis le haut d’une falaise. Voilà notamment l’effet que produit sur moi la compo accompagnant les boss mécaniques. De l'angoisse pure, mais pas forcément dans le bon sens. Et il a fallu réunir quatre compositeurs pour induire ce sentiment chez les gens ? Eh ben ! Allez, je redescends un peu. En vrai, le problème ne concerne que ce morceau en particulier ; les autres titres proposent même des choses plutôt très magnifiques, dans leur propension à oppresser leur auditeur, s’entend. Encore qu'ici, on commence le calvaire plutôt tranquillement, avec un titre que l'on pourrait presque qualifier de joyeux et entraînant. Le pilote de notre vaisseau ne sait pas encore qu'il va terminer son existence exténué, au son de mélopées torturées dans tous les sens. Sérieux, je me remercie d’avoir été super nul à ce jeu et de n’avoir jamais connu les dernières musiques, elles m’auraient sûrement traumatisé à vie. Non, en vrai je n'en ai jamais assez, de cette noirceur. Continuez ! Torturez-moi ENCOOOORE !

R-Type Delta (PlayStation) : Crazy Machine
00:00 / 03:54

Chant du cygne biomécanique

Ce jeu représente la fin de l’ère PlayStation 1, du moins chez mon père ; car chez ma mère et chez les potes, la fameuse console grise avait encore de beaux jours devant elle. Avec mon darron, notre inconscient semblait déjà savoir que plus jamais on ne s’installerait côte à côte pour se faire une petite session gaming. Papa n'a tout simplement pas adhéré à ce que j'ai fait tourner dessus ensuite, de Tekken 3 à Final Fantasy VIII. Pourtant, il me suivait en cybercafés pour des sessions chaotiques de Counter Strike, alors pourquoi pas échanger quelques patates entre Gun Jack et Ling Xiaoyu ? Pour cette ultime aventure en duo, on a repris nos vieilles habitudes de l’époque où le darron me faisait découvrir la Master System pour la première fois, la cartouche de Psycho Fox bien calée dedans. On suivait la règle universelle : dès que l’un perd une vie, il donne la manette à l’autre. Et ça pouvait enchaîner très vite avec R-Type Delta. Vous faisiez quoi pendant la grande tempête de 99, vous ? Moi, je tentais désespérément de passer cette raclure de niveau 4.

R-Type Delta, PlayStation, Sony, IREM

Alors que dehors, les arbres tombaient sur des maisons (et sur des humains), sous l’effet des bourrasques de vent les plus violentes que j'ai jamais vu souffler. Malgré tout, il m’est arrivé de penser que je serais limite mieux à l’extérieur, tant j’ai failli exploser de rage à chaque fois qu’un minuscule pixel de minuscule missile échappait à mon regard, et faisait exploser mon magnifique RX-10 Albatross. Au final, on aura refait des parties ensemble avec le padre, sur Link's Crossbow Training quelques années plus tard. Un genre de jeu de tir aussi, mais beaucoup moins exaspérant que R-Type Delta. Donc forcément moins stylé aussi, pas vrai ? Ça y est, y a mon syndrome de Stockholm qui revient. Pour ne rien arranger, R-Type Delta HD Boosted a vu le jour fin 2025. Bon, on a l’impression de jouer sur un bel émulateur de la version PS1 ou sur une PS2, plutôt qu’une PS5, mais ça reste un projet respectable. Faudrait pas que je retombe dedans, hein. Non non, vraiment pas.

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