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Aladdin

Jeu doudou éternel #6

Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, cover

Type de jeu

Petit programme parti d’en bas pour faire vendre plein de VHS du long métrage, et qui finira dans le top 10 des meilleurs jeux Mega Drive.

Date de sortie Sur NOS MACHINES

Octobre 1993, l’idylle entre ma console pref et moi battait son plein.

Développeur

Virgin Games, Inc. en pleine bourre aussi à cette époque. Développeur, éditeur, distributeur, bam ! bam !

éDITEUR

SEGA Enterprises Ltd. On les connaît bien maintenant, ça croyait encore remporter la guerre des consoles, blablabla. Avançons.

Aladdin : disponible, attention ! Sur GOG, sur Steam, sur le PSN, sur Xbox, sur Switch, et sur Antstream ! Eh, aucune excuse pour ne pas y jouer, là.

Ayant beaucoup aimé le film au cinéma, et connaissant la propension de Disney à envoyer ses personnages se faire réincarner en jeu vidéo, je savais qu’Aladdin aurait droit à une sortie en cartouche Mega Drive un jour ou l’autre. Non, je n'en savais rien, mais j'espérais. Fin 1993, mon souhait se réalisait enfin. Elena Vestibule et moi, ma grande-sœur et, euh bah juste moi, on a à peine eu besoin d’emmerder nos parents pour se faire offrir le graal du moment. Je me souviens d'une ébauche de lutte gagnée très facilement, avec très probablement la cartouche emballée sous le sapin de noël 1993. Peut-être parce que la licence Disney les mettait en confiance. Peut-être parce que ça leur promettait des heures supplémentaires de tranquillité. En tout cas, avec ce jeu entre nos mains, ils ont eu la paix pendant un bon moment ! Un peu trop sans doute, car je me rappelle aussi de beau-papa qui se remet un peu à jouer à la Mega Drive pour l'occasion. Supeeeeeeer… trop conteeeeeent… Comment gâcher la magnifique hype procurée par un jeu vidéo qu’on attend avec impatience ?

Utilisation illimitée sous conditions

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Le beau-père qui tient la manette à ta place, voilà. Eh, tu peux pas retourner enregistrer des films pour adultes sur nos VHS de dessins animés, plutôt ? Enfin non, surtout pas, quelle horreur ! C’était juste une manière de demander qu’il nous laisse tranquilles. Et euh, c’est le premier souvenir de lui à cette époque qui m’est revenu, désolé.

Le meilleur des deux

Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, Agrabah

Et voilà un plateformer de plus venu garnir notre ludothèque ! Peut-être, mais un très bon plateformer en plein âge d’or des consoles 16-bits, ça ne se refuse pas. Et un jeu Aladdin sur Mega Drive, en pleine guerre contre la Super NES, ça s'accueille à bras ouverts ! Ce titre m’a frappé d’emblée par ses magnifiques graphismes et ses animations ultra détaillées. Je crois que seul Pitfall : the Mayan Adventure m’a fait un meilleur effet par la suite sur notre console adorée. Franchement, quoi ! On reconnaît chaque trait de visage de notre voleur de pain préféré ! Les décors en jettent, on se croirait limite dans le dessin animé, avec quelques trucs à faire en plus, et un bon morceau passé sous silence, notamment tout ce qui a un lien avec Jasmine. Oui d’accord, à l’époque on s'en foutait de leur romance à la noix ! On voulait de la baston ! Enfin, sans doute pas tout le monde, mais tous les gosses dotés de consoles que je connaissais réfléchissaient comme ça.

Les détracteurs de ce jeu devaient vachement se creuser la tête pour lui trouver un défaut. Le truc qui revenait le plus souvent : “Ouais mais Aladdin, et bah il l'a récupéré où, son gros cimeterre ?” Ils disaient épée ou sabre, évidemment. On a tous appris le mot cimeterre dans Diablo, trois ans plus tard. D'accord, dans le film, jamais il ne brandit d’arme, ou alors pas plus de trois secondes. Ces gamins de Nintendophiles avaient juste un seum pas possible de devoir rebondir sur des auvents de boutiques au lieu de couper des gardes en deux, dans leur version du jeu à eux. En vrai, la mouture Super NES propose un gameplay qui colle bien mieux à l’univers du film. Mais on avait huit ans, et on allait apprendre le mot cohérence encore plus tard que le mot cimeterre. Disons que ça n’arriverait qu’en lisant les scénarios de Half-life ou de Starcraft, pas avant.

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Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, cave

En outre, dans l’optique où on voudrait varier un peu, on peut aussi lancer des pommes. Perso, je n'avais pas franchement envie de varier, et je me servais des pommes uniquement pour mettre certains ennemis en caleçon à cœurs. Qu'est-ce que c'était fendard, ça ! Les calbutes ! On ne s'en lasse pas des calbutes dans les jeux vidéo. Entre ça et Ghouls’n Ghosts, des barres au bide pour l'éternité, avec les calbutes. Spoiler alert, le boss final Jafar le cobra géant, censé être archi tendax, se plie en fait sans aucun challenge en lui balançant des pommes depuis un recoin de son propre palais où il ne peut pas aller.  Bon euh, on incarne Abu le singe dans les niveaux bonus, aussi. Et devinez ce qu'il tient dans les mains ? Un cimeterre ! Enfin une épée, ou un sabre. Il chipe des machins brillants. Tout comme dans le film cette fois. Abruti de macaque ! Tout est de ta faute !

Le level design ne m'a pas paru incroyablement dingue. Ce qui doit sans doute signifier qu'il se situe dans le haut du panier. Le manque de discernement infantile, tout ça… Quand je revois des vidéos de playthrough aujourd'hui, ça saute aux yeux que le level design a reçu autant d'amour que les graphismes ! Plus de détails sur le sujet ? Non. Juste que si on atterrit sur une plate-forme, bah on atterrit dessus. Il n'y a pas de décalage invisible de quelques pixels qui pourraient nous faire tomber alors qu'on a ATTERRI DESSUS, OK ? Et puis arrive le stage en tapis volant, qui nous met en apnée et nous fissure les dents, tellement on serre la mâchoire. Au final, le réussir ne relève pas le l'exploit miraculeux, mais rien que nous le faire croire, c'est déjà pas mal. Le fait qu’on affronte un boss un stage sur deux ne gâche en rien notre plaisir, la difficulté est dosée comme il faut, en nous embêtant un peu, mais sans nous frustrer.

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Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, trunks

Je crois que pour la première fois de toute ma vie, mon cousin Walter nourrissait une certaine jalousie à mon égard. Mais il n'aurait jamais admis à dix ans qu'un jeu Mega Drive éclatait un jeu Super NES. Il avait l'embarras du choix pour trouver de quoi vanner la SEGA, entre Super Ghouls'n Ghosts, Populous ou Jurassic Park, mais avec Aladdin, j'ai obtenu ma petite victoire perso ! Sans le dire trop fort, hein.

Aladdin alterne entre phases légères et sombres, en fonction des lieux visités (sans oublier le WTF complet dans la lampe du génie, encore plus barré que dans le film). Alors on arbore le sourire débile typique du gamer satisfait, pour se retrouver les sourcils froncés et la bouche grimaçante une minute plus tard, pour de nouveau afficher notre air nigaud l’instant d’après. Au moins, on nous distille des détails marrants un peu partout, même dans les moments les plus compliqués. D’ailleurs, j’aimerais bien connaître le problème qu’avaient les développeurs avec les animaux. Essayez de sauter sur un dromadaire ou un flamant rose pour entendre le bruit qu’ils font. Il faut le vivre pour le croire. Bon, après tout, je n’ai jamais essayé en vrai, peut-être qu’ils produisent réellement des râles glaireux de fumeur en soins palliatifs, ou qu'ils adorent imiter Johnny Hallyday en train d'éternuer.

Gros trou dans le tapis

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Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, flamingo

Un détail m’a toujours dérangé, cependant : le jeu vidéo laisse de côté d’énormes morceaux du dessin animé ; en gros tout ce qui touche à Jasmine. Je l’ai déjà dit plus haut ? Oui, il faut bien insister, normal. Dommage pour toutes les gamines qui s'identifiaient à elle, et dommage pour moi aussi qui en étais tombé amoureux depuis ma découverte du dessin animé au cinéma. En fait non, ça ne m'a jamais vraiment dérangé avant. Je trouve juste ça bizarre aujourd'hui. Les trois quarts du jeu se déroulent sur même pas la première moitié du film. Et lorsqu'Aladdin s'échappe de la caverne secrète, bam ! Il arrive direct au palais pour taper Jafar. Pas de méchant génie tout rouge, rien sur la scène mythique où Aladdin débarque avec son armée de faux figurants dans Agrabah, ni sur la chanson romantique sur le tapis… j’imagine que les scènes de flirt n’auraient pas donné de supers niveaux d’action, mais les autres ?

Avec de la volonté pourtant, on aurait toujours pu trouver un moyen de rendre ça intéressant. Quelqu'un a vraiment pris la décision de virer tout ce qui avait trait à Jasmine ! Pour quelle raison ? Parce qu'elle ne se bat pas comme Blaze de Streets of Rage ? Parce qu'elle sert juste de plante verte dans le long métrage ? Ouais et… d'accord. Ça reste un postulat débile de la virer pour ne se concentrer que sur ce qui importe aux petits mecs des années 90 ! La bagarre au cimeterre, voilà ! L’atmosphère restant hyper fidèle à l’œuvre originale, mais avec autant de trous dans l’histoire, il manquait peut-être ce petit grain de magie qui peut toucher certains titres vidéoludiques. Et revoilà Walter Valise qui agite la cartouche Super NES pour se foutre de moi. Oui, il est cool aussi, ton jeu, ça va !

Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, Jafar

Melon bien charnu

On peut penser ce que l’on veut de Tommy Tallarico, ses chevilles enflées à outrance, et sa mégalomanie sans limites, il a quand même bien bossé sur cette O.S.T. Il exploite à merveille les capacités sonores parfois limitées de la Mega Drive. On reconnaît direct les morceaux tirés du film, et les originaux auraient pu en faire partie également, tant ils s’imprègnent de la même vibe. D’ailleurs, je n’avais jamais remarqué qu’il existait des chansons exclusives au jeu avant un paquet d’années ; quand j’ai commencé à créer ma playlist nostalgique sur le sujet, en fait. Voilà qui donne des envies de prendre son sac à dos pour arpenter le désert, et visiter de lointains palais ! On va quand même éviter de passer une musique d'Aladdin pendant un voyage en Égypte en faisant des clins d'œil aux habitants, même si elle vient du jeu vidéo. Celle du second niveau pourrait donner la pêche à n'importe qui. Et dans le lot, j'inclus les plus gros rageux au lendemain de la condamnation de leur idole politique. Allez les gars, détendez-vous un coup et écoutez-moi ça. Mais restez loin de ce brave Tommy, si vous ne voulez pas finir en taule pour tentative d’agression au sabre.

Aladdin (Mega Drive) - The Desert
00:00 / 03:08

404 Nostalgia not found

J’ai adoré ce jeu, je l'ai terminé plusieurs fois, et j'en ai retourné chaque petit sprite de caillou. Même que je connaissais le secret au début du stage du désert, quand Aladdin joue son animation de standby et cale sa tête pile sous des oreilles de Mickey en train de sécher sur une corde à linge. Et bam ! Une vie supplémentaire apparaît à l'écran. Qui d'autre connaît ce secret ? À l’époque, je ne sais pas. Aujourd’hui, énormément de monde l'a repris sur plein de recoins d'internet. Pourtant, dans le longplay que j'ai maté sur YouTube, le mec passe complètement à côté ! Mais ce que je retiens le plus de ce jeu, c'est cette fameuse journée, sans doute de printemps 1994, où j'avais un match de tennis de prévu. Du coup, pas possible de faire venir Randall Geyser ou Lionel Mortadelle à la maison, dommage. Cela dit, il me restait assez de temps pour me lancer dans une partie d'Aladdin. À cette époque, je bloquais encore sur le stage du tapis volant poursuivi par l'énorme vague de lave. Mais cette fois, j'ai réussi à le passer. Submergé par la joie, j'ai trépigné de frustration quand ma mère m'a rappelé que j'allais être en retard. Obligé d'éteindre la console, brisé dans mon élan de découvrir la suite de l'aventure. J'ai explosé mon adversaire au tennis pour me calmer. 6-2 6-1, je crois, pressé de retenter l'épreuve suprême de la fuite à travers la caverne aux merveilles. Eeeh Ouais. ! Ouais ouais ouais. Alors ? Quelqu'un y a cru ? Parce que je viens de tout inventer ! Hahahaha trop mortel ou quoi ? Non, trop triste, surtout. Je n’ai jamais gagné de match 6-2 6-1, j’étais trop mauvais. Bon, tout ça pour dire que je n'arrive pas à coller de souvenirs précis sur ce titre. Il possède une énorme valeur sentimentale, et il provoque encore chez moi de petits frissons nostalgiques quand j’y pense, mais ça bloque au moment de lui associer une tranche de vie de gamin. La bonne humeur procurée par une journée d’été ensoleillée ? Créneau déjà pris par Quackshot ou Sonic 2. Une session de jeu endiablée avec ma sœur Elena ? Déjà vécu en mieux avec Altered Beast, Robocop ou… encore Sonic 2. Une session le soir à moitié secrète, car on geekait au lieu de dormir ? Sonic 1 et Toejam & Earl. Ouais ouais ! L’ambiance si particulière de la fin de primaire ? Eh nan, même Sonic Spinball et Secret of Mana, que j’ai à peine touchés, me la renvoient plus fort au visage. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais Aladdin a échoué à transformer mes souvenirs en petits joyaux incrustés à jamais dans la partie de mon cerveau bloquée dans le siècle dernier.

Aladdin, Mega Drive, SEGA, Virgin Games, gif

Il aurait pourtant mérité mille fois sa petite capsule mémorielle, le pauvre. Je pense que le jeu en lui-même n’a aucune responsabilité là-dedans. “C'est pas toi, c'est moi”, aurais-je pu lui dire, comme quand la personne qu'on aime nous largue en nous brisant le cœur. M'a-t-on jamais sorti ça, d'ailleurs ? Nan, on m'a plutôt dit “C'est toi et surtout pas moi, sale con.” Oulà, un sujet de plus à traiter pendant mes séances psy supervisées par Tommy Tallarico. N'empêche que ça reste un peu incompréhensible. Ça ne m’est pas arrivé qu’avec celui-là, en plus ! Comment résoudre ce mystère des œuvres privées de leur best souvenir d'enfance ? En me plongeant encore plus dans l'introspection, évidemment ! Si j'esquive le présent encore plus fort, je résolverai bien une ou deux affaires. Ce qu'il faut pas inventer pour justifier de vivre dans le passé...

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