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final Fantasy tactics

One-Shot De ouf #6

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, cover

Type de jeu

​La meilleure feature de toute la saga Final Fantasy exploitée dans un jeu tout entier, tellement elle est cool. Oui je parle des métiers.

Date de sortie sur nos machines

Janvier 1998 aux USA, la version la plus abordable pour nous, pauvres Européens.

Développeur

Square Co., Ltd. en plein état de grâce à sortir des tueries toutes les 10 minutes.

éDITEUR

Sony Computer Entertainment America Inc. bah d’accord, j’ai rien à dire.

Final Fantasy Tactics : disponible nulle part dans sa version originale. La sortie du remake the Ivalice Chronicles a remplacé l'ancienne partout ! Mais allez-y, ça vaut le coup.

Un jour qu'on squattait dans la chambre de Leyland Lampion, Randall Geyser s’est jeté sur la PlayStation, l'a triturée dans tous les sens, en nous assurant qu'il nous montrerait un jeu de taré en import américain. Pendant quelques années, ce mec s'est érigé en sorte de receleur de jeux PlayStation piratés, et si possible non disponibles sur le marché européen. Tout ça venait du mec de sa sœur, si je me souviens bien. Un gars super sympa, mais encore plus cliché que les hackers geek un peu (beaucoup) asociaux qu'on voyait dans les séries policières des années 90-2000. On avait besoin de l’Action Replay pour faire fonctionner le truc, ce gadget semi-illégal qui nous a permis de jouer avec des CD-gravés, de tricher à peu près à n’importe quoi, et bien plus encore. Ça et laisser le couvercle de la console ouverte, avec une tête de LEGO pour leurrer le mécanisme, et ainsi faire tourner les disques quand même. D'où le triturage de Randall. Du bricolage comme on n’en fait plus, ce qui est sans doute une très bonne nouvelle, mais qui me permettra aussi de faire mon réac un jour, avec des phrases comme “De mon temps on martyrisait nos PlayStation avec […], pas comme les jeunes de maintenant qui […]”. Ah on me fait signe que je le fais déjà, bah pardon. Bref, la manipulation a fonctionné et la cinématique d'intro a démarré. Des cavaliers chevauchaient des chocobos, ces gros poulets que j'avais déjà rencontrés dans Final Fantasy VII. Tout le monde avait l'air à la fois fâché et très mignon, mais Randall, en extase complète, m'a convaincu d'attendre un peu plus avant de me faire un avis.

Tactique finale et fantaisiste

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, main menu

Puis je l'ai vu bichonner son petit groupe de personnages en pixel art, j’ai succombé tout pareil que lui, histoire de montrer ma personnalité bien indépendante et pas du tout influençable. Tombé sous le charme des graphismes un peu, du gameplay beaucoup, qui m’a paru l’une des meilleures inventions jamais imaginées. Ça ne ressemblait pas du tout aux autres Final Fantasy que je connaissais, le VII et le VIII, là. Et j'ai trouvé ça trop bien. Du coup, ai-je pris la peine de me lancer dans l’aventure moi-même ? Non, pas du tout, absolument pas. Bordel, mais y a des auto baffes qui se perdent quand j’y repense. Mais pourquoi, pourquoi, alors que j’adorais absolument tout de ce titre, que j’avais même le droit de l’embarquer chez moi pour une durée à peu près indéterminée une fois que Randall l'avait terminé, l’ai-je lâchement abandonné tout en sachant que je raterais là l’une des meilleures expériences vidéoludiques de ma vie ? Et l'excuse de “eeeeh oui mais j'avais déjà trop de jeux sur le feeeeu”, elle ne dupe personne, d'accord ? On trouve toujours le temps, en rognant sur le sport, le sommeil, le lavage des dents… Allez, auto baffe.

Fer and Square

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, battle

Les gens de chez Square avaient beau se prendre pour Midas à transformer en or tout ce qu'ils développaient, je me demande ce qu'ils avaient dans la tête à sortir un nouveau jeu quatre mois après leur FFVII. Je veux dire, ce jeu a déjà mis une claque à tout le monde, attendez un peu avant de nous balancer une autre tuerie de dingue ! Personne devait en être encore remis qu'une nouvelle itération de la licence se manifestait. Qu’est-ce que ça change pour des petits français qui n'ont jamais vu l'ombre de ce titre avant sa réédition sur PSP en 2007 ? Rien, je fais juste genre j’ai de la culture. Pour les américains et les japonais, ça a changé quelque chose, en tout cas. Au moins, ils n'ont pas eu à se refaire un RPG au plus pur sens du terme, mais un tactical. J'en reparlerai plus tard, là j'ai pas envie. Je peux quand même dire que tous ceux qui ont pu se le procurer l'ont adoubé. Ne sont pas pris en compte dans l'analyse ceux qui n'ont pas aimé, parce que balek. Déjà, l’histoire haletante nous prend aux tripes via un personnage extérieur.

Je n’ai rien suivi, hein, ni à l'époque, ni aujourd'hui, mais je crois les gens qui en ont parlé et qui ont l'air d'accord entre eux. La narration se pose donc du point de vue d’un historien qui nous raconte les faits, en se plongeant dans ses souvenirs et ses recherches. Je trouve ça super cool. Je trouve aussi super cool que le scénario traite de sujets sociétaux bien réels, comme la place de la religion, les privilèges liés à la richesse, et sûrement d’autres trucs que je n’ai pas décelés en visionnant les playthrough du jeu en diagonale. Mais eh, je fais confiance aux tests que j’ai lus : l’histoire pète la classe, point. Et vous savez ce que je trouve encore plus cool que tout ça ? Que le monde dans lequel on évolue, Ivalice sert aussi de background à Vagrant Story. Trop. Bien. On peut aussi jouer Cloud, il paraît. Et dire bonjour à Aeris dans sa boutique de fleurs. Mais j'ai déjà dit que je m'en fichais de FFVII ?

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Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, dialogue

Remplacez-les par Squall et Linoa du VIII, et là je m'incline en m'allongeant sur le paillasson. Bien que je n'aie toujours pas très envie de parler du genre tactical, je vais bien devoir m'y mettre pour camoufler mes lacunes tant bien que mal. En gros, on vire les aspects exploration et aventure que l'on trouve habituellement dans les jeux de rôle, pour se concentrer sur l'aspect baston au tour par tour, avec tout un tas de paramètres supplémentaires à prendre en compte. On retrouve ce mode de fonctionnement dans Legend of Kartia, également. Non pas que ce soit la référence du genre, j'ai juste voulu évoquer un jeu que je connais. Pour une fois que ça arrive. FF Tactics propose d’embarquer jusqu’à cinq personnages ensemble au combat, en piochant dans un vivier de seize combattants au maximum. Chacun.e d'entre elleux (le correcteur auto de mon téléphone, visiblement de droite, a voulu remplacer ce dernier mot par Uematsu, je vous jure), mais aussi ennemi, créature, monstre… etc. se voit affublé d’un genre de signe du zodiaque.

Selon ce signe, et son genre (homme ou femme, on reste binaire dans les nineties), il occasionne plus ou moins de dégâts à d’autres (en fonction de leur signe aussi, évidemment, mais pas de leur genre, heureusement). Il faut ajouter à cette analyse la nature du terrain et son élévation pour ne pas se faire surprendre. On équipe ses compagnons de manière classique avec armes, capes et armures pour leur filer de meilleures statistiques de points de vie, attaque et défense… du basique, quoi, mais bien foutu. Nul doute que les fanatiques de l’optimisation ont dû s’arracher beaucoup de cheveux en cherchant les teams les plus efficaces. Attention, ça devient passionnant. À tout cela se cumulent les métiers (une feature inaugurée dans Final Fantasy III je crois). Chaque combattant et combattante peut se voir assigner un métier (comme une classe, en fait, mais en un peu plus cool).

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, spell
Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, boss

Chaque action menée, chaque coup donné, chaque sortilège lancé en combat refile des “Job Points”, qui permettent de débloquer des aptitudes liées au métier qu'exerce le personnage sur le moment. Sur le moment, oui, car ces petits futés peuvent changer de boulot à l’envie, pour se spécialiser dans d’autres machins, tout en conservant des skills appris du métier précédent ! Il existe même des métiers avancés, qui nécessitent une maîtrise minimum en plusieurs autres pour devenir accessibles ! En tout, une vingtaine de jobs différents, plus une bonne dizaine exclusifs à des personnages spécifiques liés à l’histoire. Quatre cents skills environ en tout, pour des possibilités de synergies entre tel passif et tel buff quasiment infinies. De quoi passer des heures à peaufiner des équipes avant chaque baston. Bastons qu'on plie ensuite en deux minutes. Mais justement ! Il FAUT galérer à naviguer dans les menus, passer plus de temps à réfléchir qu'à jouer, sinon on n'a rien compris aux tactical.

D’ailleurs, je rêve d'un jeu où le seul gameplay résiderait dans la prise de tête dans des menus et rien d'autre. Chouchouter notre armée, préparer notre escouade au sourcil près, et avoir la résolution de la bagarre en un clic. Il doit bien exister quelques tarés qui ont développé un truc du style. Au-delà des stats basiques d’armure, de points de vie, de force… et du signe astrologique, les gens se jugent aussi à leur bravoure et à leur foi. J’apprends en écrivant ces mots que les hommes possèdent une bravoure plus élevée que les femmes. De base, voilà. Ça part en croisade sur Bluesky ou c’est comment ? La bravoure permet de taper plus fort avec certaines armes, d’augmenter ses réflexes défensifs, et de trouver plus facilement des trésors via une aptitude spécifique. Même chose avec la foi, mais orienté magie. Et les femmes n'ont pas une foi plus élevée (ou plutôt plus basse) que les hommes pour équilibrer les choses, et puis quoi encore ?

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, experience points
Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, preparation screen

Je passe les explications sur comment faire monter ou descendre ces deux indicateurs, ce modeste article approximatif risque de se changer en thésaurus d’encyclopédie archi chaotique. Comment écrire un truc clair et concis sans avoir réellement joué ? Pas en faisant comme moi en tout cas. Il faut juste savoir que les personnages avec une bravoure très basse ou une foi très haute vont fuir les combats, voire même fuir le jeu tout court. Facile, le couvercle de la PlayStation est grand ouvert (humour ULTRA nul). Les développeurs n’aiment pas trop qu’on croie en dieu, on dirait (et il n’aiment pas trop les lâches non plus). D’ailleurs, l’une des aptitudes utilisées pour diminuer la valeur de foi s’appelle “Enlighten”, éduquer, éclairer la lanterne, quoi. Haha ! Allez, encore une croisade à mener ; mais celle-là, je ne m’en occupe pas.

Voilà, tout ce système de progression fait tellement plaisir qu’une sorte de manière d’abuser le jeu a vu le jour pour améliorer ses troupes au maximum le plus vite possible : pendant une bataille, on les regroupe dans un coin de la carte, on leur fait lancer un max de sorts inutiles, voire même s’attaquer entre eux avant de se soigner, parce que tout ça donne des points d’expérience ! La scène se déroule sous les yeux ébahis des créatures ennemies, qui n’arriveront au contact que dans huit ou neuf tours. Voilà à quelles aberrations on aboutit en pondant un gameplay trop stylé ! Mesdames et messieurs qui concevez des jeux vidéo, prenez-en de la graine et revoyez vos compétences à la baisse, merci. Ah on m’annonce que cette tendance à la médiocrité a déjà bien pris racine depuis pas mal d’années. OK alors, ça va, mes petites nineties chéries peuvent dormir tranquille.

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, spell

Final Fantasy Classics

Si l'on excepte la tentative de censure de l'écriture inclusive plus haut, point de Nobuo Uematsu ici ! PARDON ??? Mais restez quand même, car le compositeur Hitoshi Sakimoto, que je ferais bien de connaître mieux que ça, ne se laisse pas oublier si facilement. Il a déjà bossé sur pas mal de trucs avant ce projet en particulier (Gauntlet IV, Ogre Battle, une référence dans le tactical, tiens tiens), et sa carrière a continué bien après également (Vagrant Story, Odin’s Sphere, Muramasa : The Demon Blade), jusqu’à aujourd’hui. En collaboration avec Masaharu Iwata (qui a un CV encore plus gros), il livre une B.O. dans le plus pur style JRPG de vieille console, avec tout ce que ça véhicule en termes de bonnes vibes et d’odeurs de renfermé. On se croirait parfois sur la Super NES, ce qui vaut pour l’un des meilleurs compliments possibles, de ma part. Mais mdrrrr jsuis ki, après tout. Évidemment, on pourrait souvent passer ce genre de son sur n’importe quel autre jeu vidéo de style similaire, et personne n’y verrait que du feu. Oui, et alors ? Ça reste trop génial quand même. J'argumente contre mon propre raisonnement si j'ai envie. Ça s’écoute bien, mais ça manque un poil d’identité, mais en même temps on reconnaît direct le jeu de rôle, sauf que si ça avait un peu plus de charme, on s’y attacherait un peu plus. Nan mais on ne pourrait pas autant s’y attacher si… Nouvelle auto-baffe, ça va mieux. Juste un détail que je relève en passant : je n'ai pas trouvé de super compo de malade qui emporte nos balades en forêt, et ça… ÇA ! Ça vaut presque un red flag. Alors oui d'accord, pas d'exploration, donc pas de forêt. Et que… bah non, rien. Du coup, en gros aveu de défaite, je me retrouve à choisir un hymne de baston. 

Final Fantasy Tactics (PlayStation) - Decisive Battle
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Flemmard Fantasy

Autant pour certains jeux, les recherches et l’écriture de ce genre de texte me rassurent un peu. J’arrive à me convaincre que, bon, si je suis passé à côté, c’est pas bien grave, même si je fais genre que je chouine et que je regrette pour rajouter deux lignes de texte. Autant pour FF Tactics, l’avoir regardé de haut me fout dans une de ces rognes ! Le tactical RPG aurait pu devenir mon genre préféré ! Celui qui me passionne jour et nuit, dans lequel je me serais vautré sans aucune considération pour la vie réelle. Mais ma flemme légendaire, qui peut aussi bien me faire oublier ma brosse à dents au milieu d’un escalier, que me détourner de chefs-d'œuvre vidéoludiques, en a décidé autrement.

Final Fantasy Tactics, Squaresoft, PlayStation, gif

Sérieuuuuuuux, quoi ! Voilà pourquoi ma culture du JV reste au ras des pâquerettes. Ma culture tout court, en fait. Voire même ma manière de gérer ma vie. Voilà, j’annonce : si j’avais joué à FF Tactics, je serais devenu une bien meilleure personne sur tous les plans. J'aurais mené une grande carrière professionnelle, sauvé des millions d'animaux, et fait disparaître l'extrême droite de la surface de la planète. Et ouais ! Mais j'y suis pour rien si aucun de ces heureux événements n'ont eu lieu, c'est la faute à ma flemme. Accessoirement, j’aurais kiffé comme jamais sur cette spécialisation des personnages aux petits oignons frits. Mais accessoirement, hein. Sans parler des discussions endiablées avec Randall que cela aurait engendré ; il n’attendait que ça, qu'on palabre sur la puissance des mages du temps, et il n’a reçu qu’une semi-indifférence de ma part sur le sujet. Ça fait une entrée de plus dans ma liste des choses qui auraient fait de mon enfance déjà trop bien, une enfance ultra stylée de ouf. Priorité ultra haute, tier S et tout. 

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