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Wario land : Super Mario Land 3

Suite Oubliée à tort #6

Wario Land, Nintendo, Game Boy, cover

Type de jeu

Quand le mignon jeu de plateforme se change en chasse au trésor de l’enfer pour faire l’apologie du pire capitalisme sauvage de l’univers

Date de sortie sur nos machines

Avril 1994. Nan mais 1994, c’est pas la meilleure année ? J’ai pas déjà dit ça pour 1993, moi ?

Développeur

Nintendo R&D1, les OG, la première team des débuts, les pionniers, encore très en forme en 1994.

éDITEUR

Nintendo Co., Ltd., oui bon bah eux ils sont toujours là, aucun souci.

Warioland : disponible sur… rien depuis 2012 sur la 3DS. Bon euh, ça se fout royalement du monde, là.

Sur la Game Boy de ma grande sœur Elena Vestibule, j’ai adoré Super Mario Land 1, et complètement adulé Super Mario Land 2. D’accord, je les ai pas mal lâchés quand Link's Awakening a piétiné la ludothèque de la mignonne Nintendo portable, mais ils ont gardé une place de choix dans mon cœur. Je ne crois pas avoir joué à autre chose après ce Zelda sur mon parpaing électronique préféré, ce qui prouve sans aucun doute possible que les Super Mario Land suivaient pas loin derrière. Non, ça ne prouve rien, mais je le dis quand même. J’avais ma Game Gear à l’époque, et ma Game Gear elle m’a éloigné de la Game Boy pour toujours. Autant parce que j’aimais passer du temps dessus, que par fierté d’avoir moi aussi ma portable à moi tout seul. Pour autant, je n’ai appris l’existence d’une suite à Super Mario Land 2 que, disons vingt-cinq ans plus tard. Je ne sais même plus comment. Pourquoi seulement à ce moment-là ? Parce que je ne m’informais presque jamais de rien du tout sur aucun sujet ! À part les dinosaures via le magazine du même nom. Mais même les jeux vidéo… que dalle. Je ne pense pas que ma sœur connaisse Super Mario Land 3 non plus, cela dit.

Un conflit évité par hasard

Wario Land, Nintendo, Game Boy, main menu

Sinon elle l’aurait sûrement acheté, et on aurait pu se battre encore plus pour savoir qui pourrait le tester en premier. Elle, évidemment, et j’aurais poireauté en grillant une vingtaine de piles sur Sonic Triple Trouble. Activité très respectable en soi, mais très peu utile concernant le jeu dont je souhaite parler.

Il était une fois la thune

Wario Land, Nintendo, Game Boy, bull helmet

Déjà, j’admire la prise de risque consistant à mettre en protagoniste le méchant du jeu précédent ! Chapeau, hein. Comme si on avait dû incarner Bowser en 1989 dans Super Mario Bros. 2. Ou Birdo plutôt, ou euh, un masque volant qui clignote avec une expression faciale proprement terrifiante. Bon, mauvais exemple. Qui aurait kiffé arracher des navets avec ses dents et tabasser du Maskass avec sa carapace pointue ? Moi, peut-être bien. Mais il aurait plutôt fallu une vraie suite, d’accord. J’avais juste envie de caser la réf à un autre article, en mode autopromo éhontée. Je me permets, vu qu’on va parler de Wario, aka le plus gros cassos du monde vidéoludique. En tout cas, les critiques, certes un poil moins élogieuses que pour Super Mario Land 2, laissent croire que Wario Land fait partie des sacrés bons jeux. Mais du coup, ça vaut quoi un plateformer de la licence phare de Nintendo en 94 sur la Game Boy ? Loin de la guerre faisant rage entre la Mega Drive et la Super NES, y a-t-il un trésor à découvrir dans cette petite cartouche pour la plus célèbre des consoles portables. Ouah, les phrases de rédacteur d'articles pour un site sensationnaliste financé par des pubs pour du viagra… je ressemble vraiment à ça ?

Je passe vite fait sur le scénar qui tient sur une demi feuille de fortune cookie. Suite à sa récente défaite dans Super Mario Land 2, Wario en exil va piquer le magot de pirates pour se reconstruire un château. D’accord, projet discutable, mais efficace. Au moins il ne kidnappe personne, cette fois. Il ruine juste la vie de dizaines de gangsters des mers. Bref, le voilà qui débarque dans une autre partie du monde, et qu’il se déplace sur une map ponctuée d’étapes, à savoir les stages à proprement parler. Une feature devenue limite obligatoire depuis Super Mario Bros. 3, on dirait. D’ailleurs j’aime beaucoup, donc je ne me plains pas ; je le fais juste remarquer de manière maladroite, et plein de gens vont croire que ça me gave, alors que pas du tout. Cette carte peut subir quelques modifications relatives aux méfaits de Wario, comme se faire inonder pour débloquer d’autres levels. Des levels souvent aquatiques, forcément. J’ai trouvé les décors des niveaux plutôt bien foutus, originaux et assez travaillés, notamment les backgrounds. Je n’en attendais pas moins d’un jeu estampillé Nintendo, même si plusieurs patterns se répètent un peu trop à mon goût.

Wario Land, Nintendo, Game Boy, map
Wario Land, Nintendo, Game Boy, glide

Ils me rappellent de douloureux souvenirs de James Pond 2 et ses fonds cauchemardesques. Autant dire qu’à neuf ou dix ans, je n’aurais eu aucune critique à faire là-dessus, puisque je n’ai jamais rien critiqué avant l’adolescence. Pas par bonté, juste parce que je ne savais pas faire. Pour arriver à ses fins cupides, Wario se pare de power-ups bien à lui, qui ne révolutionnent rien, mais qu’on accueille à bras ouverts. À bras ouverts équipés de bracelets de force et de gants de boxe remplis d’écrous métalliques, attention. Le casque de taureau d’abord, qui permet de déboîter les ennemis en leur fonçant dessus, et de casser des rochers aussi, indispensable pour avancer. Enfin, il nous laisse le loisir de frapper le sol pour tabasser tout l’écran d’un coup. Le casque de dragon joue le rôle de lance-flammes qui crame tout sur une courte distance en ligne droite. Enfin, le casque fusée (?), qui offre la possibilité de planer vite fait, sorte de carotte (ou radis) de Super Mario Land 2 en moins bien, et de fuser (haha) en éliminant les monstres sur son passage.

Une sorte de casque de taureau en tout pareil, en fait. Wario, en bon gros costaud avec tête de poivrot, peut aussi soulever les bestioles qui croisent sa route, pour mieux les lancer et ainsi faire des combos de kills. Comme dans SMB 2, trop bien ! On mélange tout ça aux classiques obstacles mouvants à éviter, les puits de lave à enjamber, échelles à grimper… etc. et on tient un plateformer aussi efficace qu’addictif. En 94, cette resucée de la sempiternelle recette passait encore. Je crois. Dans Super Mario Land 3 aussi, on se doit de récolter le maximum de pièces, mais pas pour cumuler les vies ! Non, juste pour acheter des trucs. Eh, enfin un peu de logique là-dedans, des pièces qui servent de vrai monnaie. Mais ne me demandez pas ce qu’on peut se payer avec, j’ai juste lu ça dans un test. On les utilise aussi pour ouvrir les portes des niveaux suivants, faisant de Wario Land le premier jeu à introduire ainsi les péages dans le monde du plateformer, quelle superbe idée bien raccord avec le penchant vorace du monsieur.

Wario Land, Nintendo, Game Boy, treasure
Wario Land, Nintendo, Game Boy, train

Est-ce qu’on reste coincé si on n’a pas assez de thunes pour sortir ? Vraiment ? Aucune idée, le playthrough que j’ai maté ne permet pas de le savoir. En même temps, ça coûte “seulement” dix pièces. Et même si ça reste dix pièces de trop, le gars que j’ai regardé jouer finit le jeu avec plus de quarante-mille, je crois. Tranquille. Il existe aussi des collectibles à récupérer via des coffres cachés dans des salles secrètes qu’on ouvre avec des clés. Eeeeet voilà. Le jeu se termine sur ce bon gros squatteur de Wario, qui se débarrasse d’un bibendum génie en guise de boss final. Nan mais sérieux, il s’incruste dans le palais d’une meuf inconnue en mode gros tocard, et la vire tout simplement de là, normal qu’elle invoque un djinn vénère. Et puis le génie devient gentil une fois qu’il a pris sa rouste, et Wario lui demande un château mais… à la place son portrait se retrouve gravé sur la lune ? Et il est satisfait ? WTF ! Quel pays de mégalos complètement barges, n’empêche.

Gros sabots et jolis grelots

Point de Kazumi Totaka aux manettes de la B.O., cette fois ! Le projet revient à deux autres employés de Nintendo : Ryoji Yoshitomi et Kozue Ishikawa, qui ont touché un peu à tout à travers les âges (le premier plus que la seconde, quand même). Et du coup, ça sonne comme un Super Mario Land ou pas ? Euh, ouais ! Et comme un Mario mitonné par Koji Kondo ? Ouais aussi ! Bon, en général la rythmique me paraît beaucoup plus lente, et on entend tout un tas de nuances qui illustrent bien le fait qu’on incarne un méchant. Certaines compos lorgnent plus du côté d’un Zelda (Stage Theme II, par exemple), ou d’un Alex Kidd sur Master System (S.S. Tea Cup), mais c’est très subjectif, hein. J’ai quand même découvert des instrus que je ne pensais pas pouvoir sortir d’une Game Boy, comme les bruits métalliques de Stage Theme VII, ou la percussion qu’on entend tout au long de Mt. Teapot. Non pas que je sois un expert de cette console, mais je trouve qu’on jongle entre la nouveauté et la familiarité dans un équilibre plutôt bien trouvé. J'ai recommencé avec mes tournures de branlos qui se croit journaliste. Je ne fais même plus exprès, c'est terrible.

Wario Land (Game Boy) - Stage Theme 1
00:00 / 01:45

The Multiverse of MadNES

Pauvre Wario viré de son château par Mario dans l’opus précédent ! Évidemment que j’aurais voulu lui filer un coup de main pour qu’il trouve un foyer à la mesure de son narcissisme, aussi crapuleux soit-il. Mais bon, en prenant cette voie, j’aurais sûrement moins joué à Link's Awakening et ça, juste pas possible, quoi !

Wario Land, Nintendo, Game Boy, gif

Et même si j’aurais adoré profiter plus que ça de la Game Boy, quid de ma pauvre Game Gear, alors ? Aurait-elle reçu encore moins d’amour de ma part ? Non, rien que d’imaginer un scénario si atroce pour elle, j’en ai les lèvres qui tremblottent de chagrin. Mais dans un monde parallèle où ma chambre aurait abrité NES, Super NES et Game Boy au lieu des consoles SEGA, oui ! Wario Land aurait tourné et retourné pendant longtemps. Puis j’aurais acheté une N64, et une GameCube, et j’aurais décidé de me lancer dans la compétition en ligne sur Mario Kart 64, et potentiellement Double Dash. Aujourd’hui, je vivrais seul avec mon volant branché sur une Switch 2 en espérant gagner une course en ligne sur Mario Kart World. Avec Wario en pilote, bien sûr. Bon, mis à part quelques détails, elle me plaît bien cette idée de monde parallèle, tiens.

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