top of page

Wing Commander IV

Jeu Pas fini du tout #7

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

Type de jeu

Meilleur substitut aux jeux vidéo Star Wars, et aux films aussi. Sans Jedi, mais avec des Wookies quand même ! À peu près.

Date de sortie sur nos machines

Février 1996, un an avant la sortie de l'Édition Spéciale de Star Wars au ciné. Voilà de quoi patienter !

Développeur

ORIGIN Systems, Inc. qui n’a rien de moins donné vie à la saga Wing Commander, mais aussi d’Ultima.

éDITEUR

Electronic Arts, Inc. qui n’a rien de moins ôté la vie à tellement de beaux projets vidéoludiques, mais pas celui-là, au moins.

Wing Commander IV : disponible sur GOG, et sur le site d’EA ! Ils ne l’ont pas oublié ! HA !

J'ai très peu utilisé le joystick dans ma vie ; tout juste pour me prendre des raclées à Wipeout et me crasher tout seul dans EF-2000. Mais quand Wing Commander IV a posé son icône sur le bureau Windows du PC de beau papa, mon temps de manipulation de ce manche à boutons et ventouses a plus que doublé. Je n'avais rien demandé, j'écoulais déjà bien assez d'heures de jeu sur Worms et Command & Conquer comme ça. Mais le beau-père devait secrètement se fournir en conseils d’achat chez son neveu Walter Valise pour dégoter des réfs aussi cool. Il n'y jouait jamais, ce qui m'arrangeait comme peu de choses m'arrangeaient dans ma vie. Et je me retrouvais vissé sur la chaise de son bureau, accro à cinq jeux différents à la fois, et lui qui cherchait à me virer de là par tous les moyens. Bah arrête d’acheter des jeux, crétin ! Et j'arrêterai fatalement de me jeter dessus, abruti ! Bon euh, je parlais du joystick à la base. C'est avec Wing Commander IV que j'arrivais à m'en servir sans ruiner mes chances de victoire au bout de cinq minutes. Et ça m'a plu, de me balader dans l'espace en flinguant des dizaines de vaisseaux ennemis ! J'ai même réussi à aller jusqu'au bout, bordel ! Enfin presque, techniquement oui, mais en fait pas vraiment. La présence de Mark Hamill placardé en gros sur la boîte a bien aidé, vu que je surkiffais Star Wars à cette période.

Jamais deux jeux sans trois joysticks

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

En tout cas, ça aurait pu augurer le début d'une longue carrière pour ce gadget mal foutu appelé joystick. Mais non, je n'y ai quand même plus jamais touché une fois Wing Commander IV terminé. Pas plus que je n'ai rejoué à un seul Space Opéra. Il faut croire que j’avais bouclé une boucle, pour mieux revenir à mes obsessions habituelles, comme les RTS et les mélanges bizarres de céréales dans mon bol au petit déj.

Bifurcations supraluminiques

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

De l'histoire, je me rappelle qu'on sert dans l'armée terrienne, et qu'on vient de gagner une guerre contre de féroces ennemis nommés Kilrathis. De gros humanoïdes poilus, moitié mignons, moitié ridicules. On m’aurait assuré que des gens avaient acheté des costumes de Chewbacca à la Foir'Fouille, j’y aurais cru. La victoire acquise de justesse a laissé de sacrées séquelles, et il me semble que les tensions entre les deux civilisations restent très présentes. Pour écrire la suite de l'aventure, on incarne donc Mark Hamill, héros militaire de Wing Commander III, devenu fermier pour laisser les horreurs des conflits armés derrière lui. Pourquoi les héros de guerre se convertissent toujours dans un métier bien manuel quand il n'ont pas crevé au combat ? Je ne méprise pas les fermiers, au contraire, mais justement, on met un peu leur statut au même niveau que “retraité de guerre”. Pas cool, hein. Peu importe, car évidemment, on le somme de reprendre du service, suite à l’attaque d’un convoi de civils par une mystérieuse force armée. On alterne alors entre séquences de dogfight spatial, et scènes de vie / dialogue en FMV.

Il fallait six CD-ROM pour stocker tous les petits fichiers vidéo ; de sacrées aberrations quand même, ces jeux. J'ai connu SWAT dans le même genre, mais pas le même style. Phantasmagoria aussi, encore moins le même style. Bref, on nous laisse souvent le choix d'orienter les conversations, ce qui influence les réactions des autres personnages, et le déroulement du scénario. Je me souviens qu'à un moment, il faut décider de rester fidèle à notre amiral, qui a pété les plombs et veut éradiquer tout ce qui bouge dans la galaxie, ou faire sécession et rallier les Kilrathis. J'ai bien sûr choisi la seconde option, en bon animaliste de canapé que je suis. Si on parvient à débloquer la bonne fin, en réussissant suffisamment de missions et en faisant les bons choix, ce gros taré de Geoffrey Tolwyn (magnifiquement incarné par Malcolm McDowell) finit en taule pour ses exactions.

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts
Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

Et il se pend dans sa cellule, oulà. Dans le cas contraire, c’est notre personnage qui termine exécuté pour trahison. Bon, je passe les mille et un rebondissements dont je déplore à peine me souvenir, mais qui apportent pas mal de subtilité à une trame qui paraît simpliste. Base facile à comprendre, et plein de petits virages scénaristiques autour, j’adorais ça. Et le méchant amiral joue très bien l'antagoniste cinglé qui veut conquérir l'univers entier à base d’humains génétiquement modifiés. Décidément, il aime bien jouer des zinzins, cet acteur. J'imagine qu'on peut refaire le jeu depuis le début et l'accompagner dans sa descente aux enfers. Perso je n'en ai pas eu le courage, mais je salue le gros boulot des devs, qui m'ont donné l'opportunité de le faire. Si on veut regarder l'entièreté de notre film interactif, il faut passer par la case bagarre ! On pilote un petit vaisseau de chasse et on dézingue les ennemis, en choisissant notre bras droit escorteur avant chaque virée dans le vide spatial.

Perso, je prenais toujours Catscratch, incarné par Mark Dacascos. J'adorais ce mec, que j'avais vu dans Crying Freeman, je crois. Et c'est tout. Je l'ai encore plus adoré après Wing Commander IV. J'avais un crush sur lui, je pense. Sans savoir que je pouvais avoir des crushs sur des mecs, mais avec le recul, si si, c'était bien un crush. Autant vous dire que j'ai éprouvé un seum pas possible quand il crève lors d'une mission. Peut-on le sauver en fonction de la façon dont on gère ce moment critique ? Si oui, je rachète le jeu direct (j’ai fouillé un peu sur quelques vidéos, et oui, on peut le sauver. Bon eh bah direction GOG.com) ! En tout cas, si j'ai bien aimé la prise en main des vaisseaux et le système classique de pew-pew dans bouclier d'énergie suivi de missile dans ta tronche, j'ai encore plus aimé qu'on puisse customiser son chasseur, mais aussi qu'on puisse en changer en cours de partie !

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts
Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

Je me rappelle galérer comme pas possible contre des ennemis devenus ultra forts d'un coup, découvrir que je pouvais monter dans un bestiau armé de canons à tachyons ou je sais pas quoi, et DÉBOÎTER tout le monde en deux deux. Hahahahahahah !! Bande de crottes congelées dans le cosmos infini ! Vous faites moins les malins ou quoi ? Ouais j'ai failli devenir tueur en série après ça. Et alors ? Heureusement que les vaisseaux spatiaux n’existent pas encore. En même temps, pendant une bonne partie du jeu, on se tape contre des gros fachos qui ne font que nous insulter de race inférieure (ils vannent des humains comme eux en plus, pas des Kilrathis, hein). Forcément, on les bute avec un petit sourire dément et des yeux relativement injectés de sang. Je parle beaucoup des vaisseaux, mais niveau ambiance, euh… l'espace dans un jeu vidéo de 1996, ça ne fait pas hyper rêver.

On avait déjà l'écran de veille Windows 3.1 pour se perdre durant des heures dans un torrent d'étoiles. Parfois on voit une nébuleuse au loin, ou une planète beaucoup moins loin. Ça ressemble au vrai univers, cela dit, très vide la plupart du temps. Les modèles 3D des vaisseaux affichent dix polygones, mais je m’en contentais largement. Nos yeux parfaitement adaptés aux horreurs en trois dimensions repéraient les nuances sans souci. Restent les phases déroulant le scénario, la plupart du temps à bord des gros croiseurs, où les décors tout bricolés se voient un peu trop, mais c'est rigolo. Il parait que le tout a coûté plus de dix millions de dollars, un record de budget pour un jeu vidéo à l’époque. Pas si bricolé que ça, en fin de compte. On déambule dans un rafiot tout propre et aseptisé, et on déambule de moins en moins sereinement au fur et à mesure que l'histoire avance. Je n'ai plus des masses de souvenirs précis des conversations que menait ce brave Mark avec les autres passagers, mais on sent bien que l'équipage galère au bout d'un moment.

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts
Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

Les gens ne dorment plus, ils font la tronche… et pètent des plombs, donc (rapport à l'amiral fou furieux). Ça ne s'arrange qu'une fois le croiseur intersidéral de la confédération terrienne mis hors d’état de nuire, lors du climax final. Par nous, bien sûr. Franchement, j'ai essayé de le détruire à la loyale. Pas réussi, le machin possède je ne sais pas combien de dizaines de batteries laser, laisse tomber. J'ai dû taper un code pour me rendre invincible. Et même là ça m'a pris pas mal de temps. Voilà pourquoi j’ai dit que j’avais terminé le jeu, mais avec quelques entorses au règlement. J'aimais bien cette tension palpable qui montait dans le convoi, en tout cas. Tout comme le moment où on réussit une mission et que le stress s'évapore. Mais bon,c'est propre à plein de jeux tout ça. Une ambiance un peu plus unique, voilà peut-être ce qui manquait à ce Wing Commander IV pour que je l’idolâtre encore plus. 

On a perdu Glorieux George

Je m'excuse auprès du compositeur George Oldziey, dont j'ai adoré les créations durant mon épopée spatiale. Vingt ans plus tard, tout content de les intégrer à ma playlist nostalgique des JV, je me suis vite retrouvé à les zapper en grognant “Oh non, pas lui” comme dans Le Grand Détournement. Je le fais encore presque à chaque fois que je tombe dessus aujourd’hui. Aucune idée de pourquoi ! Et que pour ce jeu en plus ! Ah non, James Pond 2 et Theme Park subissent le même traitement aussi, mais là c'est normal. Pourtant, la musique orchestrale épique, j'aime beaucoup. Je ne coupe jamais celles de Total Annihilation, par exemple. Alors désolé George. C'est pas toi, c'est moi. Je préfère toujours écouter autre chose à la place de tes bangers symphoniques, bizarre quand même. En plus, les morceaux réussissent à bien s'intégrer dans les scènes d’espace, sans pour autant lorgner vers le plagiat de Star Wars. Ça devrait jouer en leur faveur, mais non. J'ai envie de les aimer comme avant, mais ils me saoulent, ces morceaux. Parce qu'ils dégagent des relents aseptisés, eux aussi ? Possible. J'en sais rien, ça me passera sûrement, allez.

Wing Commander IV (PC) - Inflight Music 1
00:00 / 03:40

Trou noir mémoriel

Je n'arrive pas à poser de tranche de vie précise sur ce jeu. J'ai pourtant passé un paquet de temps dessus. Je me rappelle bien avoir squatté l'ordi à l'époque où il était installé au pire endroit de l’appartement : la chambre de ma mère et mon beau-père. Mais l'envie de jouer restait plus forte que le dégoût provoqué par cette pièce, dont je n'avais pas encore saisi toute la crasse. Malgré tout, pas plus de détails à donner que ça. Cette espèce de black-out émotionnel affecte d'autres titres que j'ai adorés, et tous plus ou moins expérimentés à cette époque, entre 96 et 98, on va dire.

Peut-être que des brutasses vidéoludiques ont phagocyté toute la nostalgie que l'esprit humain puisse générer. Des aberrations qui ont crevé les plafonds de la bangeritude, telles que Warcraft II, Diablo, Civilization II, Age of Empires, Duke Nukem 3D, Z, C&C Red Alert et j'en passe ! Comment voulez-vous ressentir la moindre parcelle de mélancolie pour d'autres jeux un tout petit peu moins bien fichus, quand se dressent en face des mastodontes pareils ? Même les deux Mark de Wing Commander IV n'ont rien pu faire pour y remédier. Ça restera un jeu dont je tire une certaine fierté d’avoir vu la fin (même en trichant), mais que j'ai oublié trop vite. On n'en fait plus des comme lui… J’ai appris que des fans bossaient sur un remaster, pour une refonte graphique totale des assets 3D et des fichiers vidéo. Bah ça me redonnerait presque envie d’y rejouer, tiens.

Wing Commander IV, PC, Windows, Origin, Electronic Arts

Retrouvez les publications de Wing Commander IV sur les réseaux !

  • Instagram
  • Facebook
Bluesky
bottom of page