top of page

Thunder FOrce II

One-Shot De ouf #7

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, cover

Type de jeu

​Un pas de côté, un pas au-dessus-heu ! Un pas au-dessus, un pas dl’autre côté ! Sauf qu’on remplace les pas par des rayons laser, normal.

Date de sortie sur nos machines

J’ai vu passer l’info comme quoi il faisait partie des jeux disponibles au lancement de la Mega Drive en Europe. Donc euh… Septembre 1990 ? Novembre ?

Développeur

Technosoft Co., Ltd., qui vécut deux longues décennies, avant de disparaître pour toujours en 2001.

éDITEUR

SEGA Enterprises Ltd., Et y a des moments où je ne sais vraiment plus comment présenter ce genre de boîte.

Thunder Force II : disponible sur Switch via le téléchargement de la Mega Drive virtuelle. Pas plus ? Pas plus, mais on a déjà vu pire pour des trucs plus connus.

Je considère Nelson et Mortimer Paprika, mes voisins ultra branchés, comme les meilleurs professeurs en analyse approfondie des aspects jubilatoires et extatiques du jeu vidéo qu’il ait pu exister au monde. BAC+7 geekerie administrative et sociale à onze ou douze ans, les mecs. Mais mon cousin Walter Valise les surpassait encore, évidemment. Cependant, ils possédaient un avantage indéniable sur lui, un avantage appelé Mega Drive. Et un autre encore plus stylé : ils me prêtaient des cartouches. Ils finissaient aussi les jeux qu’ils m'empruntaient, ou acceptaient de m'avancer un peu si je me retrouvais bloqué. Si Dragon’s Fury restera à jamais la tuerie suprême que j'aurai réussi à leur subtiliser pendant quelques mois, j'ai quand même pu tester d'autres trucs bien cool, comme Kid Chameleon, Toejam & Earl, ou Thunder Force II. Celui-ci, je le trouvais au moins aussi stylé que le Super R-Type de la Super NES (je manquais peut-être un peu de recul), mais au moins aussi dur (je manquais peut-être un peu de compétences). J'ai quand même essayé de me faire les dents dessus en l'emmenant chez moi, mais j'ai lâché assez vite, malgré mon attirance prononcée pour son avalanche de couleurs et d'explosions. Je préférais observer mes voisins, bien meilleurs que moi, cajoler leur petit vaisseau en faisant pleuvoir mille milliards de kilotonnes de missiles sur ses ennemis.

Jeu de tir aux deux premières personnes

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, menu

Et puis je rentrais à ma maison, en me faisant une petite partie de flipper gothique virtuel (Dragon's Fury donc, pour les lapins de six semaines nés de la dernière pluie parmi vous), et en me persuadant que Thunder Force II me sortirait de la tête en cinq minutes. J'avais tort, vu que j'y pense encore aujourd'hui. N'empêche, ça m'aurait fait un meilleur CV en shmups d'avoir persévéré dessus. R-Type Delta, U.N. Squadron, Bomber Raid et rien d'autre ou presque, ça fait un peu juste.

Nova mentale

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, stage 1

Thunder Force II ne ressemble à aucun autre jeu de tir de vaisseau spatial futuriste. Précisément, il ressemble à deux jeux à la fois : un en vue de dessus, un en vue horizontale, en alternance à chaque stage. Une sorte de transition entre le premier opus de la licence, uniquement de dessus, et le troisième, uniquement de gauche à droite. Entre faire évoluer son concept avec maestria, et tout fiche en l'air sans avoir pu se décider, la frontière peut parfois sembler fine. D'ailleurs, ça ne m'a pas marqué tant que ça, ce double standard. Quand j'ai voulu écrire sur Thunder Force, impossible de me souvenir auquel j'avais joué. J'ai fini par retrouver grâce à la voix métallique (et plutôt très rouillée), qui nomme l’arme que l'on récupère en fonçant sur une capsule. Bon, les trois titres présents sur la Mega Drive possèdent cette feature, pratique. Mais je me rappelle surtout d'un mot en particulier : Nova. J'adorais ce terme, étant gosse.

Peut-être grâce aux étoiles qui explosent en supernovae, et qui me fascinaient dans les bouquins d’astronomie, mais plus probablement grâce aux yaourts. J'ai totalement bloqué sur ce mot quand je l'ai entendu dans le jeu. Et pour le coup, il n'existe que dans Thunder Force II. Dommage, j'aurais préféré parler du IV, mais j'ai promis de ne rien inventer, tant pis. Alors, il se passe quoi, dans Thunder Force II ? Un méchant empire à construit un immensément énorme vaisseau très dangereux qui détruit les planètes des gentils. Alors les gentils construisent un tout petit vaisseau pour l'éliminer. Illogique et aberrant ? Bah non. Vous ne connaissez pas David contre Goliath ? Vous avez forcément vu ce chouinard de Frodon en DVD édition collector version méga longue director’s cut pas du tout coupée, ou peut-être lu cet affreux et horripilant Chninkel en bande dessinée ?

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, side-scrolling
Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, trop-down view

Et dans n'importe quel jeu de tir, voire même de jeu vidéo tout court, c'est toujours plus ou moins ce qui se passe. De quoi on aurait l'air en plus, à piloter un immense croiseur incapable de prendre un virage sans se taper contre une chaîne de montagnes tout entière ? Quoique… en travaillant sur un concept adapté, ça pourrait avoir de la gueule. Bon euh, revenons à notre scénario. Bidon ? Ouais. S'en tape-t-on le coude sur le cockpit ? Complètement. Du côté des graphismes, hmmmmpfuuh. Pas ouf, hein. OK, le jeu date de 1988, le pauvre. Il avait déjà deux ans quand la console a envahi nos chambres d'européens. On grince d'autant plus des dents lors des phases vues du dessus. Non seulement ça a mal vieilli au niveau de la finesse, mais ça ne propose pas énormément de diversité non plus. J'ai l'impression de traverser des variantes du même décor, à quelques détails près, et dans les mêmes tons ocre, bordeaux, marron kaki et caca d'oie.

J'ai d'ailleurs appris aux environs de 2016 qu'on n'écrivait pas caca doigt, ce coup au moral, sérieux. Par contre, j'ai cru voir des petites similarités graphiques avec d'autres choses déjà connues. Technosoft a aussi développé Dragon’s Fury, tiens. Voilà d'où vient mon impression. Un exemple à la fois archi spécifique et ultra inutile ? La gemme rouge incrustée dans le premier boss de stage horizontal de Thunder Force II et celles du special stage 3 de Dragon's Fury ? Les MÊMES ! Bon, il faut bien chercher pour trouver des animations à certains vaisseaux ou boss ennemis, la plupart n'effectuent que des translations sans vraiment bouger. Et toujours pendant ces sempiternelles phases en vue de dessus, notre chasseur tourne à quatre-vingt-dix degrés en une frame, sans même pouvoir ralentir ni rien ! J'imagine même pas les G que se prend le ou la pilote. Même pour 1988, une animation sans aucune transition, ça pique un peu.

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, tank boss
Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, ruins

Roooh allez, c'est pas grave, il y a encore plein de features époustouflantes à mentionner ! Certes, les sessions en point de vue vertical ressemblent parfois à des errances fastidieuses, dans lesquelles trouver la sortie peut conduire à un arrachage de cheveux conséquent. Mais en plus d'offrir pas mal d'originalité grâce à l'alternance avec les parties shoot horizontal, elles s’axent plus sur l'exploration que le défonçage pur et simple des adversaires. Enfin, elles ajoutent un peu d'exploration au défonçage. Et puis elles nous mettent un panel d'armes différent à disposition. Je trouve la gestion de cet arsenal bien fichue, d'ailleurs. Une fois qu'on débloque un nouveau type de munitions, on le garde pour toujours ; tant qu'on ne perd pas de vie en tout cas, et on peut l'utiliser à volonté. Pas d'histoire de capsule bonus qu'on attrape sans faire exprès et qui remplace notre rayon laser préféré par un tir tout éclaté.

Apparemment, se cantonner au Hunter, qui envoie des disques bleus lumineux se diriger seuls vers les cibles, reste la meilleure option pour espérer progresser dans ce jeu, c'est en tout cas ce qu'ont fait les trois ou quatre joueurs auxquels j'ai accordé de l'attention sur YouTube. Mais au moins, on nous laisse décider, libre à nous d'utiliser d'autres munitions pour perdre encore plus vite, après tout. Ajoutons à ça un système d’upgrade des dites armes, la possibilité de faire tournoyer deux sphères protectrices autour de nous, et un rythme qui m'a l'air sauvagement frénétique, pour ne pas dire en méga surchauffe, bah y a de quoi s'amuser un peu quand même. En tout cas ça m'allait très bien à six ou sept ans. Je crevais en deux minutes et je laissais Nelson ou Mortimer réparer les dégâts, mais ça suffisait à me convaincre que je passais un bon moment.

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, laser

Screamer Forge 2

Autant dire que si je ne me rappelais rien d'autre que du mot “Nova” dans ce jeu, j'ai tout oublié de l'O.S.T. également. Elle nous vient de Tomomi Otani, qui a ni plus ni moins composé la musique pour Thunderforce III de la Mega Drive, les Herzog, et les Thunderforce de la Saturn, tout chez Technosoft, tout en shmup. Eh bien, un grand bravo ! On sent que ça triture la Mega Drive et ses sonorités capricieuses pour la première fois ou presque. Du métal crissant et des objets rugueux qui frottent sur d'autres objets rugueux, on en entend un paquet ! Et pourtant… bah je trouve que ça passe. Dans ce cas précis, ça reste ultra cohérent avec l'univers en total surrégime de ce jeu, qui nous embarque dans plusieurs mondes saturés de tubes, plaques, plateformes, barrières… chenilles géantes ? On y côtoie de l'acier corrompu ou du titane malade à foison ; les compos brutes à l'efficacité primaire ne pourraient pas mieux accompagner ce genre d'expérience assez unique en son genre, même pour un shoot spatio-futuriste. En fait, Tomomi Otani a réussi par je ne sais quel miracle à rendre cool tous ces sons si souvent moqués par les détracteurs de la console. Je vous jure, il y a un morceau que j'aime vraiment, vraiment bien. Sans l'aide de mélancolie, sans le soutien des souvenirs de gosse. Je le trouve génial malgré tout. Un exploit réalisé par une poignée de jeux à ce jour, tels que Chrono Trigger ou Streets of Rage 3. Pour ceux-là, on peut comprendre assez facilement l’attrait que produit leur O.S.T. sur l’être humain. Quoique ça se discute pour Streets of Rage 3. Mais pour Thunder Force II, c’était loin d’être aussi évident. Et pourtant… bien ouèje mon pote Tomoni. Poto Tomoni ? Potomoni, allez.

Thunder Force II (Mega Drive) - Exceed
00:00 / 02:25

Novastalgie

Évidemment, depuis que Thunder Force III et IV existent, difficile de tenir la comparaison. Pourquoi la Nova n'existe pas dans les suites, bordel de bon sang de cosmos ? Ça m'aurait permis d'écrire sur l'une d'entre elles à la place. Il doit bien se trouver sur Terre quelques irréductibles pour vanter la caméra lunatique du II, mais à mon avis, une bonne partie d'entre eux cherche juste à faire un concours de qui a la plus grosse nostalgie. Individus à fuir d'urgence. Bouh ! Arrêtez de faire comme si votre enfance était plus cool que celle des autres ! Ça n'intéresse personne ! Je le sais bien, j'ai écrit des dizaines de textes où je hurle que mes expériences vidéoludiques de gosse valent tout l'or monde. Et qui s'en soucie, hein ? Trois personnes encore plus barrées que moi, pas plus ! D'accord, la victimisation et le rejet de la faute sur les autres, ça fonctionne encore moins.

Là aussi, je revendique une certaine maîtrise du sujet. Il n'empêche que d'après les micro-bribes de mémoire restant associées à Thunder Force II, j'ai adoré.Peut-être parce que ça me rappelle d'autres moments super cool avec mes voisins, comme quand on regardait des films et que Mortimer me cachait les yeux à chaque scène trop flippante ou trop érotique pour moi (regarder Elvira à six ans, un peu juste). Ou quand il dessinait des Fido Dido à la craie par terre devant chez lui, ou quand Nelson ouvrait la porte de la cabane du jardin, l'air super déter, un bâton à la main pour combattre les fantômes qu'il y avait dedans… les meilleurs voisins de la Terre, en vrai. À part ces quelques parties qui me faisaient mordre la poussière, je n'ai jamais joué à aucun shmup sur Mega Drive. Incroyable quand même, y a des novae dans la tronche qui se perdent.

Thunder Force II, Mega Drive, Technosoft, Sega, gif

Retrouvez les publications de Thunder Force II sur les réseaux !

  • Instagram
  • Facebook
  • X
Bluesky
bottom of page