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Gran Turismo 2

Jeu doudou éternel #7

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Type de jeu

Vitrine géante servant à afficher ses bagnoles virtuelles. Accessoirement jeu de course, mais vraiment histoire d’encore plus afficher ses voitures virtuelles après !

Date de sortie Sur NOS MACHINES

Janvier 2000, en vrai ça allait encore sentir très fort les nineties pour une bonne partie de l’année.

Développeur

Polyphony Digital Inc., qui vient à peine de s’émanciper de Sony.

éDITEUR

Sony Computer Entertainment Europe Ltd., qui… euh, bah n’en a pas voulu à Polyphony de se barrer, visiblement.

Gran Turismo 2 : disponible sur rien d’autre que la bonne vieille PS1. Bah ouais, avec tous les suivants qui sortent encore, ça m’aurait étonné.

J’ai mis du temps à découvrir Gran Turismo premier du nom. La faute à l'acquisition très tardive de la PlayStation chez ma maman, et au fait que ce n'était pas ma console, je n'avais pas encore trop le droit de faire ce que je voulais avec. Alors je me jetais à corps perdu dans les jeux PC, en espérant ne pas trop entendre d'histoires énamourées de potes qui vivaient leur meilleure vie sur telle ou telle dinguerie sur la machine de Sony. Fort heureusement, beau-papa appréciant les grosses caisses et ayant vu le jeu tourner chez mon pote Lionel Mortadelle, il l'a acheté et a réuni tout le monde devant la télé pour nous montrer un “vrai jeu de simulation de course”, et pas tous ces machins pas réalistes du tout. Je n'ai jamais su à quels titres ils faisait référence en parlant de ces machins pas réalistes du tout, mais visiblement ça le chagrinait pas mal. Il a surtout lu la phrase écrite sur la boîte et rien d'autre, cet idiot du village. Ma mère a quitté la pièce sans un mot avant même la fin de l'intro ; au milieu de la première course, ma petite soeur Rebecca s'est rassise devant l'ordi pour lancer Adibou 2 ; et Elena l'aînée, euh je crois qu'elle ne devait même pas se trouver dans l'appartement. Bref, j'ai supporté seul la présence du beau-padre, envoûté par ce nouveau banger vidéoludique.

Premier sur le deuxième

Gran Turismo 2, Sony, PlayStation, Polyphony, menu

J'avais moi aussi déjà succombé en voyant Lionel faire fumer le bitume au volant de sa Castrol Supra, la meilleure voiture du jeu selon ses dires. Bref, un an plus tard, j'ai frôlé la perte de raison quand le second opus a vu le jour. Cette fois, pas question de le regarder de loin pendant des mois, je l’ai acheté direct (enfin, dès que j’ai pu, en version Gold ou Platinum, un truc comme ça). Et pour me venger de ne pas avoir eu la primeur sur le 1, j’allais m’abrutir devant de le 2 comme jamais !

Double injection de contenu

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Ça partait mal pourtant. Je n’ai jamais trop aimé les jeux de course. Avant de tomber dans la marmite GT, bien avant de découvrir Mario Kart 64, j’avais un peu rigolé en éclatant de la carrosserie sur Destruction Derby 2 (version PC, vu que je n'avais pas de PS1, CQFD), et je m’étais surtout fait mille fois massacrer par l’IA de Super Monaco GP sur Mega Drive. Je répondais beaucoup plus présent devant les RTS et les jeux de gestion, où les tanks roulaient quand même vachement moins vite. Oui d'accord, les motos du Nod de Command & Conquer battraient une Toyota GT One tous les jours, de même que la moitié des avions de Total Annihilation. Mais en fait, Gran Turismo tient beaucoup plus de la gestion qu’on a voulu nous faire croire ! Qui a voulu nous faire croire quoi que ce soit ? Personne, je m’invente juste des révélations pour me convaincre moi-même de… bah de je ne sais pas quoi non plus. N'empêche qu'un simple jeu de course, aussi proche de la simulation soit-il, ne nous laisserait pas nous perdre dans un océan de modèles et de marques, cinquante types de jantes, dix types de freins ou de suspension différents !

Les courses n’existent que pour rapporter du fric, qui nous sert à son tour pour bichonner nos nouvelles caisses avec les améliorations qu’on vient de leur apporter. On nous propose des permis à passer, différents championnats plus ou moins restrictifs et compliqués, mais le cœur du truc, l'essence ultime du concept, c’est bien de se faire un garage composé des voitures les plus dingues de la création, rien que pour se la raconter. Et dans le second opus de la franchise, on croise beaucoup, beaucoup de caisses de taré. Beaucoup de carrosseries flinguées aussi, comme tel modèle de 91 en 1.6L, et le même, mais de 92 en 1.8L. Mais concentrons-nous sur les caisses de taré. Non seulement venues du Japon comme dans le 1, mais aussi d'Europe et des États-Unis ! À nous les Aston Martin, Chevrolet, Porsche (renommées RUF sans doute pour une histoire de droits) ainsi que… Fiat et Peugeot, bon. Mes préférées ? La Cerbera LM Edition, la Viper GTS Team Oreca, la Lancia Stratos, la Mitsubishi 3000GT LM Edition 99, et à peu près toutes les Nissan Skyline du jeu.

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Gran Turismo 2, Sony, PlayStation, Polyphony, Escudo

Après ça, mon objectif de vie fut d'obtenir une Skyline une fois adulte. Puis je suis devenu adulte, et j'ai arrêté de faire mon kéké jacky tuning, alors j'ai hérité de la Fiat Panda des voisins Nelson et Mortimer Paprika. C'était moins cool que Dragon’s Fury sur Mega Drive, quoique… selon le point de vue, ça pouvait rivaliser. Donc, j'adorais collectionner les voitures, mais j'adorais encore plus les booster au max, et encore encore plus les magnifier par la feature ultime : la modification course, qui ajoutait un aileron, des spoilers et des stickers. Une majorité de bagnoles disposait de cette option, même les carcasses les plus éclatées, et ça les rendait toutes trop BELLES ! Ouais, même une veille Sedan marron sur laquelle on collait des bandes marron un peu plus clair. Je n'ai jamais su si ça boostait les performances, mais si j'apprends un jour que non, un pan tout entier de mon existence s'effondrerait. 

Avec toutes les améliorations poussées à fond, on atteignait parfois des valeurs absolument délirantes, dans les 900 chevaux ou plus encore. Heureusement, le gros défaut de Gran Turismo 1 à été viré, celui à cause duquel nos aberrations de puissance mettaient hyper longtemps à démarrer. Ouais, en réfléchissant encore deux minutes de plus, on comprend qu'on n'a même pas droit à un jeu de gestion, mais juste de collection. Un genre de Dokkan Battle avant l'heure, des fusées à quatre roues à la place des Super Saiyans, dans lequel 5% du contenu que l'on possède suffit à régler son compte au contenu du jeu. Dommage que notre hangar ne dépasse pas les cent places. Je l'ai d’ailleurs appris à mes dépens, alors que j'avais décidé dans un élan de folie cupide (la même qui me prenait déjà dans U.N. Squadron), d'acheter le millier et quelques de voitures qu'il existe dans le jeu. Je pense que la tronche déconfite que j'ai tirée quand j'ai lu le message en question valait le détour. 

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Gran Turismo 2, Sony, PlayStation, Polyphony, Skyline

Heureusement, personne n'a vu. Un achievement imaginaire de plus à virer de ma wishlist idéale. Quelle déception. “The Real Driving Simulator”, qu’il y a d’écrit en gros sur la boîte. Haha ! On y croyait vraiment à l’époque. Même en 2000, ce slogan nous mentait éhontément au visage. Quand on peut gagner un championnat entier en longeant les murs à 250 km/h, y compris dans les épingles à cheveu, et ce sans faire exploser notre TVR Speed 12, il y a matière à attaquer les développeurs en justice pour publicité mensongère. Mais bon, on s’en foutait avec les potes, ça nous faisait marrer, et ça nous permettait d'engranger de la thune sans trop se fatiguer. Ça n’a pas empêché la licence de s’imposer comme la référence suprême pendant des années, et un bon paquet de jeux s’inspirèrent de GT pour espérer tenir la route (eh, blague de pilote ou quoi ?).

Ce jeu a aussi causé des séquelles chez moi. Alors que je considérais toutes les bagnoles comme d’éternelles variantes d’un même cube métallique jusqu’alors, j’ai développé une sorte de sixième sens me permettant de reconnaître la marque et le modèle de n’importe quelle voiture croisée dans la rue, et ce en une fraction de seconde. Ça m'a aussi rendu débile au point de voler un magazine de tuning dans une supérette de camping, pendant des vacances d'été. Le seul truc que j'ai volé de ma vie : un magazine de tuning, avec une Golf IV vert fluo et un bas de caisse dix centimètres sous le niveau de la mer. Y a de la tristesse et du mal être là-dedans, je vous jure. J'aurais peut-être dû jouer aux Sims au lieu de me moquer de ma petite sœur Rebecca quand elle tentait de bâtir une maison qui ne prendrait pas feu à la moindre occasion. Cela m'aurait potentiellement rendu irréprochable sur la manière de gérer ma vie, tiens. Ou j'aurais fini agent immobilier ultra corrompu, faut voir.

Gran Turismo 2, Sony, PlayStation, Polyphony, Ford GT

Deux roues motrices

Ce jeu dispose de deux facettes sonores bien distinctes. La première regroupe les musiques d’ascenseur qui accompagnent le joueur à travers les différents menus. Ça fait partie de l’identité un peu attendrissante de Gran Turismo, pour rester gentil. J'ai fini par m’y attacher, mais je mentirais en déclarant qu'elles me refilent la dose de nostalgie quotidienne nécessaire au bon fonctionnement de mon organisme. Réécouter ces petits morceaux qui sentent l'odeur de siège neuf et d'huile de vidange propre à tous les Norauto de France, ça permet à peine de survivre. Heureusement, le réel intérêt ne se trouve pas là. Pour le coup, c’est pendant les courses qu’on va le plus s’éclater les oreilles ; la moindre des choses, en fin de compte. Même si dans l'absolu, je préfère l'O.S.T. du premier Gran Turismo aujourd’hui, un poil plus déter et plus énervée, celle du second représentait la quintessence de la coolitude à sa sortie. Un peu comme celles de Tony Hawk et de Little Big Planet, elle fait office d'exception à mon aversion pour les B.O. composées de titres piqués à divers artistes, en comparaison à ces albums spécifiquement réalisés avec le jeu vidéo en tête. On se fait alors abreuver de rock, d’electro, de drum’n bass… parfois les trois styles malaxés dans le même morceau, et dans une ambiance que seule la fin des années 90 savait en produire. D'accord, si on me demande plusieurs fois, je peux admettre que ça n'a pas toujours donné ce qui se fait de mieux. Mais grâce à des sentiments comme le vautrage dans la mélancolie, la stagnation dans le passé, et l'idéalisation de l'enfance, si. On peut se convaincre qu'il n'y avait rien de meilleur que ça. Allez, voilà que je vais danser et pleurer en même temps. Laissez-moi tranquille. En tout cas, quand retentissait ce morceau précis au départ d’un circuit saturé de moteurs V12, on savait qu’on ne pouvait pas perdre. En longeant les murs s’il le fallait.

Gran Turismo 2 (PlayStation) - Stereophonics : The Bartender and the Thief (Instrumental)
00:00 / 02:55

Gran Turismo, meilleur pote édition

Mon adoration pour Gran Turismo 2 tient à un autre coup du destin : les nouveaux amis que je me suis fait à la fin du collège. Un peu forcé à la base, ce move intervient à la suite de mon éviction de mon premier groupe de potes, pour une raison qui m'échappe toujours aujourd'hui. En fait, j'ai juste rejoint Randall Geyser, qui proprement dégagé quelques semaines avant moi, avait fait tout le travail de prospection en amont. Parmi ces nouvelles têtes, Leyland Lampion, avec qui j'avais déjà bien rigolé en CM2 pendant la classe de neige. On se trouvait alors coincés au milieu d'un télésiège à l'arrêt, et on a chanté notre propre remix improvisé des Bronzés font du ski. On murmurait “Quand te reverrai-je ?”, puis on hurlait “JARDILAND JARDILAND !” Pourquoi Jardiland ? J'en sais rien, on ne s'était jamais reparlés après, jusqu'à ce que je m'incruste dans son cercle de copains quatre ans plus tard. En même temps, “Jardiland Jardiland”, on avait bien préparé le terrain, nan ? Leyland avait une PlayStation, naturellement, et il adorait Gran Turismo. On a vécu la passion du 2 ensemble, à applaudir les exploits de chacun, approuver les achats de telle nouvelle voiture méga rapide ou l'ajout de tel turbo super vénère… et à terminer le jeu a 103,9%, un truc du genre. Mais il nous restait encore une ultime action à réaliser : la dernière voiture à gagner dans un championnat, afin de récolter toutes les récompenses possibles et imaginables du jeu. Une chance sur quatre de la récupérer en cadeau de victoire. Alors un samedi soir quelque part au printemps / été 2000, ma mère et mon beau-père absents de tout le week-end, Leyland débarque, sa manette Dual Shock dans les mains, déterminé à ce qu'on atteigne le pinacle de notre jeune carrière d'ado accro à Gran Turismo. On se lance au volant de la Suzuki Escudo Pikes Peak Version (un genre de vaisseau spatial à roues qui accroche le 400 km/h) et c’est parti. Sans aucun challenge, on gagne une fois, deux fois. OK, pas de bol. Puis cinq, six, dix fois.

Gran Turismo 2, Sony, PlayStation, Polyphony, gif

D’accord, ça va nous prendre la nuit, mais on y arrivera ! Petit souci, du haut de nos quatorze ans et demi : on a sifflé une bouteille de gin bon marché à deux. Et ma nuit, je la termine la tête dans les toilettes, avec un bout de crotte flottant non loin de mon nez. Ben ouais, Leyland a fait la vidange, entre deux vomis de ma part ! Et le pire, cette bagnole, on n’a jamais réussi à la choper ! Même les semaines suivantes, même après avoir retenté cent cinquante fois le même niveau. On a fini par croire à un bug, ça nous a permis de tourner la page sans nous morfondre dans un seum des plus profonds. Mais quand même, cette petite éraflure dans notre palmarès si parfait, ça m'a longtemps fait grincer des dents. Jusqu'à l'arrivée de Gran Turismo 3 en fait, sur la PS2 de Leyland bien sûr.

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