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Bomber Raid

Jeu doudou éternel #8

Master System, SEGA, Bomber Raid

Type de jeu

Meilleure émission interactive sur la Seconde Guerre mondiale de tous les temps. Enterre tous les documentaires de Discovery Channel.

Date de sortie Sur NOS MACHINES

Juin 1989, la fin de l’ère Master System au Japon, snife snife.

Développeur

Sanritsu Denki Co., Ltd. un studio dépendant de SEGA, qui a vu les années 80 défiler avant de disparaître avec Fantasy Zone sur Game Gear.

éDITEUR

SEGA Enterprises Ltd., ceux-là mêmes qui ont abandonné la Master System au Japon. DES PLEUTRES !

Bomber Raid : disponible sur rien du tout à part la bécane d’origine. Un jeu doudou de plus qui tombe dans l’oubli, et dans l’indifférence générale. Adieu.

J’avais quatre ou cinq ans quand j'ai dit bonjour à cette cartouche pour la première fois. J'ai un vague souvenir de tenir la boîte dans mes mains dans les rues de Rouen, alors qu'on vient de l'acheter dans une boutique avec des bacs de jeux qui débordent jusque sur le trottoir. Mais peut-être que je confonds avec un autre jeu qui n'a rien à voir, comme Alex Kidd in Shinobi World ou Dynamite Düx. Allez savoir, la mémoire à cet âge-là, elle n'avait pas encore bien décollé. Sûrement que je confonds, d’ailleurs, vu que je considère ce jeu vidéo comme l’un des tout premiers que j’ai connus. Je pense plutôt que Bomber Raid a débarqué à peu près en même temps que Psycho Fox chez mon père, à savoir avant que je me souvienne de mes virées en magasin pour baver sur les nouvelles dingueries auxquelles je ne jouerais jamais. Pour papa, le jeu d'avion qui part à la guerre seul contre le monde entier ; pour moi, le jeu d'animaux timbrés qui, euh… qui partent en croisade contre un congénère. Au final, on a squatté les deux à fond ensemble, le premier en mode super sérieux, et le second, euh non bah pareil. En tout cas, on y jouait encore quand le chant du cygne de cette brave Master System a sonné.

Boomer Raide

Master System, SEGA, Bomber Raid

Pas mal pour une console qui nous aura accompagnés jusqu'à un bon 97 bien tassé, et l'arrivée de la PlayStation à la baraque. Avec une idylle pareille en compagnie de la 8-bits de SEGA, il y a un angle où je peux demander la nationalité brésilienne, non ? Pour quoi faire ? Pour bosser chez Tec Toy, évidemment. 

Mythos, bastos et appareil photos

Master System, SEGA, Bomber Raid

OK, on ne tient pas là la plus moche des jaquettes Master System, mais assurément l'une des plus trompeuses. Alors qu'on nous promet d'incarner un bombardier furtif ultra high tech (en tout cas pour l'époque), quelle surprise de voir qu'en fait, on doit sauver le monde aux commandes d'un vieux bimoteur à hélices tout droit sorti de la guerre de quarante ! Bon, en vrai je m'en foutais, je ne me suis même jamais senti trahi avant 2013, environ. Pour moi, la boîte représentait l’un des types d’ennemis qu’on doit buter, rien de plus. D'ailleurs, ce raisonnement trouve un certain sens, quand on fait le parallèle avec les zinzins de chasseurs noirs qui nous foncent dessus pour prévenir de l'arrivée d'un boss. De toute façon, on croisait tellement de véhicules ultra ahurissants au cours d'une partie, que voir le mauvais avion dessiné sur la boîte, ça n'avait pas grande importance. Eh oui, on pilote peut-être un zinc de la WWII, mais les développeurs ont eu du mal à s'accorder sur une timeline précise concernant les ennemis.

On nous envoie bien des avions un peu nazes à dégommer, mais aussi des engins bien plus modernes (et donc qui ressemblent beaucoup au bestiau de la jaquette ; continuez à nous narguer ouais), sans parler des boss comme le tank plus gros que l'écran, ou le destroyer long de dix kilomètres. Même les capsules refermant les bonus, tiens ; des capsules qu'on dirait tout droit sorties d'un très très vieux film d'extraterrestres. Ah et les autres objets non identifiés qui se rassemblent en blocs compacts, là. Noir et blanc sur les côtés, et rougeoyant au milieu ; je les appelais les appareils photo. Évidemment, on n’affronte pas de vrais appareils photo, je me demande bien comment ils auraient pu nous abîmer la carlingue, quand bien même on galère dans un machin vieux de cinquante piges. Mais oh, ça y ressemble toujours plus que notre antique coucou ressemble au Lockheed SR-71 Blackbird de la jaquette.

Master System, SEGA, Bomber Raid
Master System, SEGA, Bomber Raid

Non et puis, notre Bomber à nous, faut voir ce qu'il envoie quand il a ingurgité quelques bonus à sa puissance d’arme ! Ses tirs surpuissants, là, ils n'ont pas l'air très contemporains des Panzer III et des fusées V2. Bon, encore une fois, je me fichais totalement de tout ça. Quand j’atteignais le seuil maximum de puissance, la vitesse à fond et les deux petits compagnons, je me sentais vraiment bourrin. D'ailleurs je les mettais toujours en position 2, mes bébés avions, à savoir de chaque côté, mais un peu avancés en tirant en diagonale. Je trouvais qu'ils explosaient beaucoup moins souvent comme ça. On pouvait aussi les positionner devant nous en file indienne pour qu'ils tirent sur les côtés (giga débile), la même chose mais derrière notre engin à nous (encore plus crétin), ou carrément en extension de nos ailes, en tirant droit devant (pas trop con, mais pas ouf non plus).

Eh, peut-être que j’aurais dû essayer de les placer différemment pour voir, j’ai raté une sorte de stratégie cachée pour survivre plus longtemps, ou quoi ? Sinon, on tire à la mitrailleuse sans arrêt, d'accord. Mais dans le terme Bomber Raid, y a quoi ? Bombardier, oui. Et on en a, des bombes à lancer ! Mais seulement en mode dernier recours, pas souvent, à usage très limité, et très discutable. Même si ça vaporise un tiers de l'écran si on s’y prend bien, pas la peine de faire tourner le titre du jeu autour de ce truc alors qu’on s’en sert à peine. Encore un message mensonger sur la boîte, décidément ! Ils auraient mieux fait d'appeler ça Brolom-brolom Raid, ou Batman Launcher Raid, là j'aurais compris. J'aimerais bien pouvoir encenser les graphismes du jeu, mais je dois bien avouer qu'en termes de direction artistique et de diversité de décors, Bomber Raid ne fait pas couler beaucoup de bateaux… euh d'encre, pardon. Parce que des bateaux, justement il en éclate pas mal. Eh, y avait une promo sur les textures bleues ou quoi ?

Master System, SEGA, Bomber Raid
Master System, SEGA, Bomber Raid

Un stage avec pas mal d’eau, un stage avec beaucoup de terre mais quand même de l'eau, un autre avec tout plein d’eau, le suivant avec ENCORE plus d’eau, et le dernier avec des nuages partout pour masquer le fait, euh bah qu’il y a toujours de l’eau sous nos deux moteurs toussotants. En plus, comme la difficulté relativement pas trop abusée nous permet parfois de relâcher notre attention, bah on le remarque vite, qu’il y a trop d’eau. Heureusement, je me rattrapais sur les armes ! Enfin les évolutions du missile de base, qui me refilaient un agréable sentiment de progression. Je sais que tous les jeux de tir possèdent ce genre de feature, mais je découvrais, hein. On se calme. Je leur avais toutes donné un nom, à ces évolutions. Le trait, le grand trait, le sucre d'orge (ou le scratch, parce qu’il faisait un bruit de velcro qu’on arrache), la lune, le “brolom-brolom” (à cause du son d’avalanche de roche qu’il produit, quoi d’autre), le double sucre (mais pas double scratch, parce que la cohérence a fichu le camp de ce jeu depuis un bail), et enfin le batman.

Eh non, le batman ne parle pas comme le justicier, sa forme évoque vaguement celle d’une créature ailée. Voilà le missile ultime qu’on peut utiliser dès la seconde moitié du deuxième niveau si on n’a pas raté trop de capsules sur la route. Assez vite quoi, bien avant la moitié du jeu. Le batman permet de déglinguer un peu tout ce qui nous attaque assez facilement. En plus, il arrête la plupart des projectiles ennemis. Les machins de base, hein, pas les cartouches plus vénères. Est-ce que les ennemis tirent des cartouches plus vénères ? Euh, en fait non, donc voilà. Le batman arrête tout, point. Dommage, je préférais la lune, en vrai. J’aurais bien aimé que ce soit elle l’attaque suprême. Pourquoi je n’ai pas fait pareil avec les armes d’U.N. Squadron ou de R-Type Delta ? Ça aurait été génial. Attention, parce que comme dans beaucoup d'autres shooters, perdre une vie nous renvoie aussitôt au stade du trait.

Master System, SEGA, Bomber Raid
Master System, SEGA, Bomber Raid

Et de la vitesse minimale. Et nous prive de nos bébés avions. Pitié pas eux, je les trouvais trop mignons, avec leur absence d'animation et leur sprite de trois pixels sur deux. Des monomoteurs pas encore bien formés, A-DO-RABLES ! La tronche des ennemis ? J'en ai déjà parlé, mais ça n'a vraiment aucun rapport avec rien. Des bimoteurs un peu plus acérés que le nôtre, qui côtoient des pilules multicolores auto-propulsées, des tourelles sans âge survolées par des hélicos préhistoriques. A moins que le design sorte tout droit du huitième millénaire, en mode vibe méga rétro. Des porte-avions fossilisés en îles volcaniques, des bateaux directement arrachés d'une bataille navale en plastique… Je crois que le mot d'ordre du ou des graphistes était de ne surtout pas apporter la moindre harmonie à l'ensemble. Bah bravo, mission accomplie. Ça pourrait s'avérer plus difficile à réaliser que ce que je crois.

Banger Rèche

Pour une fois, je ne vais pas dire que l'O.S.T. sauve le reste, mais plutôt l'inverse. À part la musique du menu principal, qui dure dix secondes, une seule s'occupe d'accompagner les quatre premiers niveaux. Pareil pour les boss ; tous abonnés au même thème, allez ! Le stage final a droit à sa propre compo, et le dernier boss aussi. Le terme “variation modérée de la mélodie” conviendrait mieux que “propre compo”, cela dit. On dirait que la B.O. a subi le même syndrome de l'eau que le reste. Une uniformisation fade teintée de mensonge, plus ou moins. Désolé hein, il faut dire les termes. Enfin, pas d’obligation de quoi que ce soit, mais bon. Ça n'envoie pas trois bombes dans les pattes d’un canard non plus. Sans l’aide de la nostalgie, je me demande bien ce que je leur trouverais, à ces morceaux. L'intro colle bien à la vibe militaire, cela dit. Et pour les boss, on nous sert un truc alarmiste, quoique pas super agréable. La musique qui joue durant les stages, on la fait écouter à l'aveugle, je crois que personne ne trouve que ça vient d'un shoot d'avions. Perso, j'aurais répondu un truc genre cueillette de champignons en forêt. Mais forêt pas très propre, avec bouts de pneus et bouteilles de bière cassées un peu partout, et champignons pas super bons. Et même qu’on incarnerait le clodo de base dans Moktar. Pour le coup, l’O.S.T. de Psycho Fox m'a bien plus atteint le cerveau. Mais eh, la nostalgie a fait des merveilles.

Bomber Raid (Master System) - Regular Stage Theme
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Bomber Raid Dingue de toi

Autant je crois avoir adoré Psycho Fox au-delà du raisonnable, autant je pourrais dire la même chose de Bomber Raid. Si je me cantonne à la Master System, le temps de jeu passé sur ces deux titres doit allègrement éclater le temps de tous les autres réunis. Et pourtant, il y avait de quoi s’amuser aussi avec le reste, puisque j’ai eu la chance de m'acoquiner avec Rocky, Astérix, Castle of Illusion ou After Burner, entre autres. Mais si on a enchaîné les cartouches sur cette console, on ne s’est jamais procuré un seul autre shoot, mon père et moi. Vertical ou horizontal, peu importe. Comme quoi, Bomber Raid se suffisait à lui-même. À moins que mon père n’ait secrètement désiré en obtenir d'autres, mais m'a toujours laissé succomber à mon obsession de gosse pour les plateformers. Ça aurait été sympa de sa part, et un peu égoïste de la mienne ; après, c’était moi l’enfant, et en plus on ne se voyait pas tous les week-end. Peut-être que simplement, le dosage de la difficulté de Bomber Raid convenait parfaitement à mes petites mains pleines de miettes de biscuits Dinosaurus. J'ai réussi à le terminer plusieurs fois, à partir de mes six ou sept ans.

Master System, SEGA, Bomber Raid

Un jeu bien trop facile pour le commun des mortels, et qui pour la plupart des historiens vidéoludiques, n'a qu'une valeur symbolique en tant que tout dernier jeu Master System sorti au Japon. Pour moi, il forme toute une bulle de nostalgie bien confortable dans laquelle je range le dessin animé les Entrechats, mes chutes à vélo dans la forêt aux sangliers à côté de Rouen, Hijo de la Luna de Mecano, et ma grand-mère qui se marre en disant qu'elle n'arrive plus à suivre les progrès technologiques, alors qu'elle me regarde lancer des bombes sur mes ennemis, la Master System branchée à la télé de sa chambre. Ouais, on emmenait la Master System chez les grands-parents, un problème ? Je rêve d'entendre à nouveau un jour que cette console fait tourner la tête de quelqu'un, tellement elle paraît futuriste. Ça voudrait dire qu'on a trouvé le moyen de relancer les nineties. Je vais invoquer mamie avec une Ouija Board, tiens.

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