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The Revenge of Shinobi

Jeu méga Cruel #8

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

Type de jeu

Accumulation de références à la pop culture, mais il faut posséder quatre versions différentes pour toutes les voir.

Date de sortie sur nos machines

Octobre 1990, sur la Mega Drive européenne, encore toute bébé, toute mignonne oh là làààààà ! Bisou

Développeur

SEGA Enterprises Ltd. C’est un peu une de leurs licences phares, hein !  

éDITEUR

SEGA Enterprises Ltd. Que ceux qui ne savaient pas que c’était l’une de leurs licences phares se repentent immédiatement !

The Revenge of Shinobi : disponible sur le Nintendo Switch Online, section SEGA Genesis. Sur la Mega Drive mini aussi, MAIS juste en Asie en fait. Parce que qui d’autre dans le monde aurait envie d’y rejouer, hein ? HEIN ? Bande de saletés.

Après Toejam & Earl et Dragon’s Fury, voici peut-être le jeu de mes voisins Nelson et Mortimer Paprika sur lequel j'ai le plus charbonné. Seulement le troisième, oui, j’avoue. Pas cool pour lui, mais il y a une bonne raison à cela. Je le trouvais archi ultra super difficile. En vrai, le boss du premier niveau me maltraitait plus qu’un politicien de droite ne maltraite les droits humains. Je finissais au sol, tranché en mille par l’énorme katana de cet énorme samouraï en armure polychromatique. À mon avis, j’ai mal utilisé le mot polychromatique, mais je vais quand même le laisser, ceux qui connaissent le jeu comprennent ce que je veux dire. Une seule fois je l'ai battu, je crois, ce gros géant qui changeait de couleur. Il paraît pourtant simplissime à dégommer dans les différents longplays que j’ai pu voir. J'avais fini par me convaincre que ce Shinobi faisait partie des épreuves insurmontables, plus hardcore encore qu’un Super Ghouls’n Ghosts. Bon bah, pas vraiment, on dirait. Voilà qui ne va pas arranger l'estime de mes compétences de gamin gamer. Et puis j’ai dû rendre la cartouche aux frangins Paprika, ce qui m’a fait mal à mon petit cœur sensible. Mais ils se faisaient toujours pardonner, par exemple en me prêtant Moonwalker à la place, donc ça va. Quoi qu'il en soit, le premier niveau de Revenge of Shinobi m’avait fait une telle impression que j’ai beaucoup fantasmé sur le reste de l’aventure.

Coup de bambou

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

Sans jamais réellement me motiver à la terminer sur émulateur. Alors autant tout gâcher en le faisant par écrit. Peut-être avais-je trop peur d’affronter le boss de nouveau. Peut-être que je voulais rester habiter dans cette sombre forêt de bambous infestée de malfrats et d’explosifs. Allez, je me replace dans mon frêle corps de crevette normande de six ou sept ans, je rallume la Mega Drive virtuelle de mon palais mental, j'attrape trois ou quatre fourchettes en guise de kunais, et j’y vais.

De briques et de bronx

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

Il y a quelques années de cela, en pleine frénésie de recherche d’O.S.T. (Original Soundtrack, les mioches) pour me composer ma playlist V.G.M. (Video Game Music, les bézots) nostalgique ultime, j’ai découvert qu’il existait plusieurs versions de Revenge of Shinobi. Le titre a subi diverses révisions modifiant des personnages qui causaient des soucis de copyright, comme par exemple Rambo, Spiderman, Batman, Terminator ou Godzilla, qui changent de fringues, de tronche, ou disparaissent carrément. Je ne sais plus laquelle on m’avait prêtée, de toute façon je n’ai jamais vu les ennemis dont on fait référence, alors on s’en fout. En plus, je n’aurais même pas capté la moitié des clins d'œil à l’époque, vu que mes réfs s’arrêtaient à Boumbo et Rox et Rouky. J’aurais juste massacré les machins sans même capter le moindre cameo. Que faire d’autre dans un jeu d’action-plateforme, en même temps ? Se faire éclater comme moi, oui d'accord. Mais on suppose que je sais jouer, là. Surtout que ce Joe Musashi a.k.a. le Shinobi qui prend sa revanche, possède tout un panel d’items et aptitudes pour se charger de monter en l'air tous ces malfrats.

Encore un bail sombre de meuf kidnappée, cette histoire, soit environ 85% des pitchs de l’époque, par ailleurs. Alors, on a quoi ? Un coup de katana au corps à corps, ou sa variante coup de pied pour les trucs à casser qui traînent par terre. Des kunais à lancer en nombre limité, et à améliorer en ramassant des power-ups, ainsi que quatre techniques de ninjutsu disponibles : une armure d’éclairs, une attaque de feu qui fracasse tout le monde à l’écran, une amélioration des aptitudes physiques pour aller toujours plus loin toujours plus haaaauuuuut, et enfin un genre de métamorphose en pierre qui implose en éclats dévastateurs sur chaque pixel de notre télé cathodique. Déjà, je n’avais jamais capté qu’on pouvait switcher de pouvoirs dès le début de la partie. Je pensais qu’il fallait les débloquer plus tard, à l’instar de Mystic Defender. Ça partait mal, même s'il m'aurait suffi de lire la notice, ou regarder Mortimer jouer deux minutes pour comprendre. Tsss. D’ailleurs, tout me fait un peu penser à Mystic Defender dans le gameplay, pour parler d’un truc contemporain de ce Shinobi.

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA
The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

L’attaque à distance, les bonus à récupérer, les skills… en un peu mieux foutu et un peu plus travaillé chez ce dernier quand même. Ouais, il doit y avoir plein de meilleurs exemples. Par contre, autant l’atmosphère angoissante du premier stage dans la forêt de bambou m’avait saisi de ouf (comme tous les niveaux de Mystic Defender, pourquoi il m’obsède tout à coup, lui), je constate que ça tombe vite à plat dès le level suivant. OK pour la chute d’eau qui suit, mais après ? Une ville tout ce qu’il y a de plus banale, même pas un peu crade comme dans Robocop vs. the Terminator. Effectivement, ça sort tout de suite des sentiers battus qu’on se frotte au boss ninja sous prods qui se produit dans une boîte de nuit. Je trouve ça très drôle aujourd’hui. À six ans, ça m’aurait fait quoi ? Aucune idée, une envie de manger des bonbons verts et violets. Un aéroport s’ouvre ensuite à nous, puis un avion cargo, avec pour boss une grosse machine qui tire des lasers et renferme un cerveau dans du formol. Un commentaire ? Hmm, non.

On visite ensuite une décharge de bagnoles longeant un périphérique de grande métropole, avant d’entrer dans une usine infernale. On y affronte le Terminator ici, ou un genre de Hulk ? Jamais vu un T-800 devenir vert quand on tapait dessus, mais pourquoi pas. Et après ? Bah la route qu’on voyait au loin, maintenant on marche dessus ! Enfin sur le trottoir, j’espère. Des meufs ninjas se déguisent en nonnes pour mieux nous surprendre. Parce qu’une procession de nonnes qui déambule le long d’une quatre voies ultra dangereuse, ça n’attire pas du tout l’attention, déjà. Allez, un point pour l’originalité, parce ça reste toujours plus stylé que les soldats statiques qui tirent à la mitrailleuse droit devant eux, que leur cible se trouve sur la trajectoire ou non. Bon, je commence à vraiment regretter la forêt de bambou, moi. Heureusement qu’après le périph du chaos, on renoue un peu avec la signature du premier niveau, dans une sorte de Chinatown de cité américaine.

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA
The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

Maaaaais on se retrouve direct sur le toit d’un genre de TER qui roule à toute vitesse. À force de buter du monde, quelqu'un finit par trouver les freins du truc, à moins que Musashi en personne ne s’en charge. On s’échoue sur un triage, jusque-là pas de souci. Et Spiderman débarque ! Allez lààààà ! Et il se change en démon ailé, histoire de ne pas créer de conflits d’intérêt ave l’ancien sprite de Batman je crois. Purée, il doit lui rester des prods de la boîte de nuit dans le sang, à Joe. Et donc, Batman a un level de copyright plus élevé que Spiderman, c’est ça ? Pauvre Peter Parker. La zone portuaire qui suit, je la trouve assez bien faite, notamment l'eau, même si ça manque de frames d'animation. Ça ravive ma fascination phobique pour les ports, les gros bateaux et tout ça, alors à prendre avec des pincettes. Est-ce que d'un point du vue purement objectif, le port de commerce vaut mieux que la rocade pleine de religieuses belliqueuses ? Pas forcément !

Bon, on entre dans la frégate militaire aperçue en arrière plan, enfin j'imagine. Et c'est là qu'on affronte Godzilla. En version réduite bien sûr. Pas le golgoth de trois cents mètres de haut des films plus récents. Quelle idée de le foutre dans une cale de destroyer aussi ? Y a pas plus incohérent que ça. Quoique, en mettant le bateau à la verticale, on aurait pu faire rentrer le vrai Godzilla debout dedans. Parfois représenté en fossile vivant, le plus célèbre kaiju du monde nous laisse entrer dans le dernier stage : une base secrète toujours sur le port, donc quand même très visible depuis n’importe quelle plage du coin, j’imagine. Et voilà ! Vient enfin le moment de sauver la meuf des griffes du némésis suprême : rien de plus qu'un gros headbanger tout droit sorti du Hellfest, et a encore assez d’énergie pour danser. Mais va finir ta soirée avec le ninja sous MDMA, là ! Le mec espère vous assommer avec sa crinière de cheveux crasseux, tout en lâchant des rires digitalisés à faire tomber dans les pommes le plus endurci des samouraïs.

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA
The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

Depuis le temps que je dis que les métalleux ne sont pas les nounours qu'ils prétendent être. J'aurais pu utiliser ce jeu comme preuve, si seulement j'avais passé le premier niveau. Et tout est bien qui finit bien. Libération de sa chérie, câlin devant un magnifique coucher de soleil dans un parc naturel vallonné… à la prochaine, dans Shinobi III, exactement ! Je me rends compte que j’ai simplement fait un réact de la liste des stages. Sans même les avoir parcourus de mes propres mains ; ou plutôt de mes taibi, ou jikatabi, peu importe. Un mot sur le level design ? Euuuuh, bah sans d’expérience concrète, je dirais pas mal, correct sans plus ? Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours cru que Revenge of Shinobi emportait ses joueurs dans un monde de plus en plus façonné par la mythologie japonaise, dans la continuité du premier niveau mais de plus en plus fantastique, onirique. Angoissant et dangereux, aussi. Sorte d'inspiration originelle de Muramasa : the Demon Blade, qui n'en aura au final pas eu besoin. Bah purée, un pur fantasme de gosse. J'ai bien fait de m'arrêter à la forêt de bambou en fait, non ?

Période d'essai

Yuzo Koshiro a fait énormément de progrès entre cette B.O. et celle de Streets of Rage. Allez, petite vanne gratuite pour sa pomme. Il n'y a rien de mauvais dans ces compos, mais ça ne se démarque pas forcément de ce qui se faisait à l’époque. Excepté le thème de la forêt de bambou. La toute jeune Mega Drive n’avait pas encore dévoilé tout son potentiel sonore, loin de là. Sans surprise, je ne connaissais que l’intro, le premier stage, et le son quand on meurt aussi, surtout lui. Mine de rien, il n’y a jamais mieux par la suite, comme pour la direction artistique des stages et leurs ennemis parfois un peu insipides (pas les nonnes bagarre, j’avoue). On reconnait de temps en temps le style du gars qui a révolutionné la musique sur Mega Drive. Eeeeeh non ! Je ne parle pas de Tommy Tallarico, même s’il a dû y croire, ce mégalo narcissique, Trumpiste de surcroît. L’effet est d’autant plus saisissant durant les rythmiques bien énergisantes. Mais les sonorités ne suivent pas, le plus souvent. Oui je sais, date de sortie initiale : 1989. Je clashe un peu fort. Il fallait bien que le mec s'entraîne avant de se changer en dieu des O.S.T. 16-bits (toujours pas Tommy). De toute façon, j'aurais tout idolâtré si j'avais écouté les morceaux à sept ans, mais pas autant que la musique qui accompagne le premier niveau. Je ne dis pas ça juste parce que je n'ai pas de nostalgie pour les autres. Elle déboîte vraiment, de manière absolue et parfaitement factuelle. Je l’aime de dingue, dans mon top 10 des meilleurs sons MD, ou top 20, allez. Sombre mais entraînante, rythmée mais ténébreuse… tout ce que j'adore ; parfait pour danser en faisant la gueule ; les bras en l’air, mais en regardant par terre. J’adore aussi que le bruitage de décompte de score en fin de niveau soit le même dans Revenge of Shinobi et dans Streets of Rage. Trop cool. Je me demande pourquoi je m'emmerde à critiquer comme si je bossais pour un magazine de jeux vidéo alors que j’ai à peine testé le jeu. Ah bah si, très cohérent au final ! 

The Revenge of Shinobi (Mega Drive) - The Shinobi (Stage 1)
00:00 / 01:47

Gâchinobi ?

Alors, un peu surcoté ou quoi, ce Vengeance d'Espion Japonais ? Oui, j'ai demandé à un québécois de traduire pour voir, on n'est jamais déçus. Il a pourtant reçu des critiques de malade, ce jeu, alors je me demande pourquoi je reste un peu froid. Je le trouve raide, pas très maniable, et son univers passé le stage 1 ne provoque chez moi qu'un haussement de sourcil perplexe (et mal coiffé). En même temps, en 1990 on avait quoi pour rivaliser ? Altered Beast ? Hahah. Ghouls'n Ghosts ? D'accord, ça se tient. Et Mystic Defender bien sûr !

The Revenge of Shinobi, Mega Drive, SEGA

Il faut que j'arrête avec lui, mais j'ai du mal. Il m'a traumatisé avec son univers ultra glauque, je dois évacuer un peu. Bon, j’exagère, en vrai. Il reste très cool à jouer, ce Revenge of Shinobi, malgré un protagoniste un peu rouillé dans ses mouvements, ce qui la fout mal pour un ninja, et trois types d’ennemis différents à taper. Ah merde, je recommence ! Je me demande si j’aurais adoré le jeu tout entier en le découvrant dans son intégralité durant l’enfance. Là, j’aurais su pour de bon si la nostalgie me fait kiffer tout et n’importe quoi. Alors que je le sais déjà depuis longtemps, il suffit de me demander ce que je pense de Mystic Defender. Et tous ceux qui ont adulé le jeu à l’époque ? L’auraient-ils autant apprécié s’il n’avaient parcouru que la fameuse forêt de bambou étant gosse, et découvert le reste aujourd’hui ? HAHA ! Personne n’en saura jamais rien, mais je préfère imaginer qu’ils diraient pareil que moi. Les soucis d’égo et d’orgueil mal placé, on réglera ça plus tard.

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