Turok : Dinosaur Hunter
Jeu hyper FlipPant #8

Type de jeu
Ça commence comme une promenade en forêt, ça finit en multiverse de l'enfer. Parfait.
Date de sortie sur nos machines
Mars 1997, de quoi nous préparer à la sortie du Monde Perdu au ciné quelques mois plus tard.
Développeur
Iguana Entertainment Incorporated, pas bête le reptile dans le nom !
éditeur
Acclaim Entertainment S.A. qui ont mangé Iguana Entertainment, d'ailleurs.
Turok : disponible sur GOG.com, Steam, Switch, PlayStation et Xbox. En version remasterisée, mais on na va pas se plaindre, oh.
Je vais devoir sacrément broder pour tirer un contenu acceptable de texte relatif à ce jeu. De Turok, je me souviens de deux choses : les dinos, et le stress permanent à tendance peur panique qui m'a tiraillé tout au long de mon expérience. Une unique expérience le temps d'une soirée passée chez cousin Walter, entrecoupée de sessions de GoldenEye et de Lylat Wars. Ces pauses servaient surtout à faire retomber la pression générée par Turok, plutôt qu'à réellement me montrer ces jeux (désolé à l'affront que je viens de faire aux fans de GoldenEye, je connais votre fébrilité dès qu'on n’encense pas votre bébé). Ses relents anxiogènes m'ont rappelé avec un certain plaisir nos parties de Jurassic Park sur Super NES, plus de trois ans auparavant. En plus immersif, et en plus joli, aussi. Nul besoin de remémorer à qui que ce soit les passages en intérieur du titre développé par Ocean. Ahahaha euh… désolé pour lui. Je ne crois pas avoir passé la soirée entière à me faire bouffer par un Utahraptor, on a dû migrer dans la chambre de Walter Valise, sans doute pour se faire bouffer aussi, mais cette fois par les bestioles d’Incubation. Voilà qui rend cet article d'autant plus difficile à vendre, mais ça ira.
Frôler les écailles

Au passage, merci d’avoir intégré des Utahraptors au jeu, qui faisaient vraiment deux mètres de haut, plutôt que d’avoir fait comme dans Jurassic Park et d’appeler ça des Vélociraptors, alors qu’ils faisaient un mètre trente grand max. Bande de mythos ! En tout cas, si Turok m'a autant marqué en si peu de temps de jeu, c'est qu'il mérite d'avoir son texte, aussi superficiel soit-il.
Éviter les griffes

Si je me rappelais bien des dinos, j'avais zappé le reste du bestiaire, à savoir des humains, des insectes géants et des… démons ? Ah bon ! Et des extraterrestres aussi. Mais allons-y ! Mélangeons tout ! Le voyage dans le temps, un monde parallèle où la notion de temps n'existe pas… attendez, l'un ne dirait pas l'inverse de l'autre ici ? Bah, c'est déjà trop le bazar, personne ne verra rien. Mais attendez, j'ai parlé des dinos bioniques, et de leurs membres robotisés ? Quand ils n'ont pas carrément un canon d'artillerie vissé sur le dos ! Hahahaha, on dirait les délires d'un ado complètement mégalo qui penserait avoir eu la meilleure idée du monde en mixant tous les concepts un peu cool des films d'action qu'il a vus. Purée, j'ai trop envie de comprendre comment on en arrive à cet amalgame d'influences chaotiques, au risque de regretter très fort de ne pas avoir découvert ça sur le moment. Ça ne s'arrête pas là, car si j'ai bien compris le synopsis, Tal’Set le protagoniste que l'on incarne, doit maintenir en place une barrière métaphysique qui sépare la Terre du Lost Land, la fameuse dimension où les dinos se mélangent à la SF et aux sept cercles de l'enfer.

Merci aussi aux développeurices euh… enfin un bon point pour la diversité dans le monde vidéoludique, j'imagine. Ou pas. Je ne connais pas assez le lore, ni le contexte du développement du jeu pour m'aventurer sur le terrain de l'appropriation culturelle et des représentations racistes. Il me semble que les questions ont pu se poser en divers endroits plus ou moins respectables d’internet, sans aller jusqu'à parler de débats. Turok tombe-t-il dans le cliché du “Noble sauvage” par exemple, aussi affreux que sonne ce terme ? Mais comme c'est adapté de comics, on n'a qu'à dire que c'est la faute aux comics sortis dans les années 50. Il aurait peut-être fallu rafraîchir un peu tout ça avant de se lancer. J'ai un avis, mais j'en sais rien, d'accord ? J'ai noté le gameplay souvent comparé à un mix entre Tomb Raider pour l'exploration de mythes anciens et paranormaux, ainsi que Doom pour… oui, le bourrinage basique, voilà.
Dommage pour moi que les gars de chez Acclaim aient souhaité conserver le point de vue en première personne de ce dernier. Ils auraient pu rajouter l'inspiration Crash Bandicoot pour le hub central qui permet d'aller et venir dans les stages à notre guise. Et Toejam & Earl pour le concept d’objet à assembler en récupérant un morceau dans chaque niveau. Excepté que là, on collecte les pièces d’une arme légendaire, et pas d’un sound system interstellaire. On serait pas en train de mâcher de travail du grand méchant boss final qui veut justement reconstruire l'arme en question ? Pour conquérir le monde, bien sûr. Quid des autres armes, d'ailleurs ? Celles qu'on utilise pour flinguer ceux qui nous empêchent de récolter les bouts de l'autre arme qu'on ne doit pas faire fonctionner ? Bah comme le reste, ça part dans tous les sens, et c'est OK. Purée, j'ai déjà dit que ça me fatiguait, ce lore tarabiscoté de partout ?


Allez on se concentre : le couteau de base, l'arc qui ne quitte jamais le bras de tout Natif qui se respecte bien sûr, puis flingue, shotgun, accélérateur de particules, canon à fusion et “arme extraterrestre” font partie de l'arsenal utilisé pour massacrer son prochain. Ce matos sert aussi à décimer la faune locale pour récupérer de la vie, et je m'étonnerais moi-même si j'avais accepté de buter de gentils animaux alors que des tricératops cyborgs et des Pazuzu enragés m'attaquaient de toutes parts. Peut-être que je crevais en boucle à cause de ça, d'ailleurs. Les joueureuses de l'époque ont en général plébiscité le rythme plutôt rocambolesque du jeu, même s'iels ont dû revoir leur copie quand iels ont découvert Quake III Arena, huhuhuhu. Même constat positif pour les graphismes, malgré le fameux brouillard typique de la N64 qui limite la visibilité à deux mètres.
Comme celle d'un stégosaure, finalement (aucune idée, mais je les imagine sacrément bigleux, les pauvres). Une frange non négligeable de ces joueureuses, appréciaient apparemment ce brouillard, car ils ont réclamé son retour dans la version remasterisée de Turok, qui l'avait supprimé en pensant faire plaisir à tout le monde. Eh non, un brouillard qui ajoute une couche d'immersion par l'angoisse dans un FPS plutôt anxiogène comme celui-ci, je peux comprendre que ça ait froissé un bon nombre de joueureuses. Joueureuses, ouais. Il fait mal aux anti-wokes, celui-là, hein ? Encore une fois ? Joueureuses ! Hahah ! En tout cas j’avoue que je l’aime bien ce brouillard, je rejoins ceux qui ont milité pour le conserver. Surtout quand on parcourt des stages nommés catacombes, ruines, jungle, Lost Land... Et vous savez quoi ? Le brouillard change un peu de couleur et d’opacité selon les lieux visités. Magnifique ! N'essayez plus jamais de virer le brouillard d'où que ce soit, d'accord ?

Fuir les rugissements
La musique, ça donne quoi ? Sur N64, je n'ai pas beaucoup de références, à part l’O.S.T de Mario Kart qui s'immisce de force dans mon cerveau à peu près tous les jours, pour m'obliger à la fredonner, et à glousser comme un idiot. Monsieur Darren Mitchell a signé cette B.O., ainsi que celle des deux autres Turok présents sur la Nintendo Soixante-Quatre. Ça parle aussi de South Park et de Ghost Recon dans son C.V., a priori des projets qui lui ont permis de manger tranquillement pendant un temps. Alors j'écoute et… tiens, ça me fait un peu penser à Pitfall sur Mega Drive. Surtout au niveau des rythmiques, et aussi au fait que les morceaux se ressemblent un peu tous plus ou moins. Je jurerais même avoir entendu les mêmes mélodies de synthé dans plusieurs titres. Ah oui, il y a du synthé, donc la comparaison avec Pitfall s'arrête là. Ça doit vouloir faire écho à la vibe Science Fiction de ce jeu, alors que les percus rappellent qu'on se balade bien dans des ruines de civilisations disparues. Bah avec ça, je ne sais pas trop quelle compo choisir. En même temps, il y a peu de chances que je me rate, vu qu'elles sonnent toutes pareil. Marrant comme ça s'apparente plus à des titres d'ambiance, que j'aurais entendu durant des combats au tour par tour de RPG comme Fallout, plutôt que dans un FPS assez vénère comme Turok. Mais je raconte sans doute n'importe quoi. Il semblerait que la version PC propose les mêmes morceaux, mais avec quelques arrangements de plus, ou simplement une qualité un poil meilleure. Voilà qui ne m’aide pas à faire mon choix. Allez, je vais prendre celui des catacombes, là. Juste parce que c’était mon titre préféré dans Diablo. Faut bien trouver un truc pour se décider.
Et les termites, alors ?
En vrai, en 1997, il envoyait du lourd ce jeu. Il a bien rapporté, d'ailleurs, ce qui a permis à Acclaim Entertainment de survivre un peu plus longtemps avant son extinction (comme un dinosaure HAHAHAAA). À défaut de ne pas m'avoir embarqué dans sa propre aventure, Turok m'aura donc permis de m'éclater sur Burnout 2, et rien que pour ça, je peux lui vouer une reconnaissance éternelle.

Après, la Nintendo 64 de Walter me renvoie à une époque bien précise, car elle était installée dans une pièce du sous-sol, précisément là où on se livrait à de gigantesques batailles de jouets à même la terre, quelques années plus tôt. Bon, j'avais douze ou treize ans, il était peut-être temps que je laisse les Termitors de côté. Maintenant, on pouvait mater des films sans avoir à remonter à l'étage. Mais quand même, les Termitors, quelqu'un se rappelle de leur classe incroyable ? J'adorais ces bestioles, peut-être encore plus que les Cosmix ou les Monsters in My Pocket. Des jouets en plastique fluo et sans doute toxique comme on n'en fait plus. Turok ne m'a pas sorti de cette phase de l'enfance à lui tout seul, mais merci à lui d'y avoir grandement participé. J'aurais eu l'air de quoi, devant mes potes du collège, si j'avais partagé mon obsession pour les Termitors, au lieu de discuter de flingues et de dinosaures ?

