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Command and Conquer Tiberian Dawn

Jeu ultra Cool #9

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

Type de jeu

Envoi de troupes à l'abattoir sur fond de troisième guerre mondiale, sans la moindre considération pour les victimes et leurs familles.

Date de sortie sur nos machines

Septembre 1995, juste après le super nouveau PC familial. Des tanks virtuels dans un vrai tank de bureau, la double hype.

Développeur

​Westwood Studios, Inc., mon nouveau studio préféré pour les soixante années à venir. Dommage, il a disparu bien avant 2045.

éDITEUR

Virgin Interactive Entertainment, Inc. J’adore juste leur nom, ça fait tellement 90’s cool et c’est OK.

Command & Conquer : disponible sur Steam, sur le site d’Electronic Arts et sur Epic Games, mais dans la version remasterisée de 2020. Une super version en vrai, mais le vrai jeu original a disparu des internets par la même occasion.

Alors que je vivais encore bloqué au moyen-âge, dans une faille temporelle absolument délicieuse nommée Warcraft II, mon cousin Walter Valise avait déjà exploré le futur, à commander des chars invisibles et des obélisques métalliques qui tiraient des rayons laser. Command & Conquer. Un monument indépassable et indépassé de la stratégie en temps réel, l'un des premiers blockbusters du genre. Forcément, Walter le trouvait mille fois mieux que Warcraft II. Et il m'a convaincu sans trop de soucis non plus. Ça m'a bien embêté, car j'ai mis du temps à en recevoir une copie pour moi tout seul. Je voyais les boîtes du jeu se déployer de toute leur taille sur les étals de  l’hypermarché à côté de chez moi, avec la tête du soldat qui me narguait, là. Pendant de longues semaines, je lançais des ogres et paladins de Warcraft II dans des batailles sanglantes, mais je pensais tank mammouth et char lance-flammes. Et je patientais tant bien que mal jusqu'au week-end pour grappiller une heure de gameplay chez cousin Walter. Il me montrait les missions les plus intenses, les cinématiques les plus fortes en émotions, et je n'en pouvais plus de vivre d'assister à cette merveille de loin. Enfin, peut-être vers Mars 1996 et l'anniversaire de mes onze ans, j'ai pu avoir Command & Conquer pour moi. Allez, fini les châteaux forts qui crament et les moutons qui explosent ! Place à la vraie bagarre. Celle à base de roquettes et de… canons à ions, ouais. Et même s’il était sorti depuis six mois et que j'en connaissais déjà une partie, le jeu m'a pris à la gorge. 

Embrigadement par le progrès

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

Puis il m’a insufflé un philtre d'amour pour ses petites sprites qui a rendu absolument toute autre chose insignifiante à mes yeux. Les autres jeux, mais aussi la nourriture, les autres êtres humains, la nature, mon chien et mes cartes Dragon Ball… tout ça pouvait disparaître, tant qu’on me laissait deux heures devant moi pour botter le fion du GDI. Ça va, pas du tout atteint, le gosse. Heureusement, cette phase n'a pas duré bien longtemps. C'est juste qu'elle a été remplacée par une autre encore pire, quand la suite Red Alert a pointé le bout de sa bobine de Tesla. 

Commandants et Confrères

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

Si Warcraft II dominait les RTS estampillés fantasy, Command & Conquer : Le Conflit du Tibérium (qu’on appelait encore Command & Conquer tout court) a su s’imposer comme la référence contemporaino-semi-futuriste. En tout cas en 1995/1996, c’est que ça bougeait vite à l’époque. Ça n’a pas rendu le genre moins primaire ou plus subtil, mais à l'âge que j'avais, me prendre la tête sur toutes ces considérations éthiques ne me serait jamais venu à l’esprit. Eh, c’était les nineties ou quoi ? À la télé on avait Terminator, John McClane, Ellen Ripley et tout un tas de trucs où les morts se comptaient par milliers. Nous, les petits gamins qui mataient ces films, on allumait le PC ou la console, et on se lançait dans des “opérations spéciales” où les morts se comptaient par milliers, voilà tout. Que l’expérience se résume à incarner un dauphin dépressif dans Tides of Time ou à envoyer des centaines de soldats au casse-pipe, notre cerveau convertissait ça en shoots de fun ultra concentré. Plus ou moins. Globalement, peu de choses changent ici par rapport aux standards du genre, puisque C’EST le standard du genre.

On construit notre base en fonction de l’argent dont on dispose, et de l’électricité que l’on produit, ce qui remplace plus ou moins la limite de population imposée dans Warcraft II, War Wind ou Starcraft. Puis on commence à amasser les troupes aussi vite que possible. Simple, efficace, bien calibré. Attends, je vous résume la manière dont j’avais analysé le scénario sur le moment. Deux camps, le GDI et le NOD, se tapent dessus. Et y a du tibérium aussi, qui sert de ressource à récolter, et qui tue l’infanterie qui marche dedans, en lâchant un magnifique hurlement de douleur. Voilà, ça suffisait pour s’amuser, hein. En vérité, c’est un peu plus complexe et mieux écrit que ça, mais pas tant. Il faut surtout noter que le GDI, Global Defense Initiative, représente les gentil.les, et que la confrérie de Nod représente les méchant.es. Et Nod ça ne veut rien dire, à part une réf obscure à la Bible ou un truc du genre. Comme dans n’importe quelle œuvre, incarner les méchant.es peut s’avérer bien plus stylé que les gentil.les.

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC
Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

Là j’ai beaucoup aimé les deux, mais bon il faut admettre que le personnage de Kane a surpassé tout le reste en termes de charisme. Qui ne l’adorait pas, en vrai ? Quand il débarque la première fois en butant son second qui nous parlait mal, là. Walter m’avait montré ce moment avant même que j’aie vu la moindre seconde de gameplay, et ça m’avait transporté de dingue. Je crois que c’est ce qui m’a donné la furieuse envie de jouer Command & Conquer plus que tout le reste ; à moins que ce ne soit le rayon rouge de l’obélisque de lumière, qui cramait presque n’importe quoi en un ou deux lasers. Et enfin, j’ai pu accomplir les missions à la chaîne moi-même. J’ai adoré cette espèce de dystopie anachronique dans laquelle se situe l’action ; comme si la guerre du Golfe avait lieu en 2095, mais se menait encore via de vieilles méthodes de combat datant de la Der des Der. Des mitrailleurs partant par dizaines à l'assaut de forteresses imposantes, aux côtés de tanks plus lourds que des trains de marchandises, pendant qu'un satellite balance des tirs d'énergie ionisée depuis l'espace.

La fusion d’À l'Épreuve du Feu et de l’Agence Tous Risques, saupoudré de Starship Troopers. Prenez les réfs que vous voulez, ça fonctionnera tout pareil ! J’ai juste eu du mal à comprendre comment la piétaille de base pouvait se prendre vingt obus de chars dans la tronche sans crever, mais quand j’ai capté qu'il fallait plutôt leur rouler dessus, ça allait mieux. Franchement, le petit scrouitche que ça fait quand on les écrase, archi satisfaisant, pas vrai ? En vrai, je fais genre, mais l’histoire me prenait bien aux tripes. Surtout le Tibérium qui infecte la planète, et qui dont l’expansion alarmante semble inévitable. La tension grimpe au max. Les tarés fanatiques commandés par Kane perpétuent les pires méfaits, le GDI et sa bienveillance de façade qui semble de plus en plus impuissant à sauver le monde… Et la progression de nos troupes matérialisée dans une carte du monde évolutive par la couleur de notre camp qui grignote du territoire sur l'autre. Trop. Génial. De ouf. Et pas grave, si les graphismes faisaient la gueule. Ça piquait vachement plus les yeux que Warcraft II et sa D.A. presque cartoon.

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC
Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi, mais après avoir commandé à des mages et des trolls plutôt bien faits de leur personne, j'ai juste adoré rouler sur mes ennemis avec une armada de pixels immondes. Nos yeux s'habituaient à tout à l’époque, et en quelques secondes, on savait différencier ce blob piteux (un transport blindé) de cet amas de crotte ocre (un tank moyen). J'ai bien aimé, dans la version remasterisée du jeu sortie en 2020, appuyer sur une simple touche pour alterner entre vieux et nouveaux graphismes. Je n'arrivais même plus à comprendre la tronche de tel ou tel bout de décor quand je repassais en mode vintage. C'est un rocher ou une carcasse de char ? Ou un squelette d'animal ? Bah à dix ans j'y arrivais. Et malgré la résolution dégueulasse, il se dégageait des sessions de jeu une atmosphère incroyablement cool. Les cris de nos soldats, la tronche des bâtiments, la couleur marronnasse infecte des textures, la voix d’EVA, sorte d'ordinateur de bord / assistante / qui commente ce qui se passe à l'écran, et qui murmure “unité, perdue…” d'un ton désolé.

Mais aussi le phrasé de grosse brutasse du commando, qui a fait passer la phrase “On va les faire valser” dans mon langage courant. La première mission du GDI où des croiseurs éclatent des tourelles ennemies pour qu’on puisse installer notre base tranquille. On ne pouvait pas contrôler ces bateaux, mais ça les rendait d’autant plus classes. Et anxiogènes. Et que dire des animations de la raffinerie lorsqu’un collecteur vient y déverser son minerai de tibérium ? Les missions sans possibilité de construire de bâtiments, où perdre la moindre jeep te faisait paniquer comme pas possible. De quoi n’ai-je pas encore parlé ? Des cinématiques, exactement. De petites scènes filmées qui enrobent le scénario d’un surréalisme plus ou moins assumé, où les acteurs donnent tout ce qu’ils ont, notamment une bonne dose d’autodérision.

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC
Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

En tout cas je l’espère pour eux. À noter que je n’ai jamais capté cet aspect second degré lors de ma première aventure avec ce jeu. J’y voyais la quintessence de la classe, sans même remarquer à quel point on frisait le ridicule dans chacune de ces cutscenes. Le général du GDI qui garde un sourire mutin tout au long des missions, même quand la Terre est au bord de l’implosion. Kane qui survole son rôle de gourou cinglé au-delà de toutes nos espérances, les décors bricolés avec passion… Absolument tout est parfait là-dedans ! L’ensemble crée une ambiance improbable que je n'ai jamais retrouvée dans les jeux suivants de la franchise. C'est-à-dire, euh Red Alert seulement, vu que j’ai lâché après. Dans le premier C&C, j'avais tout le temps peur, mais je jubilais en permanence. L'un de mes mélanges d'émotions préférés, il faut croire. Cela fait de moi une sorte de psychopathe dont il ne faut jamais s'approcher, pas vrai ?

Explosion de carrière

Après avoir fait ses armes sur des jeux consoles pas forcément connus ou reconnus, tels que Warriors of the Eternal Sun ou Young Merlin, Frank Klepacki arrive au sommet de son art et nous livre une B.O. absolument magistrale. J’adore les O.S.T. des titres précités, hein. Mais impossible de ne pas voir le glow-up de taré que le mec a pris en quelques années. Il est devenu célèbre grâce à cet album de taré, nan ? J'ai dit juste un peu plus haut que Command & Conquer transmettait une sorte d’angoisse extatique. La musique participe complètement à cette atmosphère pesante et vivifiante à la fois. La moitié des titres transmettent une forme d'oppression à base de sueurs froides, en nous faisant craindre la prochaine attaque ennemie. Et il y a l'autre partie. La facette mega cool, qui réussirait presque à faire passer la guerre pour une activité récréative qui chasserait toutes nos idées noires. Vous avez un petit coup de mou ? Mettez le son à fond et allez cramer une centaine d'unités adverses ! Enfin, sans vous tromper de morceau. Rien de tel pour enjoliver les hurlements des grenadiers cramés par leurs propres projectiles, et le feulement caractéristique des roquettes tirées par les tourelles. Le mélange d'électro de dingo et de rock de branlos fait des merveilles, surtout quand des sonorités industrielles et des voix de RnB s'incrustent au bazar. Un conglomérat d'influences qui parvient par je ne sais quel miracle à s’imbriquer sans la moindre fausse note. Il se dégage de ces compos une sorte d’harmonie invraisemblable. On se verrait presque au volant d’un transport blindé, roulant à fond le sourire aux lèvres, alors que des obus éclatent de partout autour de nous. Et on en perd son cigare de rire quand on canarde les lignes ennemies, totalement insouciant face aux carcasses et cadavres qui jonchent le champ de bataille. Flinguer des régiments entiers d’opposants n’a jamais été aussi épanouissant. Et ouais les petits potes. La bagarre, les conflits armés, la conquête du monde par la violence, y a rien de plus cool, pas vrai ? Tout l'inverse de Cannon Fodder, plus ou moins. Si je n'ai heureusement pas fini en gros berserk de la légion étrangère, j'aime toujours autant me réécouter les thèmes les plus crâneurs de ce jeu. Dans mon top 10 des musiques de jeux vidéo qui reviennent toujours dans ma tête pour me filer une pêche de taré, il y en a sept qui viennent de Command & Conquer. Il y en a cinq de Tekken 3 et quatre de WipEout aussi. Et oui je sais compter, merci. Cette O.S.T. à elle toute seule mérite un article dédié. Attention, je parle de l’O.S.T. originale ! La toute première, celle qu’on entend pendant qu’on joue, et pas celle qu’on trouve le plus souvent sur internet, qui rajoute des voix et des effets. ET QUI SUPPRIME DES MORCEAUX !! Sérieux, quoi. Le respect est mort avec cette version inutile. D'ailleurs, gros big up au remaster encore une fois, car il rejoue bien les vieux titres version 1995, lui. Quel plaisir de retrouver Demolition et Take’em Out en pleine partie, alors qu’elles avaient disparu des radars. Le meilleur move d’EA, peut-être leur seul bon move depuis le début des années 2000, tiens. J'en ai un qui traîne quelque part, d'article dédié à la B.O., d'ailleurs. Mais plus le temps passe et plus j'ai peur de le relire. Je crois que je vais le laisser au fond de son dossier Google Drive, ça vaut mieux. 

Command & Conquer (PC) - C&C Thang
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Débriefs et Dinos

Été 1996, je ne sais plus trop comment, mais alors que je suis en vacances avec mon père, je vais passer une journée avec Walter et ses parents, qui est pourtant mon cousin du côté de mon beau-père. On se retrouve dans la piscine d'un camping à débriefer nos pérégrinations sur Command & Conquer. Lui a déjà terminé le jeu, moi je bloque encore sur la dernière mission du Nod. Je l'écoute avec un air niais, tout frêle dans mon slibard de bain Arena noir et violet. Comme on n'a pas d'ordi à disposition, on rentre dans son bungalow et il me dessine la carte sur une feuille, en m'expliquant quoi faire et où aller pour enfin écraser ces cafards du GDI une bonne fois pour toutes ! C'était notre manière de profiter de nos vacances : évoquer notre quotidien hors vacances, donc. Nos parents ne l’ont jamais su, heureusement. Ils nous auraient privé de… euh, de camping ? Ou d’ordi en rentrant ? Bonne question. En même temps, ils ne s’intéressaient jamais à ce qu’on pouvait raconter. Ce qui nous arrangeait et nous blessait à la fois. Peu importe, ces pauses dans nos jeux préférés, passées à discuter de nos jeux préférés, elles avaient une saveur particulière. Comment éprouver ce magnifique sentiment de complétude, lorsqu'on rallume son PC après une longue attente, s’il n’y a pas de pause, hein ? Bah ouais. Allez toucher de l'herbe, les amis. Vous n'en reviendrez que plus accro à vos jeux vidéo. Trop bien ou quoi ? Une semaine plus tard, je rentre donc chez moi les mains tremblantes d'impatience, et je suis les directives écrites sur la feuille. Au lieu de me focaliser sur ma petite base agonisant, j'envoie des ingénieurs explorer un recoin reculé du niveau. Mais oui, mon cousin n'a pas menti, il y a une base ennemie à capturer ici ! Je prends possession des bâtiments avec les ingénieurs, totalement euphorique. Des tanks mammouth aux couleurs du Nod, ma gueule ! Des blindés et des tanks moyens argentés, frérot ! Ouahahaha la classe de ouf. Et voilà, je termine la mission ! Alleeeeeeeez làààà, un véritable allié à la cause, ce Walter. Ah non pas le féminisme, ça on n'en entendrait parler que quinze ans plus tard, facile. Je pensais plutôt à la suprématie du Nod sur le reste du monde. Dès que j'ai pu, j'ai couru chez cousin Walter pour lui annoncer la nouvelle. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir encore en train de vaporiser des tanks légers à l'aide de camions lance-roquettes.

Command & Conquer, Tiberian Dawn, Westwood, Virgin Interactive, PC

“Tu joues encore au jeu alors que tu l'as fini ? lui ai-je demandé.” Il m'a répondu un truc du genre :”Nan mais c'est l'extension là. Opération Survie, avec de nouvelles missions et tout.” J'en restai bouche bée, encore plus de contenu pour cette dinguerie de taré ? “Et attends, ajouta Walter, t'as pas vu les cartes où on se bat contre des dinosaures.” Perte de conscience sous le coup de l'émotion, direct. Cousin Walter a bidouillé quelques lignes de code dans je ne sais plus quel fichier, et voilà que des T.REX, Tricératrops, Raptors et Stégosaures lui marravent ses troupes ! Quand il a fait ça sur son PC, j’ai juste trouvé ça incroyable. DIX FOIS PLUS COOL que Jurassic Park sur Super NES. Walter venait d’acquérir une sorte de statut d’enfant supérieur qui savait faire des choses inconnues du commun des mortels. Et je savais que si je terminais ce jeu, j’allais en sortir grandi comme lui. Et vous savez quoi ? Bah non, je n’ai jamais grandi.

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