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Fire Force

One-Shot De ouf #8

Fire Force, Amiga

Type de jeu

Un contre la montre où il ne faut pas aller trop vite non plus, doublé d’une panoplies de médailles à collectionner. C'est beaucoup mieux que ma description, en vrai.

Date de sortie sur nos machines

1992, c’est déjà beaucoup demander d’avoir l’année de publication, je crois.

Développeur

Euh… ça vient bien de quelqu’un, mais compliqué de trouver un nom de boîte. L’intro du jeu dit “A Day Gibbons Production, in association with MPDL”. On s’en contentera.

éDITEUR

International Computer Entertainment Ltd. mais ptdrrr c ki ?

Fire Force : disponible sur rien du tout, vous vous doutez bien que personne ne s’est soucié de ça !

Voici avec Double Dragon et Out Rrun, le seul jeu que je me rappelle avoir vu tourner sur l'ordi chez un copain nommé Terrence Dobermann. Il avait un grand frère aussi, je ne me souviens plus de son nom, désolé mec. L'Amiga 500 trônait dans une petite pièce, un genre d'antre à archives pleines d'étagères remplies de dossiers, et dans lequel on n'entrait que par leur salle de jeu. Enfin je dis Amiga 500, mais j'improvise complet, parce qu'en vrai, je ne me rappelle plus de quelle machine c'était. Peut-être qu'ils avaient un CD32, ou un Atari ST, qui suis-je pour juger la personne qui a fait l'acquisition d'une telle machine ? Peu importe, Fire Force m'a marqué plus que les deux autres jeux dont j'ai parlé il y a déjà vingt minutes, et de loin ! Je ne jurais que par lui, même si je n’ai jamais su comment il s’appelait à l’époque, et que j’ai plutôt galéré à le retrouver, bien des années plus tard. Je ne voulais même plus m’amuser avec les vrais jouets de leur salle de jeux, aux frangins dobermann, et pourtant ça débordait de bagnoles miniatures (dont les Crack-Ups, avec leur carrosserie qui pouvait simuler des accidents), de Cosmix et d’autres trucs que je n’avais jamais vu ailleurs. L'un de leurs meilleurs artefacts faisait office de boîtier à défilement de circuit lumineux, le Tomy Turbo Racing Cockpit. On se serait cru dans un jeu de course à la troisième personne, mais en physique, quoi. Incroyable ! Et puis… aucune idée de pourquoi, mais j’ai arrêté de fréquenter Terrence.

Rêve éveillé

Fire Force, Amiga

Parce qu’il a changé d’école, je crois. Mais en fait non, vu qu'on n'était pas déjà de base dans la même école, parce qu'il habitait à l'autre bout de la ville. Du coup qu’a-t-il pu se passer pour qu'on s'éloigne, alors qu'on s'amusait bien ? Et comment je l'ai rencontré, d'ailleurs ? Aurais-je tout inventé ? Existe-t-il bien un individu nommé Terrence Dobermann ? Non, impossible d’inventer un truc aussi cool que le Tomy Turbo Racing Cockpit. Bah je demanderai à ma mère si elle se souvient. Ah bah non, je l'ai perdue de vue aussi ! Haha ! Et pas parce qu'elle me tapait dessus sur Double Dragon ! Ahah non non non ! Marrant ça ! En tout cas, je l’aimais beaucoup, ce Terrence, mais je crois que j’aimais encore plus Fire Force.

Flingues, Carotides et Predator

Fire Force, Amiga

Au début des nineties, on n’avait pas besoin de dix mots imbriqués à divers degrés les uns dans les autres pour catégoriser un jeu vidéo. Déclaration fumeuse de boomer qui n'a aucun intérêt. Ouais. Je sais. Et alors ? Bah rien. C'est juste nul et je ne supprime même pas. D'accord. J’imagine que Fire Force tombait à 100% dans la catégorie Run and Gun. Le gars qu’on incarne court et tire avec des guns. Ouais, ça correspond bien. Run and Gun. Il tire et court dans le désert, il tire et court dans la jungle, il tire et court dans des villes, dans la jungle la nuit, puis encore le désert… etc. Il mitraille dans beaucoup d’endroits qui se ressemblent, même si on a droit à quelques variations dans les sprites du décor, notamment un grand pont à la fin. Notre gars balance des bastos dans tout un tas d’autres gars, mais un peu les mêmes tout du long. Je ne sais pas trop pourquoi, mais quand je regarde ses sprites, je pense au mec aux cheveux longs qui se prend pour un ouf dans le premier film Predator.

Selon ses desideratas, il peut dessouder ses ennemis à l’aide d’armes bien réelles, allant du AK-47 au M-60, en passant par le M16 et d’autres joujoux qui tirent des cartouches. Désolé, j’y connais rien en flingues et en fusils d’assaut de mes deux. Et je commence à parler comme dans Predator, magnifique. S’il en a sa claque de tirer, le gars, grand bien lui fasse ! Des grenades et du C-4 lui octroieront un peu de marge de manœuvre au niveau pyrotechnique. Perso, j’adorais ce système qui permet d’embarquer un peu ce qu’on veut avant les missions, sous réserve qu’il nous reste de la place dans les poches et sur la bandoulière. Mieux vaut prévoir quelques munitions de rechange et des trousses de soin, aussi. On en trouve sur nos victimes fraîchement massacrées, mais ça ne court pas les rues non plus. Et puis cette interface de malade, quoi ! Le fait de voir notre flingue en gros plan dans un cadre sous l’écran de jeu, je sais pas, j’ai trop aimé.

Fire Force, Amiga
Fire Force, Amiga

C'est même cette subtilité graphique en particulier qui m'a permis de retrouver le nom du jeu. Autre feature que j’adorais ? Les récompenses de fin de mission ! En fonction du score, on récolte diverses médailles et/ou une promotion à un grade supérieur. Ça ne sert à rien, à part à faire classe sur le profil entre les sessions de “court et flingue”. Un peu comme dans Cannon Fodder, quoi. Même complètement pareil, mais en plus sérieux. Bon, et du coup, aimais-je vraiment le jeu, ou juste ce qui enrobait le cœur du gameplay ? Eeeeh, maintenant que je me pose la question à moi-même, je ne sais pas trop. Peut-être qu’effectivement, j’attendais juste de commencer une mission pour accéder au choix du stuff à emporter, et je m’impatientais de terminer mon objectif pour admirer les badges qu’on voulait bien m’offrir. Bon après, je n’ai pas dû en voir beaucoup, de ces badges.

Je ne me rappelle plus jusqu’où j’ai réussi à progresser, mais pas bien loin je pense. Non seulement je n’ai pas lancé cinquante fois Fire Force (pas plus de douze ou treize à mon avis), mais apparemment, la limite de temps imposée aux joueurs pour réussir les missions en a rebuté plus d’un (dont j’ai sans doute fait partie). L‘hélico qui nous dépose au début des missions, vient aussi nous récupérer selon un timing bien précis. Si on n’est pas encore arrivé au point d’extraction dans une fourchette de dix secondes à peu près, le chopper se barre. Tu restes tout seul en terrain méga hostile, et forcément c’est game over, classe. À l’inverse, si on arrive trop tôt, on doit attendre sans rien faire que le machin atterrisse, créant une situation des plus embarrassantes. Pourquoi ne pas avoir implémenté un genre de trigger qui fait arriver notre taxi dès qu'on a terminé ?

Fire Force, Amiga
Fire Force, Amiga

Franchement, j'ai vu des longplays où le joueur poireaute bien trois ou quatre minutes avant de se faire embarquer. Y a encore les cadavres de ses victimes qui gargouillent à côté. Gêêêênaaaaant ! En parlant de cadavres, j’avoue que je prenais un kiff assez grand avec le couteau. Pas en plantant les adversaires sans relâche jusqu’à les voir tomber, non. Mais en leur tranchant la gorge après les avoir approchés sans me faire repérer. Eh ouais les potes, Metal Gear a tout pompé sur Fire Force, vous saviez pas ? Un genre de violence plutôt très crue et brutale, mais qu’on trouvait juste cool, simplement parce qu'il y avait du sang comme dans les films de Van Damme. Pour autant, on apprenait aussi nos tables de multiplication à l’école, du coup les parents ne se doutaient de rien.

Marche Nullitaire

Ouh là là ! Quelle plongée dans l’O.S.T., mes bézots ! J'ai appris le mot bézot chez Terrence, alors y a pas meilleur moment pour le sortir. Un seul morceau à écouter, qui ressemble à n’importe quelle marche militaire vidéoludique, dans sa définition la plus fade possible. Des caisses claires qu'on tapote sans émotion avec des baguettes tout aussi dépressives. Le titre joue pendant l’intro, le brief des missions et le rapport d’après mission. On n'a rien d'autre à se coller derrière l'oreille, à part les bruitages de mecs égorgés ou perforés par nos soins. 90% de notre expérience, quoi. Vraiment dommage pour un machin de 1992 ; ça aurait pu se comprendre trois ans plus tôt mais là… pas ouf quoi. D’autant plus dommage qu’on remarque un soin tout particulier apporté à certains sons, en tout cas sur Amiga, parce que sur Atari, on ne peut pas en dire autant. Les armes émettent chacune leur bruit de tir, et égorger quelqu’un entre bizarrement dans la catégorie très ASMR pour moi. Je sais que seuls deux gars ont bossé sur Fire Force : Dave Gibbons le codeur, Steven Day le graphiste. Et bravo à eux, hein. Mais un petit billet refilé sous le manteau à quelqu’un qui aurait pondu des thèmes pour chaque zone, voire chaque mission, soyons des gros guedins, ça l’aurait grave fait. Et voilà, pas le choix, je vais devoir coller ce même morceau ici. Quel désastre.

Fire Force (Amiga) - Main Menu
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Je t’aime plus que tu m’aimes.

Ma culture Run and Gun trouve très vite ses limites. Les légendes ultra connues genre Contra, Metal Slug ou Gunstar Heroes ? Jamais touchées. Un peu d’Ikari Warriors sur Atari ST, du Robocop vs. Terminator sur Mega Drive, du, euh… Cannon Fodder et Alien 3 sur SNES ? Je martyrise un peu la définition du genre pour caler des réfs, non ? Le truc tout bidon que j’avais créé avec un pote sur Kilk & Play ? Ahaha non je déconne. Aucun de ceux-là ne ressemble à Fire Force, en plus. J’aurais bien aimé me poser plus souvent devant, moi ! Mais bon, le destin en a décidé autrement en me faisant perdre de vue le seul gars que je connaissais possédant ce jeu. Mon vrai regret serait de ne pas avoir passé plus de temps chez lui. Il devait avoir plein d’autres jeux vidéo à me faire découvrir, mais on n’allumait pas son ordi si souvent que ça. À la place, il me montrait plutôt un jouet toujours différent, je ne me souviens pas de tout, tellement il en avait. En plus de ce que j’ai listé en intro, je retiens encore les bouquins Vivez l’Aventure, publiés chez Gründ : sortes de Livres Dont Vous Êtes le Héros, mais tout en images très détaillées. J’en ai lu trois ou quatre chez lui, ça me fascinait de fou, j'en perdais le sommeil. On avait construit un circuit de voitures électriques de taré aussi.

Fire Force, Amiga

Ça allait vachement plus vite que dans son Tommy Cockpit Turbo Balek, là. Purée, mais pourquoi je n’ai pas insisté pour le voir plus longtemps, même en deuxième partie de primaire ? J’ai repris contact avec lui sur Facebook vers 2009, mais ça n’a rien donné. Le mec n’a pas entretenu la nostalgie comme moi, et ne se rappelait pas de notre enfance en commun comme d’une période bénie des dieux de l'entertainment. Il avait aussi oublié mon nom de famille d’ailleurs, ce qui m’a presque vexé, et convaincu d’avoir vécu une histoire plus intense de mon côté que du sien. En même temps, je ne souhaite à personne de tourner en boucle sur les années 90 comme moi. Qui serait assez cruel pour embrigader des gens innocents dans les mêmes névroses inutiles ? En créant un site d'archives sur la génialitude de l'enfance à la toute fin du deuxième millénaire ? Bah non, personne ne ferait ça.

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