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Lemmings

Jeu méga Cruel #6

Lemmings, DOS, Atari ST, cover

Type de jeu

​Expérience socio-culturelle servant à quantifier notre intelligence, mais surtout à déterminer notre penchant pour le sadisme.

Date de sortie sur nos machines

Mars 1991 pour l’Atari ST, et 1991 tout court pour la version DOS. DOS, ça a toujours été plus approximatif. Non ? Pourquoi je dis ça ? J’en sais rien.

Développeur

DMA Design Limited, mais si vous connaissez forcément, vu qu’ils s’appellent Rockstar aujourd’hui. 

éDITEUR

Psygnosis Limited, la choueeette, LA JOLIE CHOUEEEETTE !!!

Lemmings : disponible nulle part, et ça me troue le lance-flammes à un point inimaginable.

Mon meilleur pote Randall Geyser avait une sacrée collection de jeux sur Atari ST, n'empêche. Grâce à son frère de cinq ans plus âgé, la ludothèque existait bien avant qu'on sache écrire notre nom, et continuait à s'étendre sans qu'on n'ait rien à demander. Je ne sais pas si un gosse peut rêver mieux. Enfin, une fois qu'on a coché les cases logement pas trop insalubre - famille pas trop dysfonctionnelle - nourriture pas trop manquante et encore plusieurs critères primordiaux. Mais le sujet étant trop sérieux pour ce genre de texte, partons du principe qu'on ne peut pas rêver mieux que de voir de nouvelles disquettes d'Atari ST nous pleuvoir dessus chaque semaine. Quand on flippait trop des baleines de Bubble Bobble, des Morts de Gauntlet II, ou qu'on n'en pouvait plus de crever dans Rick Dangerous 2, on faisait souvent cramer nos derniers neurones sur Lemmings. Cela signifiait souvent qu’on passait deux ou trois niveaux, et fatalement, on finissait par sacrifier nos petits sujets, fidèles, réfugiés ? Congénères ? Esclaves ? Je n'ai jamais su, oublions. On les flinguait de toutes les manières possibles juste pour se marrer un max. Puis on s'achevait la santé sur cette horreur de Moktar. En toute logique, si on écoute les détracteurs des jeux vidéo devant l'éternel, on a embrassé une carrière de psychopathe par la suite, posant des bombes partout où on le pouvait, et torturant chatons et enfants à tout va. On a effectivement torturé les Lemmings du jeu (pas les vrais animaux, eh), mais pas plus. Je n'écrase même plus les mille pattes aujourd'hui alors… on repassera pour le couplet catastrophiste. J'y ai aussi joué seul sinon, sur l'ordi de mon darron. 

PEGI HPI

Lemmings, DOS, Atari ST, menu

À Lemmings, pas à Moktar, et puis quoi encore, Seigneur Jésus tout puissant qui êtes aux cieux. Sans Randall à divertir, ou plutôt sans Randall pour me foutre la concentration en l'air, j'y allais avec beaucoup plus de sérieux, et j'ai pas mal progressé, avant de buter sur des énigmes me paraissant bien trop difficiles à résoudre pour mon petit cerveau. J'ai quand même vécu une période d’addiction assez forte, qui a duré deux ou trois vacances scolaires, et donc douze millénaires en âge de gamin. Quand je ne jouais pas, je continuais malgré tout à mettre au point diverses stratégies sur papier pour espérer réussir tel ou tel stage. Je crois avoir aussi dessiné quelques niveaux sortis de mon imagination, tel un hypothétique DLC alors que le concept de DLC n'existerait pas avant quatre ans dans mon entourage. J'avais même arrêté de jouer au Taipei et à The Incredible Machine, pour ne parler que des jeux de “réflexion” installés sur Windows 3.1 ! Du moins jusqu'à ce que je sèche tellement que je me lasse. Que je me lassasse ? Oulà. Dur. Le cerveau resté petit, tout ça… D'autres jeux plus modernes nous appelaient depuis un moment déjà, Randall et moi. La débilité insondable des Lemmings à dû participer à mon abandon, cela dit.

​Des heures de torture à subir

Lemmings, DOS, Atari ST, stage 1

Porter secours à de petits individus dans des endroits de plus en plus tortueux, en leur octroyant des compétences variées qui interagissent directement avec le level design. Trop super ou quoi ? Ce sentiment de satisfaction qui nous réchauffe le cœur lorsqu'on libère suffisamment de ces machins idiots pour accéder au niveau suivant, ça ne court pas les rues. Plus on galère, plus on récolte de dopamine à chaque victoire. Alors on se lance, parfois en sachant tout de suite ce qu'il faut faire, parfois en testant des trucs un peu au hasard, et parfois en se foirant totalement. Parmi les rôles assignables à nos Lemmings adorés, on trouve le bloqueur qui empêche ses congénères d'avancer plus loin, le creuseur horizontal, le creuseur vertical, le creuseur en diagonale, le grimpeur aux parois, celui qui pose des marches d'escalier, celui qui amortit sa chute avec un parapluie…

Et enfin celui qui se fait exploser —sort également réservé aux bloqueurs une fois leur mission accomplie, parce que… bah ils sont encore plus crétins que les autres. Pas mal d'options permettant de braver les mille dangers qui guettent nos protégés. Ils rencontrent en effet de plus en plus d'obstacles ou de pièges, sous forme de gouffres, lacs de lave, lance-flammes géants, parois indestructibles, ou plutôt increusables… Sans parler des parcours totalement tordus qu’il faut tracer pour arriver jusqu’à la sortie. Passé un certain stade du jeu, progresser requiert une bonne dose de pré-planification, et ne devient plus accessible à certaines valeurs de Q.I. Mais restons bienveillants dans l'esprit, on fait déjà assez de mal aux Lemmings comme ça. J’ai bien dit que je n’arrivais plus à terminer un seul stage au bout d’un moment ? Bah voilà.

Lemmings, DOS, Atari ST, lava
Lemmings, DOS, Atari ST, crystals

Diminuer la fréquence d'apparition de ces demeurés sans aucune volonté peut aider, aussi, ou dans de rares cas nous mettre encore plus la misère. Je trouve les graphismes assez cool pour l'époque. J'y jouais encore en 1997/1998 et j'ai toujours mes deux yeux, donc oui ça va. Les Lemmings n'affichent que sept pixels et demi, mais leurs animations m'ont toujours paru très fluides. Quatre ans plus tard, Worms ne faisait pas beaucoup mieux. Et même moins bien, sur certains aspects, en fait. D'ailleurs, les deux jeux possèdent une atmosphère très similaire, à la fois super drôle et ultra angoissante. Un mélange qui a toujours su ravir mes attentes de gamin on ne peut plus normal, mais un peu dépressif sur les bords. Les décors auraient presque pu s’interchanger entre les titres.

Leur impression d’immensité, les reliefs accidentés, les thématiques parfois similaires, comme l’enfer par exemple. Ou le désert, pour ceux qui croient encore que j’ai pu virer tueur en série adorateur de Satan. J’y pense tout juste en l'écrivant, mais envoyer des Lemmings d'un bout à l'autre d'une casse de voitures abandonnée en évitant les mines et les airstrike, trop cool ou pas ? Faire s'affronter des vers de terre vénères dans un dédale truffé de passerelles, de crevasses et de toupies enflammées ? Euuuh qui s'occupe de développer ce crossover de fou ? Pardon, je redescends sur Terre avec mes game concepts qui n'intéressent personne. Il existe cent-vingt niveaux en tout, certains se déclinant en plusieurs versions d'eux-mêmes, juste plus difficiles à terminer, parfois en nous offrant un panel plus restreint d’aptitudes à filer aux Lemmings, ou tout simplement en nous obligeant à sauver plus d'individus.

Lemmings, DOS, Atari ST, sand
Lemmings, DOS, Atari ST, demon gate

Les décors alternent entre la terre herbeuse, le désert de roche et de colonnes corinthiennes, le… marbre rose, la fournaise infernale, le monde métallique... Ainsi qu'une seule occurrence de forêt, d'enfer sanglant et purulent, et enfin de chaos organique. Grosso modo, quoi. Aujourd'hui, quand je revois les grosses vis en métal avec l’effet de lumière rouge dessus, les câbles recouverts de végétation, les immenses cristaux argentés, j'en fais presque une crise d'épilepsie de bonheur ! Heureusement que je n'ai jamais pensé à ce jeu pendant que je conduisais, tiens. Ce qui arrivera forcément, maintenant que j’ai écrit cette phrase. Adieu ! Ceci dit, rien ne vaut la porte en tête de cochon démoniaque qui crache des flammes. Cette madeleine de Proust remplie de pâte à tartiner Milky Way et trempée dans du Candy Up au chocolat qu'elle me refile, celle-là !

Ouhouhouhouhou ! J'ai envie de me changer en lutin abruti à cheveux verts juste pour passer dedans ! HAHA ! Tout ça pour crever en tombant sur des lames géantes parce que le gars de devant n'avait plus de marches d'escalier dans son sac. En résumé : l’ambiance mythique de ce jeu transcende le gameplay exigeant mais addictif. On nous fait croire à un petit casse-tête rigolo, alors qu'on traverse des zones plus terrifiantes et dangereuses que n'importe quelle scène de film horrifique. Ce mélange de dingue en a fait un succès retentissant, intemporel, et insérez le troisième compliment dithyrambique de votre choix. Et on ne lésine pas sur les affirmations sans fondement, c’est la vie.

Lemmings, DOS, Atari ST, chaos

Retour de Vibe

J’ai très peu de souvenirs de la B.O. À tel point que je ne l’ai jamais intégrée à ma méga playlist supra nostalgie vidéoludique. Improbable, quand je repense au temps passé devant Lemmings. Pourquoi je ne me rappelle de rien concernant la musique ? Pourtant, même sur Atari ST on y a droit. Sur le 486 de mon père, il m’obligeait peut-être à couper le son. Avait-il branché des enceintes dessus, au moins ? Même pas sûr. On nous gratifie de dix-sept morceaux quand même. En faisant l'impasse sur les reprises d’hymnes ultra connus que je trouve un peu lourdes, le reste envoie de jolis arcs-en-ciel dans mes oreilles. Surtout en version DOS (sur Atari ST, c'est plus compliqué, désolé pour l’ordi de Randall). Il y a les compos mignonnes, et les autres plus flippantes. Tout comme la D.A. D’ailleurs, je crois bien que ça fait enfin vibrer chez moi quelques fibres nostalgiques. Un truc très léger, mais quand même présent. Et qui s'intensifie. YES ! Trop bien ! Tout me revient ! Et bah ! Nouvelle crise d'épilepsie, hein ! Allez, encore quelques fichiers à rajouter à ma playlist ! Journée réussie. Ah j'ai failli oublier de partager mon préféré. Celui-là, Lemming 2. Grosse inspiration des compositeurs Tim Wright et Brian Johnston pour trouver le nom. Attendez, Tim Wright ? Le Tim Wright de… OH ! LE Cold Storage qui a changé ma vie en composant l’O.S.T. de Wipeout ! Mais je n’arrête plus de découvrir dingueries sur dingueries avec ce bon vieux Lemmings ! Mais revenons à Lemming 2 : le second titre joué par le jeu, peu importe dans quel stage on se trouve, ça changeait tout le temps vu que grâce aux passwords, on reprenait là où on avait bloqué la veille. Mais franchement, cette ligne de basse prise de folie, ces canalisations rouillées qu'on tape avec une clé anglaise. Et la mélodie tout droit sortie d'un shooter spatial ! Ça ne fonctionne tellement pas que ça aboutit à une merveille. J'adore le début des nineties et leur approche à l'arrache pour tout, en priant que ça marche. Neuf fois sur si ça foirait, mais quand ça fonctionnait… OUAH ! Merci à vous.

Lemmings (DOS) - Lemming 2
00:00 / 03:41

Des heures de torture oubliées

Régulièrement, des jeux comme Grandia, Rayman ou Half-Life me hantent dans mon sommeil, et me hurlent que je devrais avoir honte de ne jamais les avoir terminés. Pas Lemmings, qui ne m'a jamais empêché de dormir. Bon, les autres non plus, mais j'avais envie d’exagérer pour rendre le truc plus parlant. J'aurais quand même bien voulu aller plus loin ; au moins finir le mode facile, quoi. Et aussi savoir comment passer ce fameux stage où les Lemmings s'écrasent au sol directement dès leur arrivée. Il m'a vraiment rendu dingue, lui. Et la suite ? Elle vaut le coup qu'on y jette un œil ?

Lemmings, DOS, Atari ST, gif

Je crois que je n'ai jamais su qu'elle existait jusqu'à... bah jusqu'à que je me renseigne cinq minutes pour écrire mon texte. Dommage, parce que contrairement à Worms, dont les successeurs Worms 2 et Worms Armageddon ont adopté une D.A. que je n'aimais plus du tout, Lemmings 2 conservait le même style graphique que le premier. Je me rappelle seulement avoir vu les images d'une version 3D en croyant que c'était lui, et j'ai aussitôt déclaré la licence indigne de ma personne. Ouais, il m'arrivait parfois de me prendre pour un gamer alpha. Mais seulement face à des abrutis de Lemmings, jamais face à de vrais êtres humains, qui m'auraient aussitôt renvoyé à mon statut de geek victime. Allez, ça fait longtemps que je ne me suis pas senti intelligent, je vais me refaire une partie, et tenter de ne pas faire exploser tous ces ahuris d'un coup.

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